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Surprise : Emmanuella Lambropoulos représentera le PLC dans Saint-Laurent

Les explications de Louis Blouin
Radio-Canada

Alors que Yolande James était donnée favorite dans la course à l'investiture du Parti libéral du Canada de la circonscription de Saint-Laurent, à Montréal, les membres ont plutôt choisi l'enseignante Emmanuella Lambropoulos comme candidate.

La femme âgée de 26 ans a remporté mercredi soir l'investiture au second tour avec 626 voix contre 508 pour Marwah Rizqy, une professeure à l’Université de Sherbrooke réputée pour ses travaux sur les paradis fiscaux.

L’ancienne ministre libérale provinciale qui était la favorite pour enlever l’investiture, Yolande James, a été éliminée au premier tour.

Ni Mme James ni Mme Rizqy n'ont parlé aux journalistes après l'annonce. Mais Mme James a félicité la gagnante sur Twitter.

 

Sur les 5000 membres qui pouvaient voter, 1353 se sont rendus aux urnes.

La circonscription de Saint-Laurent, qui est un château fort libéral, est vacante depuis le départ du député fédéral Stéphane Dion, nommé ambassadeur du Canada en Allemagne. M. Dion a accepté cette fonction à la suite de la perte de son poste de ministre des Affaires étrangères.

Les autres partis fédéraux ont déjà annoncé leur candidat à l'élection partielle, qui aura lieu le 3 avril. Le Parti conservateur a choisi Johnny Hu, tandis que le Nouveau Parti démocratique (NPD) a confirmé la candidature de Mathieu Auclair. Daniel Green, le chef adjoint du Parti vert, ainsi que le bloquiste William Fayad seront aussi dans la course.

Qui est-elle?

Emmanuella Lambropoulos, qui a effectué un baccalauréat et une maîtrise en enseignement à l'Université McGill selon son profil LinkedIn, était la seule à vivre dans la circonscription de Saint-Laurent.

Elle a précédemment travaillé avec son prédécesseur, l'ex-ministre Stéphane Dion.

La jeune enseignante au secondaire, dont les médias ont très peu parlé, a affirmé avoir à coeur la classe moyenne et l'environnement.

L’économie et l’environnement ne sont pas deux choses séparées.

Emmanuella Lambropoulos, candidate libérale dans la circonscription de Saint-Laurent

Ce qui a fait la différence dans cette investiture, selon elle, est son travail de terrain et son implication dans la communauté. « Je suis née ici, j’habite ici, j’ai beaucoup d’amis qui habitent à Saint-Laurent, j’ai enseigné aux enfants à Saint-Laurent, j’ai travaillé dans des camps de jour à Saint-Laurent. Donc beaucoup de gens me connaissent », a-t-elle indiqué, ajoutant qu'elle a fait beaucoup de porte-à-porte.

Félicitations

Plusieurs personnes ont pris leur clavier pour féliciter la candidate officielle du parti dans Saint-Laurent. « Bravo à Emmanuella Lambropoulos, candidate libérale et future députée de Saint-Laurent. Hâte de siéger avec toi à Ottawa », a écrit sur Twitter la ministre du Patrimoine, Mélanie Joly.

« Ce soir, la famille libérale de #StLaurent a donné sa confiance à Emmanuella Lambropoulos. Je tiens à la féliciter pour cette victoire! », a tweeté quelques minutes plus tard Yolande James.

Allégations de favoritisme

L’investiture libérale dans la circonscription de Saint-Laurent a été secouée par des allégations de favoritisme faites à l'endroit des instances du parti. Le « comité du feu vert », chargé d’approuver les candidatures, a écarté le maire de l’arrondissement de Saint-Laurent, Alan DeSousa, qui avait soumis sa candidature.

Élu une première fois au conseil municipal de Saint-Laurent, alors une municipalité indépendante, en 1990, il y a été réélu deux fois avant d'en devenir le maire en 2001 au moment où Saint-Laurent était sur le point de devenir un arrondissement de la nouvelle ville fusionnée de Montréal. D'origine pakistanaise, M. DeSousa vit à Saint-Laurent depuis 44 ans.

Le PLC n’a fourni aucune explication à M. DeSousa pour justifier le rejet de sa candidature.

Le journaliste parlementaire au Globe and Mail Daniel Leblanc, en entrevue à l’émission 24/60, a indiqué que le PLC semblait favoriser la candidature de Mme James tout en présentant l’investiture comme un processus ouvert et transparent.

M. Trudeau aurait eu le droit de nommer quelqu’un ou d’au moins d’exprimer le fait qu’il voulait Yolande James dans Saint-Laurent, mais là, ça donne l’impression que c’est par des manœuvres en coulisses qu’on obtient le résultat qu’on voulait en bout de ligne.

Daniel Leblanc

« Il y a une opacité autour de tout ce processus-là, de nomination, d’investiture, a déclaré M. Leblanc. Ça va à l’encontre du message de base de Justin Trudeau qui dit que le Parti libéral est un mouvement, devenir membre est rendu gratuit, on veut que les gens s’impliquent, on veut donner une voix aux gens ».

M. Leblanc rappelle qu’une controverse similaire a éclaté dans la circonscription de Markham-Thornhill en Ontario, un autre bastion libéral, où la directrice des nominations au cabinet du premier ministre Mary Ng a été élue.

La candidate Juanita Nathan s'est retirée de la course en soutenant que le parti favorisait Mme Ng. Elle a avancé que plus de 2000 personnes qu'elle avait recrutées comme membres du parti n'auraient pas pu voter à l’investiture parce que le parti a fixé rétroactivement la date limite d'inscription au 14 février, soit la veille du jour où elle a commencé à inscrire des noms dans le système.

La ministre Mélanie Joly avait également profité du prolongement de l’investiture dans la circonscription d’Ahuntsic-Cartierville.

On semble ajuster les règles en fonction du résultat désiré.

Daniel Leblanc

Le journaliste soutient que le PLC n’a pas l’apanage de ces apparences de favoritisme et que les autres partis ont procédé de la sorte. Il estime toutefois que ce genre de pratiques nuit à l’image des politiciens auprès d’une certaine frange de l’électorat.

Avec les informations de La Presse canadienne

Grand Montréal

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