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L'utilisation de la reconnaissance faciale dans des aéroports canadiens inquiète certains experts

Des voyageurs à l'aéroport d'Ottawa.

Des voyageurs à l'aéroport d'Ottawa

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

CBC.ca
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le système de reconnaissance faciale qui sera mis en place dans les principaux aéroports canadiens, dont celui d'Ottawa, à partir du printemps, inquiète certains experts.

Le système de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) pourrait être similaire à celui des États-Unis. Il permettra de comparer le visage d'un voyageur à l'image enregistrée sur son passeport électronique lorsque celui-ci utilisera une borne libre-service.

Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en éthique, droit et technologie à l'Université d'Ottawa, Ian Kerr se demande quel est le but réel de la mise en place de ce système automatique et s'il ne s'agit pas d'une façon de « théâtraliser la sécurité ».

« Il y a l'idée que si nous nous dotons de ce qui est perçu comme une technologue de pointe, les voyageurs se sentiront beaucoup plus en sécurité », a-t-il dit au micro d'Alistair Steele, de l'émission de radio All in a Day de CBC.

Ils se sentiront plus en sécurité si une machine vérifie l'identité d'une personne, alors qu'en fait les humains sont tout à fait capables de regarder un passeport, de regarder une personne devant eux et de dire si c'est la même personne. Les machines ne savent pas faire cela.

Une citation de : Ian Kerr, professeur à l'Université d'Ottawa

Les bornes automatisées pourraient être équipées de capteurs qui fonctionnent comme des détecteurs de mensonges ou qui seront programmés avec des algorithmes pour évaluer si un passager présente un risque potentiel, selon le professeur Kerr.

« Nous devons sérieusement réfléchir avant de mettre en œuvre [des technologies comme celles-ci] parce qu'elles peuvent être utilisées pour des raisons différentes de celles pour lesquelles elles ont été initialement conçues », a-t-il fait remarquer.

Dans un communiqué, l'ASFC précise que « ces bornes amélioreront la sécurité aux frontières et contribueront à réduire les temps d'attente dans les aéroports les plus fréquentés du Canada ».

Entrevue avec l'avocat Yavar Hameed, spécialiste en droits de la personne et sécurité nationale

L'aspect humain

Pour le major-général à la retraite Richard Blanchette, un aspect humain devrait aller de pair avec l'installation de ces nouvelles bornes.

« Il faut avoir des humains à un moment donné dans le système, lire ces informations, analyser leur efficacité ou leur inefficacité », a-t-il soutenu.

Ce nouveau système de sécurité inquiète aussi le président du Syndicat des douanes et de l'immigration, Jean-Pierre Fortin, qui se dit préoccupé par ce changement.

« Ces bornes ne devraient pas être utilisées pour remplacer nos agents », a-t-il fait valoir. « À l'heure actuelle, tout indique que ce n'est que pour accélérer le trafic, mais ça réduira aussi le nombre d'agents et, conséquemment, la sécurité. »

M. Fortin, dont le syndicat représente 10 000 membres, a souligné que les interrogatoires et les fouilles des agents permettaient de bien cerner le comportement général d'un voyageur et de connaître le contenu de leur bagage.

« De toute évidence, nous sommes la première ligne de défense du pays; il est donc très important que nous maintenions cette interaction », a-t-il conclu.

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