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Le virus Zika frappe les Canadiens plus fort que prévu

Photo: Reuters / Juan Carlos Ulate
Radio-Canada

La fréquence des complications majeures liées à une infection au virus Zika est sous-estimée, selon une étude pancanadienne publiée lundi dans le Journal de l'Association médicale canadienne (CMAJ).

L'étude a été menée auprès de 1118 Canadiens qui ont obtenu des soins dans une clinique du réseau CanTravNet après avoir voyagé en Amérique du Sud ou dans les Caraïbes. Parmi ceux-ci, 41 personnes étaient infectées par le virus Zika, 41 avaient contracté la dengue et 23 avaient la fièvre chikungunya.

« Ce qui nous a surpris, c'est qu'on a vu autant de cas de Zika que de fièvre dengue, et les cas de fièvre dengue et de chikungunya n'ont eu aucun symptôme sévère », raconte le docteur Pierre Plourde, médecin hygiéniste à l'Office régional de la santé de Winnipeg et coauteur de l'étude.

Les auteurs de l'étude soulignent que, malgré le fait que la cohorte soit peu nombreuse, ils ont observé « le spectre clinique complet » de symptômes aigus du virus Zika, y compris des complications neurologiques graves chez des adultes et des effets nocifs chez des foetus.

Ce n'est pas des gros nombres, gros chiffres, mais ça nous indique qu'il y a toujours un potentiel d'infection très sévère avec ce virus.

Le docteur Pierre Plourde, coauteur de l'étude

La docteure Andra Boggild, de l'Université de Toronto, admet qu'il est possible que les résultats de l'étude sur le Zika soient biaisés en raison du profil démographique des patients qui y ont participé - normalement des personnes malades à la recherche de soins. Elle croit tout de même que les résultats permettent d'infirmer la perception commune que le Zika est moins dangereux que la dengue ou la fièvre chikungunya.

« Un biais d'orientation a peut-être contribué à un nombre plus élevé de cas graves de Zika, mais s'il s'agissait d'un biais significatif, on pourrait s'attendre à ce que les données relatives à la dengue et la fièvre chikungunya soient influencées de la même manière, [ce qui n'a pas été le cas] », fait remarquer la docteure Boggild.

Manitoba

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