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Un taux d’hospitalisation pour automutilation préoccupant au N.-B.

Les jeunes en détresse sont de plus en plus nombreux à s'infliger des blessures corporelles.

Les jeunes en détresse sont de plus en plus nombreux à s'infliger des blessures corporelles.

Photo : iStockphoto

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Au Nouveau-Brunswick, le nombre de personnes admises à l'hôpital à la suite de blessures qu'elles se sont infligées préoccupe les autorités sanitaires. Même s'il a diminué en 2014 - la dernière année pour laquelle des statistiques sont disponibles - il avait été plus élevé que la moyenne canadienne au cours des quatre années précédentes.

Selon les données du ministère de la Santé, il y a eu, de 2009 à 2014, 17 % plus d’hospitalisations pour des cas d’automutilation, au N.-B., comparativement à la moyenne canadienne.

D'autres données de l’Institut canadien d’information sur la santé vont dans le même sens : en 2012, par exemple, 78 personnes ont été admises à l’hôpital dans la province à cause de blessures qu’elles s’étaient infligées, alors que la moyenne canadienne était de 63. Le nombre d'hospitalisations au N.-B. avait cependant fléchi en 2014 pour se chiffrer à 63.

Les coupures et les brûlures sont des cas d’automutilation fréquents. Il arrive aussi que des personnes en détresse se blessent en se frappant la tête contre un mur.

Ces comportements sont plus fréquents chez les adolescents et les jeunes adultes et ne signifient pas que ces personnes sont suicidaires.

Une façon de soulager l'anxiété

Selon un psychologue de Fredericton et responsable des services de counselling à l’Université du Nouveau-Brunswick, Rice Fuller, l’automutilation se voit chez les gens qui vivent beaucoup de pression sur le plan émotionnel et qui ne savent pas comment y faire face.

Rice Fuller, directeur des services de soutien psychologique à l'Université du Nouveau-Brunswick à FrederictonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Rice Fuller, directeur des services de soutien psychologique à l'Université du Nouveau-Brunswick à Fredericton

Photo : CBC

« C’est une soupape, d’après l’analyse qu’on en fait. Les gens agissent ainsi pour soulager une douleur émotionnelle ou une anxiété extrême ou encore une forte détresse émotionnelle. », explique-t-il.

Le ministère de la Santé du N.-B. est conscient du problème. Il affirme, dans un courriel à CBC, qu’il prépare un plan d’action pour s’attaquer à ces comportements destructeurs.

Ce plan sera préparé de concert avec les ministères de l’Éducation, de la Justice et du Développement social, selon une porte-parole.

Une jeune femme qui s'en est sortie

Alexandra Van Rijn, 22 ans, de Fredericton, s’est libérée de ces comportements depuis peu.

Lorsqu’elle était à l’école primaire, elle se frappait la tête contre les murs lorsqu’elle se sentait trop anxieuse. Plus tard, à l’adolescence, elle a commencé à s’infliger des coupures et des brûlures.

Alexandra Van Rijn s'automutilait pour calmer son anxiété. Elle s'en est sortie et travaille maintenant comme mannequin.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Alexandra Van Rijn s'automutilait pour calmer son anxiété. Elle s'en est sortie et travaille maintenant comme mannequin.

Photo : Oscar Baker III

Elle s’est toutefois confiée à des amis et à des membres de sa famille qui l’ont encouragée à consulter des services psychologiques, ce qu’elle a fait.

Elle a réussi à surmonter ses angoisses et s’emploie maintenant à aider d’autres jeunes qui s’automutilent. Elle travaille notamment à Wear Your Label, une entreprise qui vend une ligne de vêtements et qui verse une partie de ses profits à des initiatives de santé mentale.

Elle cherche aussi à sensibiliser la population en général au sujet de l’automutilation. « Les gens qui ne travaillent pas en santé mentale peuvent être choqués et horrifiés [par ces comportements], dit-elle. Ce type de réaction n’aide en rien [les victimes]. »

Avec les informations de CBC

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