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Les Sioux de Standing Rock insuffisamment entendus, juge l'ONU

Photo : Reuters

Radio-Canada

La rapporteuse spéciale des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, Victoria Tauli-Corpuz, estime que les préoccupations et les droits des Sioux de Standing Rock dans le dossier du pipeline Dakota Access, au Dakota du Nord, n'ont pas été traités adéquatement.

Après avoir visité la région la semaine dernière à l'invitation du président des Sioux de Standing Rock, Dave Archambault, la représentante de l'ONU croit qu'ils n'avaient pas été consultés adéquatement au sujet du tracé du pipeline, que la pétrolière texane Energy Transfer Partner veut faire passer à proximité de la réserve.

Elle a également critiqué la façon dont les forces de l'ordre avaient géré le mouvement de protestation contre Dakota Access.

« N'importe qui a le droit de protester et d'exprimer son opposition à ce qui se passe », a affirmé la représentante de l'ONU à Associated Press.

J'ai l'impression qu'il y a eu un usage inutile de la force.

Victoria Tauli-Corpuz, rapporteuse spéciale de l'ONU sur les droits des peuples autochtones

Le gouverneur du Dakota du Nord, Doug Burgum, a de son côté assuré que l'État avait respecté les manifestations et qu'il s'était porté à la défense des policiers.

« À travers cette épreuve, le personnel chargé de l'application de la loi a fait preuve d'un grand professionnalisme et de retenue alors que ses membres ont fait l'objet de railleries et d'injures, qu'on leur a lancé des objets et qu'on leur a même tiré dessus », a soutenu l'élu républicain.

Depuis des mois, la police accuse certains manifestants d'être violents, de prendre part à des émeutes et de prendre les agents pour cibles.

La Nation sioux a été au centre de la lutte contre le pipeline de 3,8 milliards de dollars, qui doit acheminer le pétrole du Dakota du Nord vers l'Illinois sur une distance de 1885 kilomètres. En appui à leur cause, des centaines - et à certains moments des milliers - de manifestants ont convergé vers des campements près de la réserve, notamment sur une terre fédérale située entre la réserve et le tracé du pipeline.

Plusieurs manifestations ont tourné à l'affrontement avec les forces de l'ordre, qui ont arrêté quelque 750 personnes depuis le mois d'août.

Le gouverneur Burgum a par ailleurs assuré que son administration oeuvrait à améliorer les relations avec les Sioux.

Le gouverneur à la défense de l'environnement

Photo : Reuters / Terray Sylvester

Le campement principal a récemment été démantelé, à l'approche des inondations printanières. Un contractant fédéral a été mandaté pour nettoyer les centaines de tonnes de déchets et de débris avant qu'elles ne polluent les rivières à proximité.

La rapporteuse spéciale de l'ONU a reconnu la quantité importante de déchets que cela représentait, n'y voyant cependant « pas un problème si important ». « Des efforts pour le nettoyer pourraient être entrepris même si les gens étaient là », a-t-elle soutenu.

Le gouverneur Burgum affirme de son côté que les inquiétudes reliées à la pollution générée par les campements et au nettoyage de la zone, qui pourrait coûter 1,2 million de dollars américains, ne sont pas exagérées.

Plus de 600 camions chargés de déchets, de matériaux de construction et de débris toxiques ont été transportés à l'extérieur des camps de protestation [...] La majorité des citoyens du Dakota du Nord seraient d'accord pour dire qu'il s'agit d'un enjeu important.

Doug Burgum, gouverneur du Dakota du Nord

Depuis des mois, les Sioux s'opposent au tracé du pipeline parce qu'ils craignent que le pipeline n'empoisonne la rivière Missouri, dans laquelle la réserve puise son eau potable, en plus de mettre en péril les lieux sacrés

En décembre dernier, pour permettre une évaluation environnementale plus approfondie, l’administration Obama avait suspendu le projet, qui a cependant été relancé par un décret signé par le président Donald Trump quatre jours après son entrée en fonction.

Le mois dernier, le Corps des ingénieurs de l'armée américaine, qui administre le territoire où se trouve la partie litigieuse du tracé, a de fait indiqué qu'il autoriserait la construction de la portion restante (Nouvelle fenêtre) de l'oléoduc.

La rapporteuse spéciale de l'ONU a par ailleurs indiqué qu'elle recommanderait probablement une étude environnementale complète dans un rapport qui sera remis en septembre au Conseil de l'ONU sur les droits de la personne.

La semaine dernière, un juge a entendu les plaidoiries sur un possible arrêt de la construction du dernier tronçon du pipeline Dakota Access, réclamé par les Sioux, possiblement quelques jours avant qu'il ne soit fonctionnel.

 

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