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Canucks : le virage jeunesse... et les frères Sedin

Photo : Getty Images / Harry How

Radio-Canada

VANCOUVER - Après avoir tergiversé pendant une saison sur la direction à prendre, les Canucks sont maintenant prêts à prononcer un mot tant honni dans l'entourage des équipes canadiennes de hockey : reconstruction.

Un texte d'Alexandre Gascon

À la date limite des échanges, Vancouver a résolument choisi son camp en cédant deux vétérans pour regarnir la banque d’espoirs de l’organisation.

Il y a un an, le directeur général de la formation britanno-colombienne, Jim Benning, était scruté à la loupe par les amateurs. Qu’allait pouvoir obtenir le patron en échange de deux joueurs convoités par les aspirants à la Coupe Stanley, Dan Hamhuis et Radim Vrbata?

Absolument rien. Benning est demeuré inactif, en dépit de la grogne populaire, et a finalement perdu ses deux joueurs sur le marché des joueurs autonomes au mois de juillet.

Le directeur général a semblé en tirer un enseignement.

Benning a d’abord échangé l’ailier québécois Alex Burrows aux Sénateurs d’Ottawa pour mettre la main sur un fort prometteur jeune suédois de 19 ans, Jonathan Dahlen.

Il a ensuite obtenu les services du 27e choix du repêchage 2014, le Russe Nikolay Goldobin, en plus d’un choix conditionnel de quatrième tour contre Jannik Hansen, un joueur de centre de 30 ans, envoyé sous le soleil californien de San José.

« C’est exactement ce dont nous avions besoin », a estimé Bo Horvat après l’entraînement des siens au Rogers Arena mardi matin.

« On s’en va dans une autre direction, on se rajeunit, on est plus rapides », a poursuivi le meilleur marqueur de l’équipe avec 20 buts et 25 passes, heureux de l’acquisition de Goldobin avec qui il jouera mardi soir.

Goldobin, une perle rare?

Le jeune homme de 21 ans enflammait la Ligue américaine depuis quelques semaines (41 points en 47 matchs) et Vancouver l’a immédiatement rappelé avec le grand club.

Il a marqué dès son premier match, à son premier lancer, contre les Kings de Los Angeles le 4 mars.

« J’ai fait un bon travail, je n’ai pas joué beaucoup, mais il faut mériter son temps de glace », a lancé le jeune homme de 21 ans.

Bizarrement, l’entraîneur Willie Desjardins ne l’a presque plus fait jouer dans la rencontre. Il a été plus clément le lendemain en lui donnant près de 13 minutes de temps de glace.

Il (Goldobin) a beaucoup de talent. C’est trop tôt pour dire [quel genre de joueur il deviendra]. Je n’ai pas eu le temps de travailler avec lui suffisamment. Ça va lui prendre du temps.

Willie Desjardins, entraîneur des Canucks de Vancouver

« On a du succès avec les jeunes quand on prend notre temps, a déclaré le pilote des Canucks, laissant entrevoir sa philosophie avec la nouvelle génération. Ils sautent sur la glace, ils jouent bien et tu leur donnes plus de place. »

La visite du Canadien de Montréal marquera le premier match de ce gaucher qui joue à l’aile droite dans son tout nouvel aréna.

« J’espère gagner et compter un but », s’est exclamé Goldobin, homme de peu de mots.

« C’est comme un petit garçon, a renchéri Horvat, son nouveau compagnon de trio plus loquace. Il a du plaisir, il a des habiletés. On l’a vu l’autre soir [contre les Kings de Los Angeles], il a une seule occasion et il est capable de mettre la rondelle dans le filet. »

Impressionné par l’attention d’une quinzaine de journalistes, le Russe a laissé entendre que c’était certes bien différent que ce qu’il connaissait, mais qu’il aimait ça.

« Les Russes n’aiment pas parler, ils aiment démontrer ce qu’ils savent faire sur la glace », a-t-il lancé. Qu’on se le tienne pour dit.

La passation des pouvoirs

Reid Boucher, Joseph Cramarossa, Michael Chaput, Troy Stecher… pas de doutes, lorsqu'on jette un coup d’œil à la formation de Desjardins, les temps ont bien changé à Vancouver.

Mais deux hommes demeurent les mêmes et traversent le temps : les frères Henrik et Daniel Sedin.

Henrik SedinAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Henrik Sedin

Photo : La Presse canadienne

Malgré la reconstruction, les jumeaux ont laissé entendre qu’ils voulaient finir leur carrière à Vancouver, seule ville dans laquelle ils ont joué.

« Ce n’est pas difficile, il y a des défis à tout », a expliqué Henrik, en référence au changement de cap de son équipe.

« Quand on était à notre mieux, notre défi était d’essayer de gagner la Coupe Stanley. Maintenant, c’est d’amener cette équipe dans les séries à nouveau, a poursuivi le capitaine. C’est de montrer aux jeunes comment être professionnel chaque jour, et ce n’est pas facile. Il y a différents défis pour toutes les situations. »

Les contrats des deux frères arrivent à terme à l’été 2018. Ils auront alors près de 38 ans quand viendra le temps de négocier une nouvelle entente.

On n’a pas parlé de notre place à l'avenir. Mais tu ne peux pas te débarrasser de tous les vieux de cette équipe. Ce serait difficile.

Henrik Sedin

Au 12e rang dans l’Ouest, les Canucks contemplent la dernière place qui donne accès aux éliminatoires avec six points de retard. C’est quand même improbable qu’ils parviennent à devancer toutes les équipes qui se situent entre eux et cette précieuse 8e position.

« Le beau côté des choses : tu vois les jeunes arriver, ils s’améliorent et tu essaies de les aider à se concentrer sur le portrait d’ensemble », a renchéri Sedin.

Les aider à voir plus loin que la fin de la saison, disons. Les Goldobin, Horvat et autres Dahlen pourront certainement compter sur le tandem des jumeaux, qui embrassent maintenant leur rôle de mentor.

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