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Le phénomène Alex Harvey

Alex Harvey

Alex Harvey

Photo : Getty Images / Richard Heathcote

Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

BILLET - Une course de 50 km en 1 h 46 min, c'est une moyenne de 28,3 km/h. Avant de parler du résultat exceptionnel d'Alex Harvey aux mondiaux, il serait bon de mettre en lumière sa performance sur le plan physique.

Le ski de fond est devenu mon sport depuis que j'ai pris ma retraite du ski acrobatique. Je me considère comme un skieur du dimanche assez rapide avec une capacité cardiovasculaire au-dessus de la norme. J’ai également une tête de cochon qui me permet de toujours pousser dans la douleur au point de ne plus être capable de marcher le lendemain.

Sur une distance de 50 km (je n’ai jamais fait une sortie si longue), je crois pouvoir maintenir une vitesse moyenne de 15 km/h. Ce qui veut dire que même avec ma tête de cochon, je serais à mi-chemin de l'épreuve pendant qu’Alex croiserait le fil d’arrivée, ou pire encore, il me resterait 1 h 45 min de ski avant de terminer la course.

Il est impossible de s'entraîner pour devenir un Alex Harvey. J’ai lu tous les livres du journaliste et écrivain Malcolm Gladwell, et je déteste qu’il dise qu’avec 10 000 heures d'entraînement, nous pouvons tous maîtriser une performance. Même chose lorsqu’on dit que si l'on travaille fort, on peut tous y arriver…

Selon moi, c’est complètement faux et cela peut inévitablement mener à des rêves irréalistes brisés. Oui, on peut devenir bon dans quelque chose avec 10 000 heures d'entraînement, mais seuls quelques humains ont les prédispositions pour devenir les meilleurs du monde. Tout comme une fille de 5 pi ne pourra jamais, au grand jamais, battre la grande nageuse Penny Oleksiak. Les capacités physiques d’Alex lui ont permis d’aspirer aux plus grands honneurs du sport qu’il a choisi.

Bien sûr, viennent ensuite la discipline, l’environnement, la détermination et le petit je-ne-sais-quoi que les plus grands ont dans les yeux. Ce je-ne-sais-quoi que j’avais vu par exemple dans les yeux d’Alexandre Bilodeau à 10 ans.

Alex Harvey l’avait aussi, et ça, ça ne s’explique pas.

Alex Harvey, champion du monde à LahtiAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Alex Harvey, champion du monde à Lahti

Photo : Getty Images / JONATHAN NACKSTRAND

L'équipe derrière la victoire

Il y a toute une équipe derrière ce titre mondial, et je tiens à féliciter tout un chacun pour cette victoire et cette saison extraordinaires. Louis Bouchard est un entraîneur sensationnel qui enseigne et dirige justement. Il comprend, il observe et sait prendre les bonnes décisions au bon moment. Le genre d'entraîneur qui collabore et consultera son athlète avant de prendre toutes ses décisions.

Ensemble, ils ont établi la stratégie pour cette victoire, Louis savait qu’Alex pouvait et devait rester toute la course avec les meneurs afin de ne pas se faire prendre comme c’est arrivé quelques jours plus tôt au 30 km. De cette façon, l’athlète a confiance en son entraîneur et prend ensuite la responsabilité de l’exécution.

Parlant de discussions et de décisions, il y a un an, Alex avait une décision très difficile devant lui. Nous connaissons tous les histoires de fartage et il était temps de regarder toutes les options.

Changer de marque de ski semble une décision facile pour nous, les skieurs du dimanche, mais pour l’athlète de haut niveau, cela représente beaucoup de risques. Les gens de Salomon ont été assez convaincants en lui garantissant qu’il serait une priorité pour eux et qu’ils feraient tout en leur pouvoir pour lui donner toujours les skis les plus rapides qui sortent de l’usine, à Annecy, en France.

En plus, en promettant d’amener une expertise de fartage avec l’équipe de techniciens de l’équipe canadienne, on pouvait lui procurer une constance qu'il n'avait encore jamais connue. Si on regarde sa saison et qu’on ne fait que regarder les pires résultats, force est de constater que cette décision a été la bonne et prouve encore une fois que le pire risque est souvent de ne pas en prendre.

Je ne peux m’empêcher aussi de féliciter les parents d'Alex Harvey. Pierre et Mireille auraient pu facilement mettre de la mauvaise pression sur leur enfant ou encore tenter de jouer aux entraîneurs et aux agents. Non, les deux sont simplement des parents qui sont là pour l'encourager, quand ça va bien et surtout quand ça va mal. Ils conseillent sûrement Alex à bien des égards, surtout Mireille qui est la médecin de l’équipe, mais ça semble toujours fait d’une façon posée.

Finalement, il y a des gens comme Denis Villeneuve, qui s’occupe bénévolement de toutes les distractions commerciales et autres afin qu’Alex puisse être concentré pleinement sur ce qu’il a à faire et qu’il reste simplement le bon p’tit gars de Saint-Ferréol-les-Neiges que tout le monde adore.

***

Eh tout le monde! On remplit les plaines d'Abraham du 17 au 19 mars. C’est gratuit, emmenez vos enfants, faites des affiches pour Alex Harvey, apportez des drapeaux. Montrons au reste du monde que le ski de fond c’est pas juste l'histoire des Scandinaves!

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