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Le projet de cimetière musulman soulève des inquiétudes à Saint-Apollinaire

Cimetière musulman à Saint-Apollinaire: des citoyens sont inquiets
Radio-Canada

Des résidents de Saint-Apollinaire ne voient pas d'un bon oeil la création d'un cimetière musulman dans leur municipalité. Une poignée d'entre eux ont exprimé leurs craintes, hier soir, au conseil municipal.

Sunny Létourneau est l’une des citoyennes inquiètes. Elle se questionne sur la pertinence de créer un cimetière destiné uniquement aux musulmans.

« C’est l’exclusivité qui dérange. On aurait voulu que ce soit ouvert, où tous peuvent venir. Qu’ils se fassent une section musulmane dans un coin, ça ne dérange pas. Mais qu’ils demandent l’exclusivité, c’est comme s’ils refusaient de s’intégrer à nous », déplore-t-elle.

Pour Julien Joannette, un autre citoyen opposé au projet, il s’agit plutôt d’un précédent qui pourrait transformer le paysage démographique.

« Ils vont en venir à autre chose. Ils vont se bâtir une mosquée, ils vont s’installer dans le village. Ils vont les prendre les maisons disponibles et on va se ramasser avec un tiers de musulmans. J’ai rien contre les musulmans, mais j’en ai contre la radicalisation », dit-il.

Le maire se veut rassurant

Bernard Ouellet, le maire de la municipalité, insiste sur le fait qu'une « minorité de résidents » est en désaccord. Selon lui, c'est la peur qui les fait réagir de cette façon.

« Ils ont très, très peur que d'autres choses arrivent par après, comme à la mosquée et compagnie. Les choses extrêmes que l'on voit, on l'associe à l'ensemble et non pas à une minorité, dit le maire. Je pense que c'est ça, le problème. »

C'est la peur qui fait réagir de cette façon. Ça ne représente pas l'ensemble des citoyens de Saint-Apollinaire.

Bernard Ouellet, maire de Saint-Apollinaire

Les élus trouvaient important « d'écouter et de rassurer » les citoyens inquiets, lundi soir. Le maire Ouellet précise qu'un changement pour « l'usage et non le zonage » du terrain est requis pour pouvoir aménager le cimetière. Seul l'enfouissement des cendres des défunts est actuellement permis.

Le vice-président du Centre culturel islamique de Québec, Mohamed Labidi, a quant à lui rappeler qu’un cimetière ne sert « qu’à enterrer les morts », et rien de plus.

Il croit que la sensibilisation et l’éducation peuvent apaiser les craintes. « Ceux qui ont cette inquiétude, c’est qu’ils ignorent c’est quoi un musulman », croit-il.

Réactions à l’Assemblée nationale

Le député péquiste Sylvain Gaudreault croit que les citoyens de Saint-Apollinaire ont le droit d'exprimer leur opinion, mais constate qu'il s'agit d'une minorité d'opposants.

Les gens n’ont rien à craindre. Tout ce que je souhaite très franchement c’est que la communauté musulmane puisse avoir un lieu de mémoire pour leurs défunts et j’espère qu’ils l’auront

Sylvain Gaudreault, député du Parti québécois

Du côté de la Coalition avenir Québec, le député Simon Jolin rappelle que la réglementation municipale aura le dernier mot dans ce dossier. « Si l’usage est légal, si l’usage est licite, ils doivent octroyer le permis », conclut-il.

Prochaines étapes

Une soirée de consultation sur le projet de règlement doit avoir lieu le 29 mars prochain. Il y a quelques semaines, les membres du conseil municipal avaient réagi favorablement à l'installation d'un cimetière à Saint-Apollinaire.

La municipalité de 6000 habitants, sur la rive sud du fleuve, doit accueillir le cimetière musulman sur un terrain de 18 000 mètres carrés, tout juste derrière les installations de l'entreprise funéraire Harmonia.

Le terrain où sera établi le cimetière musulman est situé derrière le Centre de crémation de l'entreprise Harmonia à Saint-Apollinaire.Le terrain où sera établi le cimetière musulman est situé derrière le Centre de crémation de l'entreprise Harmonia à Saint-Apollinaire. Photo : Radio-Canada



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