•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’actrice Oluniké Adeliyi expulsée d'un cinéma : un geste discriminatoire, selon elle

Un portrait d'Olunike Adeliyi
Olunike Adeliyi Photo: Photo par Chika Ojiegbe utilisée sous licence CC BY-SA 3.0
Radio-Canada

L'actrice torontoise Oluniké Adeliyi s'est fait expulser du cinéma Kingsway d'Etobicoke, dans l'ouest de Toronto, parce qu'elle refusait de laisser son sac à dos à l'entrée. Elle affirme qu'elle a été victime de discrimination.

Un texte de Cédric Lizotte Twitter Courriel  

Mme Adeliyi s’est rendue au Kingsway vendredi soir pour y voir le film Loving. Les employés du cinéma lui ont expliqué qu’elle ne pouvait entrer avec son sac à dos et que tous les sacs de grand format devaient être laissés à l’entrée, près de la caissière.

L'actrice n'a pas voulu se séparer de son sac puisqu'il contenait des objets de valeur, notamment son ordinateur portable. Elle affirme avoir suggéré à la dame de plutôt le fouiller. Cette dernière a décliné la proposition et a refusé de lui vendre un billet parce que Mme Adeliyi insistait pour garder son bien.

C’est là que les versions des deux parties impliquées dans cette histoire divergent.

Sur Instagram, Mme Adeliyi raconte que la police a été appelée (sans dire par qui) et qu'il aurait été dit aux policiers qu’une « femme noire menaçante devait être expulsée ».

Cependant, Rui Pereira, propriétaire du cinéma, soutient en entrevue que Mme Adeliyi « est partie, puis est revenue environ cinq minutes plus tard ».

« Elle était agressive envers la caissière qui avait refusé de lui vendre un billet. Ses paroles et son langage corporel étaient violents. Je n’ai eu aucun autre choix que d’appeler la police », ajoute M. Pereira.

Selon lui, le fait qu'elle soit noire n’a eu aucune incidence sur le résultat.

M. Pereira explique que la police lui a demandé de décrire la dame. C'est à ce moment qu'il a précisé qu'il s'agissait d'une « dame noire habillée en noir ».

De la discrimination raciale, selon l'actrice

De son côté, l’actrice, qui a entre autres joué dans les séries télé Lost Girl et Flashpoint et qui participe à Workin' Moms sur CBC, a affirmé sur Facebook s'être sentie victime de profilage racial.

En entrevue avec CBC dimanche, Mme Adeliyi a précisé sa pensée. Elle a déclaré que le fait que le propriétaire ait appelé la police l'a rendue mal à l'aise.

« Je ne suis pas certaine qu'il ait compris ce que ça signifiait. Je me suis sentie effrayée, je ne me sentais plus en sécurité. Je me suis sentie ciblée », a-t-elle souligné.

Durant cette entrevue, elle a expliqué qu'elle ne croit pas que le règlement qui interdit les sacs est discriminatoire. Elle estime plutôt que c'est la description (« femme noire habillée en noir ») qui représente du profilage racial.

Elle a par ailleurs remonté le fil des événements. Elle a mentionné que le Kingsway est le seul cinéma en ville qui présente Loving. Puisqu'elle désirait voir ce film, elle a décidé de retourner sur ses pas et de tenter sa chance de nouveau. Elle prétend que la caissière lui a demandé de partir, puis qu'un homme l'a sommée, dans un langage vulgaire, de quitter les lieux, sans quoi il appellerait la police.

Mme Adeliyi a donc décidé de rester sur place et d'attendre que les autorités arrivent. C'est à ce moment-là que M. Pereira a appelé la police.

Les médias sociaux dans tous leurs états

Depuis que Mme Adeliyi a raconté son expérience sur Facebook et Instagram samedi matin, des dizaines de commentaires ont été publiés sur les sites qui permettent les évaluations des entreprises. Ces gens accusent la direction du cinéma de racisme.

Yelp et Google affichent notamment des échanges houleux entre M. Pereira et les clients qui ont laissé des évaluations défavorables.

Depuis samedi, sur Google, la page officielle du cinéma Kingsway semble copier-coller le même message vulgaire à quiconque n’apprécie pas l'établissement.

En entrevue, M. Pereira a affirmé que Yelp et Google sont « des entreprises transnationales qui n’ont aucune crédibilité ».

Une liste de commentaires et d'échanges sur Google reviews.Agrandir l’imageLes échanges entre le cinéma Kingsway et les gens qui laissent des évaluations sont houleux et vulgaires. Photo : Google

Le compte officiel du Kingsway Theatre sur Facebook a laissé de nombreuses publications décousues lors de la soirée de vendredi, dont plusieurs ont été supprimées depuis.

Les échanges entre le Kingsway et ses clients sont aussi plutôt acrimonieux sur Yelp (Nouvelle fenêtre), et ce, depuis maintes années.

Toronto

Cinéma