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Une autre Canadienne refoulée à la frontière américaine

Citoyenne canadienne née à Montréal, Manpreet Kooner s'est fait demander un visa d'immigrant pour entrer aux États-Unis.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Une Canadienne refoulée dimanche à la frontière américaine peine à obtenir des explications sur les motifs qui ont poussé un douanier américain à lui interdire l'accès aux États-Unis.

Née au Canada de parents indiens, Manpreet Kooner, 30 ans, s’est vu refuser l’entrée aux États-Unis, bien qu’elle ait présenté son passeport canadien. Le douanier lui a mentionné qu’elle devait avoir un visa d’immigrant pour entrer aux États-Unis.

La Torontoise d’origine, qui réside désormais à LaSalle, à Montréal, s’est rendue lundi à l’ambassade américaine à Ottawa dans le but d’obtenir des éclaircissements, puisque les citoyens canadiens n’ont pas besoin de visa pour entrer aux États-Unis.

La jeune femme dit s’être fait répondre qu’on ne lui avait « peut-être pas dit la vérité » aux douanes.

C’est une situation qu'il m'est impossible de régler. Il n’y a aucune raison pour ça. C'est vraiment fâcheux. Je suis traitée comme une criminelle même si je n'ai rien fait.

Manpreet Kooner

En route vers un spa

Manpreet Kooner souhaitait se rendre dans un spa du Vermont, dimanche, avec deux amies. Elle a plutôt été retenue pendant six heures aux douanes avant d’être refoulée.

Un agent des douanes lui a même dit : « Je sais que vous pouvez sentir que vous avez été ''trumpée'' », une allusion au président américain et à ses propos sur l'immigration.

Mme Kooner souligne que ses deux amies n’ont jamais été inquiétées par les douaniers.

Je me sens ciblée. J’ai été mise à l’écart des autres et je me sens démunie parce je continue de me demander : "Que dois-je faire?"

Manpreet Kooner

Un passeport canadien ne garantit pas l'entrée aux États-Unis

L’agence américaine de la protection des frontières a publié un communiqué stipulant que tous les voyageurs qui veulent entrer aux États-Unis doivent posséder l'ensemble des documents nécessaires, en ajoutant que ceux-ci ne garantissent pas pour autant une entrée sur le territoire américain.

Le communiqué mentionne aussi que les voyageurs doivent clairement faire la preuve qu’ils sont admissibles aux États-Unis. Il précise que la loi américaine prévoit 60 motifs d’inadmissibilité, dont des motifs criminels, de sécurité, de santé, etc.

À Ottawa, la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a été questionnée en point de presse sur le fait qu'un Canadien ayant un passeport canadien se soit fait refuser l’accès aux États-Unis.

Chaque pays contrôle sa frontière. Nous contrôlons notre frontière, les Américains contrôlent leur frontière. C’est un aspect de la souveraineté qui est important pour les Américains et qui est important pour nous.

Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères

Lundi, le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, a vivement interpellé le premier ministre à ce sujet en lui demandant de « prendre position contre la politique raciste des États-Unis ».

Justin Trudeau a répondu que le gouvernement travaille en collaboration avec l'administration américaine afin d'assurer aux frontières « un endroit où les Canadiens et où les biens et services peuvent transiter efficacement et rapidement ».

« Nous ne parlons pas de biens et services. Nous parlons d'une citoyenne canadienne née au Canada, refoulée illégalement à la frontière américaine », a tonné Thomas Mulcair.

La Montréalaise s’était fait interdire l'entrée aux États-Unis une première fois en décembre dernier, mais on lui avait déclaré, à ce moment, qu’un problème informatique expliquait ce refus. Elle était d’ailleurs retournée le lendemain et avait pu y entrer sans problème.

L’histoire de Mme Kooner n’est que la dernière d’une série. Une femme de Brossard s’est vu interdire l’accès aux États-Unis le mois dernier ainsi qu'un athlète québécois d'origine marocaine.

Avec des informations de CBC

Avec les informations de Agence France-Presse

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