•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Murdochville : la municipalité qui ne veut pas mourir

Chargement de l’image

La municipalité de Murdochville a toujours été liée à l'exploitation minière.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À l'apogée de l'extraction et de la transformation du minerai de cuivre, la petite ville de Murdochville comptait près de 5000 habitants et était devenue l'Eldorado de la Gaspésie. Mais l'éphémère exploitation minière entraînera une retentissante grève dans les années 50 qui marquera l'histoire. Et malgré son inévitable déclin, la ville restera ouverte, contre vents et marées.

Un dossier de Martin Toulgoat

LA RÉVOLTE DES MINEURS DE MURDOCHVILLE

La grève des travailleurs de Murdochville a marqué l'histoire du syndicalisme québécois par ses affrontements violents entre briseurs de grève, policiers et travailleurs. La direction de Noranda et le gouvernement du Québec de l’époque voulaient briser cet élan qu’ils jugeaient communiste. Plus tard, cette grève ouvrière anti-duplessiste sera reconnue pour les avancées qu'elle a permises afin d’améliorer les normes du travail, comme d’empêcher le congédiement d’un travailleur pour des raisons syndicales. Mais, en 1957, ce conflit illégal a été un échec retentissant pour la majorité des grévistes qui ont perdu leur travail.

Des grévistes de Murdochville, lors de la grève de 1957

La grève de Murdochville, conflit marquant du monde syndical au Québec, a duré sept mois et demi.

Photo : Musée de la Gaspésie


DE LA PROSPÉRITÉ AU DÉCLIN

L’histoire de Murdochville est marquée à la fois par le plein emploi et la chute du prix du cuivre, qui a plongé la ville gaspésienne dans l’incertitude à plusieurs reprises. Noranda fera à la fois craindre le pire avec des fermetures temporaires, tout en semant l’espoir jusqu’à la toute fin en investissant plusieurs millions de dollars. Mais l’épuisement de la ressource aura fatalement le dessus.

La municipalité de Murdochville, en 1955

La municipalité de Murdochville à l'époque du début de l'exploitation du mont Needle, en 1955

Photo : Musée de la Gaspésie


PAS QUESTION DE FERMER MURDOCHVILLE

Même si une majorité de résidents se prononcent pour la fermeture de la ville lors d’un référendum en 2002, le gouvernement du Québec refuse de fermer Murdochville, malgré la fin des opérations de Mines Gaspé, pourtant le principal employeur. Une situation qui va attiser les tensions sociales entre les résidents qui souhaitent une indemnisation pour refaire leur vie ailleurs et ceux qui tiennent à rester.

La municipalité de Murdochville, en 1953

La municipalité de Murdochville, en Gaspésie, en 1953

Photo : Musée de la Gaspésie


BÉRYLLIOSE : LE COMBAT D'EX-TRAVAILLEURS

D’ex-travailleurs de Mines Gaspé, atteints de la bérylliose, une maladie respiratoire, accusent dès 2001 la société minière de négligence. Ils avancent qu’elle les a exposés à leur insu à des taux anormalement élevés de béryllium. Ils mèneront leur combat jusqu’en 2010, avant de s’entendre à l'amiable dans le plus grand secret avec Noranda.

Photo du chantier de Murdochville, vers 1938

Des travailleurs du chantier de Murdochville, autour de 1938, prennent un instant de repos pour poser devant un photographe.

Photo : Musée de la Gaspésie


DE MORIBONDE À PARADIS DU HORS-PISTE

En 2003, Québec confirme son intention de relancer l’ex-ville du cuivre. Mais, à l’exception d’un centre d’appel de la Société de l’assurance-automobile du Québec, le développement économique est voué à l’échec durant une décennie, en raison notamment de l’isolement de la municipalité, enclavée au coeur de la péninsule gaspésienne. Murdochville trouve malgré tout sa planche de salut et devient un paradis du hors-piste dans l’est de l’Amérique du Nord.

Des skieurs profitent des pentes autour de Murdochville, en Gaspésie.

La municipalité de Murdochville, en Gaspésie, a pris un virage touristique pour assurer sa survie à la suite de la fin de l'exploitation de ses mines.

Photo : Radio-Canada

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !