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Vaut-il mieux être sévère ou pas avec l'utilisation du cellulaire à l'école?

Vaut-il mieux être sévère ou pas avec l'utilisation du cellulaire à l'école?
Radio-Canada

Une école de Charlottetown, à l'Île-du-Prince-Édouard, a décidé de resserrer ses règles entourant l'utilisation du cellulaire entre les murs de son établissement, mais plusieurs considèrent cette démarche comme étant contreproductive.

Les élèves de l'école intermédiaire anglophone de Stonepark ne peuvent plus utiliser leur téléphone pour communiquer. Dorénavant, l'appareil est seulement permis pour écouter de la musique ou jouer à des jeux pendant les pauses.

La direction de l'école a voulu serrer la vis d'abord pour des questions de droit à la vie privée. Des élèves et des enseignants se sont plaints parce qu'on a diffusé des images d'eux sans leur consentement sur les réseaux sociaux.

La distraction des élèves dans les salles de cours était également un de ses arguments pour renforcer sa politique.

Le point de vue d'une élève et d'un enseignant

Des jeunes rencontrés à l'école François-Buote de Charlottetown admettent que le cellulaire peut nuire à leur concentration.

Juliet Downey, élève de 10e année, admet que le cellulaire peut nuire à sa concentration en classe.Juliet Downey, élève de 10e année, admet que le cellulaire peut nuire à sa concentration en classe. Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Bouchard

« Même si on dit, ah oui, je ne vais pas aller sur mon téléphone, tout de suite, quand tu vas recevoir une notification de quelqu'un qui te parle, tu vas être trop tenté. Tu vas finir sur ton téléphone à ne pas travailler », confie Juliet Downey, élève de 10e année.

Les jeunes sont conscients des problèmes que les cellulaires peuvent causer en classe, mais selon eux, l'école Stonepark va trop loin en interdisant les textos ou la navigation sur le web dans les pauses.

Même du côté de l'enseignement, on est réticent à une approche généralisée comme celle de Stonepark.

Chaque enseignant devrait établir ses propres règles concernant l'utilisation du téléphone en classe, selon l'enseignant à l'école François-Buote, Maxime Duguay.Chaque enseignant devrait établir ses propres règles concernant l'utilisation du téléphone en classe, selon l'enseignant à l'école François-Buote, Maxime Duguay. Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Bouchard

Maxime Duguay, enseignant à l'école François-Buote, est d'avis que chaque enseignant devrait gérer l'utilisation du téléphone dans sa classe.

Le cellullaire peut parfois devenir une bouée de sauvetage pour un élève. « Je prends l'exemple des mathématiques. Un élève qui oublie sa calculatrice, bien maintenant les téléphones intelligents, c'est un téléphone, c'est une calculatrice, c'est un mini-ordinateur. Il y a un monde de possibilités au niveau du travail qu'un élève peut faire avec ça », dit-il.

Le cellulaire comme outil d'apprentissage

La Commission scolaire de langue française de l'Île-du-Prince-Édouard est beaucoup moins sévère.

Les cas d'intimidation se règlent au cas par cas et on n'a pas connu de crise jusqu'à maintenant. Selon la Commission scolaire, c'est à l'enseignant d'adopter la méthode qui permet de favoriser l'apprentissage.

À l'inverse de l'école intermédiaire anglophone Stonepark, on encourage l'usage des technologies en classe.

La directrice générale de la Commission scolaire de langue française, Anne Bernard-Bourgeois, demande aux enseignants d'utiliser les téléphones comme outils d'apprentissage.

« Ce qui est important, c'est que le téléphone ne nuise pas à l'apprentissage et à l'enseignement qui se fait en classe. Et que quand on laisse les enfants entrer dans une salle de classe avec un téléphone cellulaire, que ça soit vraiment clair, ce qu'on s'attend comme norme de comportement autour de cet outil-là », dit-elle.

Même son de cloche du côté de Thierry Karsenti de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l'information et de la communication en éducation de l'Université de Montréal. Il est d'avis que de bannir le téléphone intelligent des écoles est contreproductif.

Les élèves doivent apprendre à utiliser les technologies de manière efficace, dit-il.

Les écoles doivent, selon lui, trouver un moyen de les intégrer dans le programme éducatif.

Le débat prend de l'ampleur

Une école de Toronto vient d'appliquer des mesures très strictes, un peu à l'image de Stonepark.

Le débat prend également une ampleur électorale de l'autre côté de l'océan, en France. Le candidat à l'élection présidentielle, Emmanuel Macron, veut interdire les cellulaires dans leurs écoles primaires et secondaires.

Avec les informations de Jean-Luc Bouchard

Avec les informations de CBC

Île-du-Prince-Édouard

Société