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La méthode Zamboni inefficace contre la sclérose en plaques

Photo: iStock
Radio-Canada

Le traitement développé par le chirurgien vasculaire italien Paolo Zamboni ne permet pas de traiter la sclérose en plaques, confirme la vaste étude clinique pancanadienne dirigée par l'Université de Colombie-Britannique et le Vancouver Coastal Health Research Institute,et menée dans quatre grands centres hospitaliers canadiens : Vancouver, Montréal, Québec et Winnipeg. Explications.

Un texte d'Alain Labelle

Le Dr Zamboni affirmait que sa technique, qui consiste à débloquer des veines du cou et du torse pour améliorer le flot sanguin, permettait de soulager les personnes atteintes de la sclérose en plaques (SP), une maladie qui frappe environ de 100 000 Canadiens.

Le pays affiche d’ailleurs le plus haut taux de SP au monde.

En 2009, le Dr Zamboni avait créé l’espoir en affirmant que cette sclérose pouvait être due à une maladie appelée insuffisance veineuse céphalorachidienne. Il proposait même un traitement.

Des milliers de Canadiens souffrant de SP avaient décidé d'aller subir cette intervention, non médicalement prouvée, dans des cliniques à l'extérieur du pays.

Le Canada avait alors décidé de subventionner une importante étude pour vérifier les allégations du médecin.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Or, les résultats sont maintenant connus : la dilatation des veines du cou n'est pas efficace dans le traitement de la SP.

Le neurologue Marc Girard du CHUM et ses collègues n’ont pas pu démontrer que la « thérapie de libération » du Dr Zamboni était efficace. Ainsi, ils confirment ce que d’autres études avaient déjà montré : la veinoplastie, soit la dilatation des veines, ne réduit pas de manière notable les symptômes de la SP.

Les preuves

Pour obtenir les preuves les plus fiables sur le plan scientifique, l'étude regroupait une cohorte de patients qui subissaient une procédure simulée, l'équivalent chirurgical d'un placebo.

Tous les 104 participants avaient un cathéter inséré dans leurs veines sténosées, mais seulement 49 d’entre eux ont réellement subi une veinoplastie, soit une dilatation à l’aide d’un ballonnet au site des sténoses veineuses. Aucun des 104 participants n’était informé s’il avait eu ou non cette dilatation.

Tous ces participants ont été suivis régulièrement durant l’année qui a suivi. Les résultats du groupe de patients ayant reçu la veinoplastie ont été statistiquement identiques à ceux du groupe placebo, tels que mesurés par l'imagerie cérébrale, les évaluations cliniques standardisées de la SP et les questionnaires d’auto-évaluation des patients portant sur des indices reconnus de qualité de vie.

Une seconde partie de cette étude, en voie d'achèvement, a permis d’offrir la veinoplastie à ceux qui n’en avaient pas encore bénéficié.

Nous espérons que ces résultats persuaderont les personnes atteintes de SP de ne pas opter pour la thérapie de libération, qui est une procédure invasive qui comprend des risques de complications, tout en étant coûteuse.

Dr Anthony Traboulsee, Djavad Mowafaghian Centre for Brain Health

« Heureusement, il existe une gamme de traitements efficaces qui ont fait leurs preuves, par des études rigoureuses, et qui ralentissent la progression de la maladie. », ajoute le Dr Traboulsee.

Les conclusions de cette étude de 5,4 millions de dollars, financée conjointement par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), la Société canadienne de la sclérose en plaques et les provinces de la Colombie-Britannique, du Manitoba et du Québec ont été présentées au congrès annuel de la Society for Interventional Radiology’s qui se tient à Washington, D.C. Les chercheurs terminent actuellement la rédaction d’un article qui sera publié sous peu dans une revue scientifique.

Qu'est-ce que la sclérose en plaques ?

C'est une maladie auto-immune qui s’attaque au système nerveux central (cerveau, moelle épinière et nerfs optiques). Elle prend pour cible la myéline, gaine protectrice des fibres nerveuses, provoquant de l'inflammation qui entraîne souvent la détérioration de cette substance. La myéline est essentielle à la propagation de l’influx nerveux. Si elle n’est que légèrement détériorée, l’influx se transmet sans trop d’interruptions. Par contre, si la détérioration est importante et si la myéline est remplacée par du tissu cicatriciel, l’influx peut être complètement bloqué, et les fibres nerveuses risquent d’être elles-mêmes altérées. (Société canadienne de la SP)

Manitoba

Science