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Voici le plus grand projet de liquéfaction de gaz de l’Arctique

Le complexe gazier de Sabetta, dans le nord de la Russie

Photo : Radio-Canada / Alex Sergeev

Radio-Canada
Mis à jour le 

Un immense projet d'exploitation de gaz naturel démarrera bientôt ses activités dans le Grand Nord de la Russie, dans la péninsule du Yamal, dont le sol contient 22 % de toutes les réserves de gaz naturel au monde. État des lieux.

Un texte de Raymond Saint-Pierre

Il y a quatre ans, la péninsule de Yamal était pratiquement déserte. Aujourd’hui, près de 30 000 travailleurs s’affairent à la construction de ce projet colossal dans le froid glacial de Sabetta.

Les températures peuvent descendre à moins 50 degrés dans cette partie de l’Arctique russe.

Un renard blanc dans la neige, et au loin, les lumières de SabettaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un renard blanc dans le froid glacial de Sabetta

Photo : Radio-Canada / Alex Sergeev

De plus, durant les trois mois de noirceur qui assombrissent cette région située à 600 kilomètres au nord du cercle polaire, les travaux doivent se poursuivre à la lumière de projecteurs.

Deux travailleurs font de la soudure dans la noirceur de l'hiver.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Travailler dans la noirceur des mois d'hiver à Sabetta

Photo : Radio-Canada / Alex Sergeev

À la fin de chaque mois, les travailleurs rentrent chez eux et sont remplacés par 30 000 autres ouvriers.

Des travailleurs de SabettaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des travailleurs de Sabetta

Photo : Radio-Canada / Alex Sergeev

Pour faciliter leur déplacement, un aéroport, qui est devenu l'un des plus fréquentés de Russie, a été construit.

L'entrée de l'aéroport et quelques voyageurs à l'extérieurAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'aéroport de Sabetta

Photo : Radio-Canada / Alex Sergeev

Le projet est financé par la pétrolière française Total et par les entreprises Novatek de Russie et CNPC de Chine. En raison des conditions de travail arides qu’engendre le froid sibérien, une partie importante de la construction des trois usines de liquéfaction de gaz du projet a été réalisée en Asie.

Stéphane Le GallesAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Stéphane Le Galles, chef de projet à Sabetta

Photo : Radio-Canada / Alex Sergeev

Bien sûr, le défi de la construction était qu’on ne pouvait pas avoir plus de 100 000 personnes ici pour construire cette usine.

Stéphane Le Galles, chef de projet

Ainsi, 172 modules ont été fabriqués à l’étranger par 55 000 travailleurs. Les modules sont ensuite assemblés sur place, à Sabetta, comme un gigantesque jeu de Lego.

Les camions rouges ont l'air de jouets à côté d'un immense réservoir à Sabetta.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un des immenses réservoirs de Sabetta

Photo : Radio-Canada / Alex Sergeev

Quatre immenses réservoirs de 45 mètres de hauteur ont également été bâtis pour stocker le gaz.

Des piliers, des grues, un réservoir et des travailleurs à Sabetta.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des piliers sont enfoncés dans le pergélisol pour stabiliser les installations.

Photo : Radio-Canada / Alex Sergeev

La vaste installation repose sur des dizaines de milliers de piliers enfoncés dans un pergélisol jusqu’à plus de 20 mètres pour la stabiliser. L’ingénierie est révolutionnaire.

Dimitry FominAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dimitry Fomin, directeur du chantier de l'usine de liquéfaction

Photo : Radio-Canada / Alex Sergeev

On développe des modes de construction en milieu exceptionnel. Notre expérience pourra servir à d’autres, pas seulement en Russie. […] Nous sommes des pionniers de l’Arctique.

Dimitry Fomin, directeur du chantier de l'usine de liquéfaction

Plus de 200 puits seront également forés, et trois trains de liquéfaction d’une capacité annuelle de 5,5 millions de tonnes chacun seront mis en place.

La liquéfaction du gaz naturel en trois étapes

Traitement : Éliminer les composés comme l’eau ou le mercure dans le gaz qui pourraient altérer les installations et provoquer des dépôts lors de la liquéfaction.

Le refroidissement : Après un premier refroidissement du gaz, une distillation en retire les hydrocarbures, comme le propane et le butane. Le gaz passe ensuite dans des échangeurs thermiques jusqu’à ce que sa température soit abaissée jusqu’à -160 °C pour l’amener à l’état liquide.

Le stockage : Avant d’être chargé à bord des méthaniers, le gaz est stocké dans de grands réservoirs à pression atmosphérique.

Passage du Nord-Est

Afin de recevoir tout le matériel de ce chantier, un port a été construit. L’infrastructure servira aussi par la suite à l’expédition du gaz liquéfié.

Un bateau accosté au quai de SabettaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le port de Sabetta

Photo : Radio-Canada / Alex Sergeev

Pendant six à neuf mois par année, les eaux de la région sont gelées, et des brise-glaces assurent l’accès à Sabetta. Les changements climatiques rendent toutefois la région de plus en plus accessible.

Sabetta sert ainsi de modèle pour vendre une nouvelle voie maritime. La Russie veut octroyer des droits de passage sur la route maritime du nord, une solution moins longue et moins coûteuse que le canal de Suez.

Route maritime du nordAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Route maritime du nord

Photo : Radio-Canada

Route maritime du sudAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Route maritime du sud

Photo : Radio-Canada

En Corée du Sud,15 méthaniers et brise-glaces sont en construction pour expédier le gaz en Asie et en Europe. Cependant, Sabetta n’est pas encore tout à fait prêt pour les accueillir. Les travaux doivent encore continuer jour et nuit pour au moins les trois prochaines années.

Si tout se déroule comme prévu, les premières livraisons de gaz naturel liquéfié débuteront à la fin de l’été prochain. La construction de ce projet pharaonique doit être achevée en 2019.

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