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L’agonie toute génétique des derniers mammouths laineux

Photo : iStockphoto

Radio-Canada

Les derniers mammouths laineux à fouler le sol terrestre étaient rongés par des problèmes génétiques, si bien qu'ils avaient probablement perdu l'odorat, évitaient toute compagnie et revêtaient un étrange pelage brillant, affirment des scientifiques américains.

Un texte d'Alain Labelle

La Dre Rebekah Rogers et ses collègues de l’Université Berkeley expliquent que le génome des mammouths « tombait en morceaux avant leur extinction ».

Les chercheurs ont réussi à comparer les mutations génétiques de l’ADN ancien d’un mammouth qui vivait il y a environ 4300 ans dans un troupeau de 300 bêtes dans la petite île Wrangel, en Arctique, avec celui d’une autre bête qui, elle, vivait il y 45 000 ans sur le continent, au moment où les populations étaient beaucoup plus nombreuses.

La théorie avancée par la Dre Rogers laisse à penser que ces animaux préhistoriques ont accumulé de mauvaises mutations génétiques en raison d’une sélection naturelle déficiente dans leur dernier refuge qu’était l’île Wrangel, après leur extinction continentale.

En fait, ces résultats confortent la théorie selon laquelle une forte diminution de la population d'une espèce entraîne une multiplication de mutations génétiques néfastes.

Le saviez-vous?

Les derniers mammouths laineux auraient disparu de l’île Wrangel, en Arctique, il y a 3700 ans. À leur apogée, ces grands herbivores étaient répandus en Amérique du Nord et en Sibérie jusqu'à leur extinction sur les terres continentales il y a environ 10 000 ans.

Les derniers mammouths avaient ainsi perdu de nombreux récepteurs olfactifs permettant de détecter les odeurs ainsi que des protéines urinaires, ce qui a pu avoir un impact sur leur statut dans le groupe ainsi que sur leur reproduction.

Cette comparaison entre ces deux génomes a donné aux chercheurs une occasion rare de voir ce qui arrive au patrimoine génétique quand la taille de la population d'une espèce se réduit fortement.

Ces connaissances pourraient éclairer les efforts de conservation des animaux actuellement en danger de disparition. À l’heure actuelle, il ne reste que 100 guépards asiatiques à l’état sauvage et environ 300 gorilles des montagnes. Ces nombres sont similaires à ceux des mammouths laineux de l’île Wrangel il y a 4000 ans.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue PLOS Genetics (Nouvelle fenêtre).

Avec les informations de Agence France-Presse

Science