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France : Alain Juppé prêt à prendre le relais de Fillon

Alain Juppé derrière un pupitre et des micros, le poing serré

L'ancien premier ministre français et maire de Bordeaux Alain Juppé, en mars 2016

Photo : AFP / Valéry Hache

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pendant que le candidat de la droite à l'élection présidentielle française, François Fillon, continue de perdre des appuis et des collaborateurs, un de ses anciens adversaires de la primaire, Alain Juppé, se dit prêt à prendre la relève.

Le clan Juppé pose toutefois certaines conditions pour qu’il accepte de succéder à M. Fillon. Alain Juppé « ne se défilera pas si les conditions sont remplies : il faut que François Fillon se retire de lui-même et que sa famille de la droite et du centre, Les Républicains, soit unanimement rassemblée derrière lui ».

« À 50 jours de la présidentielle, il est encore temps de ne pas la perdre », a aussi déclaré, sur Europe 1, le député juppéiste Dominique Bussereau.

Dans la ligne de mire de la justice française dans le cadre du « Penelope Gate » – une histoire alléguée d’emplois fictifs occupés par sa femme Penelope et par ses deux enfants au sein de l’administration française – M. Fillon a perdu son directeur des communications, Thierry Solère, vendredi matin. Ce dernier a annoncé sa démission à un moment où plusieurs responsables de la droite quittent le navire en difficulté de M. Fillon.

« Organisateur de la primaire, j'ai décidé de mettre fin à mes fonctions de porte-parole de François Fillon », a écrit sur Twitter le député Solère, qui avait organisé la campagne de novembre 2016 remporté par l'ancien premier ministre.

Vague de démissions

Le nom de M. Solère s’ajoute à celui d’une quinzaine de cadres du parti Les Républicains qui ont abandonné le navire en perdition de François Fillon au cours de la semaine.

Le directeur de campagne de l'ex-premier ministre, Patrick Stefanini, a présenté vendredi matin sa démission à François Fillon, qui l'a acceptée.

Les directeurs adjoints de la campagne du parti, Sébastien Lecornu et Vincent Le Roux, avaient annoncé leur démission jeudi. Ces démissions avaient été précédées mercredi de celle de Bruno Lemaire, représentant européen et international de la campagne de M. Fillon.

Le vice-président des Jeunes Républicains, Paul Guyot, a également abandonné M. Fillon en appelant les élus de son camp à se ranger derrière Alain Juppé dans le but de « rassembler » la droite en prévision de la présidentielle.

D’anciens partisans de Nicolas Sarkozy, autre candidat défait lors de la primaire, lâchent aussi le candidat Fillon. C’est notamment le cas de l’ancien coordonnateur de la campagne de M. Sarkozy, Gérald Darmanin, et de Nadine Morano.

Malgré ces défections, M. Fillion maintient le cap contre vents et marées en répétant qu’il s’en remet au jugement des électeurs.

Fillon éliminé dans les sondages

Depuis des semaines de multiples sondages indiquent que François Fillon, un temps vu comme le favori,  n'accédera pas au second tour de la présidentielle, l'appui populaire à son endroit pour le premier tour oscillant autour de 20 %, alors qu'Emmanuel Macron le devance systématiquement de quelques points, de même que Marine Le Pen.

Un récent sondage de la maison Odoxa, réalisé pour le compte du réseau France 2, accorde ainsi (27%) à Emmanuel Macron et (25,5%) à Marine Le Pen contre 19 % pour Fillon.

Les résultats du sondage changent toutefois lorsque le sondeur remplace M. Fillon par Alain Juppé à la tête de la droite. Le maire de Bordeaux se hisserait alors en tête des intentions de vote (26,5 %) devant M. Macron qui verrait ses appuis descendre à 25 % pendant que Marine Le Pen serait éliminée dès le premier tour (alors que les sondages, jusqu'ici, lui assuraient un ticket pour le second tour).

L'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales a mené une perquisition au domicile de M. Fillon jeudi, au lendemain de l’annonce de son inculpation prévue pour le 15 mars prochain. M. Fillon s’était alors dit victime d’un « assassinat politique ».

Alain Juppé

Né le 15 août 1945 à Mont-de-Marsan, dans les Landes, Alain Juppé est maire de Bordeaux depuis 1995 et il a été premier ministre de 1995 à 1997.

L’homme d’État français a amorcé sa carrière politique dans les années 1980, occupant les postes de ministre délégué au Budget (1986 à 1988) et ministre des Affaires étrangères (1993-1995).

Condamné à 14 mois de prison avec sursis et à une année d’inéligibilité pour avoir violé la loi sur le financement politique en décembre 2004, il est forcé de quitter temporairement la scène politique. Il s’exile alors au Québec, où il enseigne à l’École nationale d’administration publique (ENAP).

Redevenu éligible, M. Juppé effectue alors un retour sur la scène politique française, où il occupe successivement les postes de ministre de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durable (2007), de ministre de la Défense (2010-2011) avant de faire un retour aux Affaires étrangères (2011-2012).

Aujourd’hui âgé de 71 ans, M. Juppé s’est porté candidat à la primaire du parti Les Républicains en novembre dernier face à M. Fillon et Nicolas Sarkozy. Il a concédé la victoire à M. Fillon, qui a remporté 67 % des suffrages du deuxième tour de scrutin, avant de rallier au camp du vainqueur.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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