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Manifestation à Québec pour dénoncer la motion contre l'islamophobie

Une marche, deux visions
Radio-Canada

Près de 200 membres de deux groupes ultranationalistes, La Meute et Storm Alliance, ont manifesté dans les rues de Québec, samedi, pour dénoncer la motion M-103, une initiative du gouvernement du Canada qui condamne l'islamophobie et la discrimination religieuse. Un deuxième groupe a organisé une contre-manifestation pour dénoncer leurs idées.

La Meute et Storm Alliance répondaient ainsi à l'initiative lancée par le mouvement Canadian Coalition of Concerned Citizens (CCCC), qui a organisé des rassemblements dans une soixantaine de villes canadiennes. Au Québec, des manifestations se tenaient aussi à Montréal, Laval, Saguenay, Gatineau et Saint-Jean-sur-Richelieu, notamment.

Contre l'islam radical

L'un des représentants du groupe La Meute, Sylvain Brouillette, affirme que sa formation n'a aucune haine envers les musulmans. Il soutient même que plusieurs musulmans font partie de son organisation.

« On croit en un Canada multiethnique, mais on ne croit pas en un multiculturalisme parce que le multiculturalisme dans son application comme M. Trudeau veut le faire, ça mène au chaos social », soutient M. Brouillette, qui juge « que l'islam radical a détruit plusieurs sociétés démocratiques, et qu'il n'est pas compatible avec notre démocratie ».

Motion sur l'islamophobie : un recul, selon La meute

Si les membres de La Meute ont décidé de sortir dans la rue et manifester à Québec, Montréal et Saguenay ce samedi, c'est pour dénoncer la motion M-103 contre l'islamophobie, qui a été débattue à la Chambre des communes en février.

Sylvain Brouillette dit craindre que cette motion nuise à ses droits fondamentaux et qu'elle restreigne le droit de critiquer les religions.

La Meute se défend bien d'être un groupe raciste. Toujours selon M. Brouillette, les gens qui immigrent au Canada veulent avoir de meilleures conditions de vie.

« Nous, on n’a absolument rien contre ça. C'est juste qu'on ne veut pas que les gens de l'extérieur viennent pour nous imposer leurs valeurs à eux et changer ce qui a fait du Canada le meilleur pays au monde. »

Contre-manifestation

Les groupes La Meute et Storm Alliance n'étaient pas les seuls à manifester dans les rues du Vieux-Québec samedi. Une contre-manifestation était également organisée par le groupe Mouvement étudiant révolutionnaire (MER).

Des membres du groupe MER souhaitaient dénoncer le discours voilé derrière les propos des organisateurs qui sont, selon eux, animés de craintes islamophobes et xénophobes.

« On est là pour dire à la population immigrante et réfugiée qu'il y a des gens qui les soutiennent. Ce n'est pas vrai qu'il y a seulement des gens comme l'autre bord qui sont contre eux », souligne Louis-Antoine, un membre du MER.

D'autres sections du MER ont organisé des contre-événements à travers le Canada pour faire contrepoids aux manifestations des groupes d'extrême droite.

Une occasion de se faire voir ?

Selon Maxime Fiset, un ancien militant d'un groupe d'extrême droite devenu consultant en prévention de la radicalisation, l'objectif des groupes liés à l'extrême droite est avant tout de se faire voir.

« La Meute voulait se présenter comme acteur légitime. Elle travaille très très fort sur cette image-là. Le fait que des contre-manifestants soient venus, ça montre qu'une grande partie des gens que Québec est contre un discours raciste et xénophobe », a-t-il affirmé.

Impact juridique

Spécialiste en droits et libertés de la personne, le professeur à la Faculté de droit de l'Université Laval Louis-Philippe Lampron soutient la motion anti-islamophobie ne brime en rien la liberté d'expression.

« Il faut savoir que la motion 103 ne change rien au cadre juridique actuel en ce qui concerne les limites à liberté d'expression. C’est une motion qui va avoir une valeur qui est principalement symbolique », soutient-il.

« On a les chartes des droits notamment qui protègent les individus contre toute atteinte à leur droit à l'égalité. »

La manifestation s'est déroulée somme toute dans le calme. Quelques membres du groupe Atalante, associé à des idées d’extrême droite, ont toutefois confronté les manifestants pendant quelques minutes. Aucune arrestation n’a été effectuée.

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