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Audrey Hachey et Valentina Solkin en compagnie d'élèves de l'école André-Laurendeau

Audrey Hachey et Valentina Solkin en compagnie d'élèves de l'école André-Laurendeau

Photo : Radio-Canada / Akli Aït Abdallah

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Ils en ont long à dire sur l'attentat de Québec, l'islamophobie et le racisme. Incursion dans un atelier sur la diversité culturelle et religieuse tenu dans une école secondaire de Longueuil.

Un texte d’Akli Aït Abdallah de l'émission Désautels le dimanche

Quand Audrey Hachey, recherchiste et animatrice à Ensemble pour le respect de la diversité, demande qui des chrétiens, des bouddhistes, des juifs ou des musulmans sont plus souvent que d’autres la cible de préjugés, la classe est unanime.

Pour les élèves, pas de doute, les mains levées font consensus : ce sont les musulmans qui, par les temps qui courent, remportent la palme. Nulle idée d’engager une quelconque compétition victimaire. L’atelier veut simplement faire réfléchir.

« L’idée du projet Escales est née en septembre dernier, dans le cadre du plan de lutte contre la radicalisation. Il s’agit de sensibiliser à la question de la diversité culturelle et religieuse, tout en aidant à déconstruire ce qui nourrit les manifestations du racisme, notamment l’islamophobie », explique Audrey Hachey.

Côté diversité, l’école André-Laurendeau ne pourrait pas faire mieux. Plus de 2000 élèves de toutes origines, chinoise, pakistanaise, libanaise, algérienne, colombienne, tunisienne, haïtienne, marocaine, portugaise, et aussi de jeunes Québécois, dits de souche, aux racines plus anciennes.

La solidarité après l’attentat de Québec

« Avec ce qui se passe dans le monde, et avec ce qui est arrivé à Québec dernièrement, cet atelier permet à nos jeunes de s’exprimer, de discuter de leurs différences, de débattre, même si la génération d’aujourd’hui est plus ouverte que leurs parents et nous-mêmes avons pu l’être », note Sylvain Caron, directeur de l’école André-Laurendeau.

Au lendemain de l’attentat contre la grande mosquée de Québec en janvier dernier, Sylvain Caron a vite réuni son équipe de direction, et demandé par interphone à toute l’école, élèves et personnel, un moment de recueillement.

Ce qu’on a senti le plus, c’est la solidarité des jeunes non-musulmans de l’école avec leurs amis. Avant d’être d’une autre origine ou d’une autre religion, ils fréquentent la même école, ils font les mêmes activités sportives ou culturelles. C’est aussi ça qui les unit.

Sylvain Caron

Quelques semaines plus tard, la solidarité reste forte.

Valentina Solkin et Audrey Hachey en compagnie d'un petit groupe d'élèvesAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Valentina Solkin et Audrey Hachey discutent avec des élèves de l'école André-Laurendeau.

Photo : Radio-Canada / Akli Aït Abdallah


« Moi, je suis juste désolé. C’est triste pour tous ceux qui ont perdu des proches », lâche Olivier, 14 ans, rejoint par Corine, Chanez, Hamza, Salem, et Seïf. La bande est unanime. Ce n’est pas parce qu’on est musulman qu’on est différent.

Corine, 15 ans, ne comprend toujours pas le geste six fois meurtrier d’Alexandre Bissonnette.

Qu’est-ce que ça change à ta vie que quelqu’un soit d’une autre religion que toi? Je pense que nous, les jeunes, sommes plus tolérants.

Corine

« L’Islam, à l’école, on nous en parle depuis toujours. On peut avoir des valeurs religieuses différentes. Ce qui compte, c’est la personne que tu es », poursuit Corine.

Même si la peur persiste, lorsque, par exemple, il se rend à la mosquée avec ses parents, Seïf, 15 ans, n’a sûrement pas l’intention de changer de complices.

Je ne cesse pas d’être l’ami d’Olivier parce qu’il est Québécois. L’attentat est l’œuvre d’une seule personne, sur plusieurs millions.

Seïf

Écoutez les jeunes discuter de l’attentat de Québec :

 

Ne pas se taire devant le racisme

Mais il y a aussi les radios-poubelles, les médias, et ce racisme qui s’exprime désormais à visage découvert. Valentina Solkin, qui donne l’atelier avec Audrey Hachey, espère que les jeunes qu’elle a en face d’elle ne se tairont pas lorsqu’il viendra à leurs oreilles.

Quand tu es ado, tu penses que tu n’as pas beaucoup de pouvoir. Ce que nous leur disons, c’est qu’ils ont celui de dénoncer toutes les discriminations.

Valentina Solkin
Une projection où on peut lire les mots suivants : Islamophobie, un racisme à dévoiler. Le rôle des médias. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un des thèmes abordés dans l'atelier d'Ensemble pour le respect et la diversité

Photo : Radio-Canada / Akli Aït Abdallah

Depuis près de 20 ans, l’organisme montréalais Ensemble pour le respect de la diversité – qui a commencé ses activités sous le nom de Fondation de la tolérance — promène ses ateliers dans les écoles primaires et secondaires du Québec, avec l’objectif de rapprocher les communautés au-delà de leurs différences. Racisme, homophobie, sexisme, intimidation, toutes les formes de discriminations sont nommées, débattues avec les élèves, dans le but d’être ensuite combattues par eux.

Moins de tolérance en région?

Dans quelques jours, l’atelier va faire escale en région, dans une école où l’immigration, notamment musulmane, est moins présente. « J’ai hâte de voir ce que vont être les réactions là-bas », se demande Audrey Hachey.

Moins de diversité en région, donc moins de tolérance? C’est plus complexe que ça. Néanmoins, la discussion qui s’engage entre elle et sa partenaire, Valentina Solkin, en dit long sur le travail qui reste à faire.

Notre atelier est sollicité par plusieurs écoles. Venir parler de racisme, de religions et d’islamophobie, j’ai vraiment l’impression que c’est une demande qu’on va avoir de plus en plus.

Audrey Hachey

Écoutez les échanges de Valentina et Audrey sur les différences en matière de tolérance entre les régions et dans les grandes villes :

 

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