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Ottawa octroie 650 M$ en aide internationale pour la santé reproductive des femmes

Les explications de Daniel Thibeault

Le gouvernement canadien octroie 650 millions de dollars, répartis sur trois ans, pour aider les femmes à travers le monde.

Ces millions de dollars- qui avaient été mis de côté dans le budget en attente de projets à déterminer - serviront à développer des projets pour prodiguer de l’éducation sexuelle et aider à la planification familiale, en offrant notamment des services de contraception mais aussi en donnant accès à des avortements légaux et sécuritaires.

L’argent servira également à financer des programmes pour lutter contre la violence sexuelle, les mariages forcés et la mutilation génitale.

Le premier ministre Justin Trudeau a profité de la Journée internationale des femmes pour annoncer cet investissement, en compagnie de la ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau.

À travers le monde, des millions de femmes et de filles portent toujours le fardeau de la pauvreté ou se voient refuser l’éducation dont elles ont besoin pour s’épanouir ou sont victimes de violences simplement parce qu’elles sont des femmes.

Justin Trudeau

« Ce n’est pas seulement une tragédie, mais aussi une occasion manquée pour plusieurs pays qui bénéficieraient grandement de la contribution économique des femmes », a-t-il ajouté au cours d'une conférence de presse à Ottawa.

L’initiative est lancée dans le but de contrer la nouvelle politique du président américain Donald Trump qui refuse de financer des organismes offrant ou faisant la promotion de l’avortement dans les pays en voie de développement, une politique suivie d'ailleurs par ses prédécesseurs républicains, Ronald Reagan et George W Bush.

Mme Bibeau avait déjà annoncé l’octroi de 20 millions de dollars et les 630 millions de dollars restants proviendront des budgets du ministère jusqu'en 2020.

Pas de frontière pour le droit des femmes

« Encore aujourd’hui, 225 millions de femmes et d’adolescentes n’ont pas accès à la contraception », a déploré Mme Bibeau. « C’est pourquoi notre gouvernement choisit une approche féministe en matière de coopération internationale, pour lutter contre les pratiques et les lois discriminatoires qui ciblent les femmes et les filles. Le renforcement socio-économique des femmes profite à tout le monde. »

Nos ambitions ne peuvent être limitées par nos frontières. Des femmes de partout dans le monde comptent sur l’aide de pays comme le nôtre pour montrer la voie.

Justin Trudeau

Les sommes ainsi allouées à la santé reproductive des femmes s'ajoutent aux 3,5 milliards de dollars que le Canada a engagés de 2015 à 2020 pour améliorer la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants (SMNE).

Lors de son allocution, la ministre Bibeau a souligné qu'il fallait rappeler – en cette Journée internationale des femmes - que les femmes doivent avoir le droit de disposer de leurs corps et de prendre leurs propres décisions.

Un premier ministre pro-choix

M. Trudeau a également encouragé les hommes à « avoir le courage de s’afficher comme féministes » puisqu’il s’agit, selon lui, d’un combat qui doit également être mené par les hommes.

M. Trudeau a également déclaré que les députés de son parti pouvaient ne pas partager ses convictions sur le droit des femmes à l’avortement, mais il a ajouté du même souffle qu’il leur était interdit de voter à l’encontre de ces politiques à la Chambre des communes.

Il n’y a personne au sein du Parti libéral du Canada qui a le droit de voter contre le choix des femmes, qui a le droit d’enlever aux femmes le droit de décider de leur propre corps, de leur propre avenir.

Justin Trudeau

« Ma décision de défendre le droit à l’avortement pour les Canadiennes est une réflexion de ma croyance profonde dans le droit des femmes de faire leurs propres décisions », a-t-il poursuivi. Quand on prend une position contre l’avortement, on est en train d’enlever le choix aux femmes. […] Pour moi, c’est une question de droits fondamentaux. »

Questionné sur la faible représentation des femmes à la Chambre des communes – elles ne représentent que 25 % de la députation – M. Trudeau a déclaré ne pas avoir de pouvoir sur l’élection des députées. Il a toutefois précisé qu’il a nommé un cabinet paritaire.

Avec les informations de La Presse canadienne

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