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Réforme électorale au N.-B. : la commission propose un scrutin préférentiel et le vote à 16 ans

Une personne exerce son droit de vote

Insertion d'un bulletin de vote dans une tabulatrice au Nouveau-Brunswick

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les électeurs au Nouveau-Brunswick pourraient un jour remplir un bulletin de vote très différent aux élections provinciales, en raison des recommandations présentées vendredi matin par la Commission sur la réforme électorale du Nouveau-Brunswick, mais le premier ministre n'est pas prêt à s'engager rapidement sur cette voie.

La Commission recommande à la province d’adopter un mode de scrutin préférentiel pour l’élection des députés. Cela mènerait, selon elle, à une assemblée législative qui refléterait mieux ce que veulent les électeurs. Selon les commissaires, il s’agirait d’un petit changement qui ne créerait pas de problèmes, le scrutin resterait simple et les électeurs sentiraient que leur vote compte réellement.

Dans ce mode de scrutin, les électeurs pourraient classer les candidats selon leurs préférences. Lors du premier tour, seuls les premiers choix seraient retenus. Si aucun candidat n’a plus de 50 % des voix, celui au dernier rang serait éliminé, et les deuxièmes choix qu’il aurait recueillis sur les bulletins de vote seraient additionnés aux totaux des autres candidats. Cela continuerait jusqu’à ce qu’un candidat atteigne 50 % des voix.

Pas à moins d'un mandat clair, selon le premier ministre

Le premier ministre Brian Gallant n’est toutefois pas prêt à faire une réforme à court terme. Il explique qu’un mode de scrutin préférentiel serait un changement fondamental qui requiert un mandat donné par les électeurs.

« Pour nous, si tu [avais] une réforme majeure sur comment les gens votent, il faudrait avoir un mandat très clair pour le gouvernement d’instaurer ces changements. Cela pourrait être fait par un référendum. Ça pourrait aussi être fait par une promesse électorale lors d’une campagne. Mais je peux vous dire que puisque nous comprenons très bien que la démocratie appartient aux gens du Nouveau-Brunswick et aux gens du pays, c’est important de leur demander ce qu’ils veulent faire lorsque ça vient au mode de scrutin », explique Brian Gallant.

Les progressistes-conservateurs disent aussi qu'il faut que la population se prononce sur toute réforme électorale.

Le chef du Parti vert, David Coon, est du même avis. Il croit qu'étant donné le rapport de la Commission, le mode scrutin proportionnel privilégié par son parti n'est pas pour demain au Nouveau-Brunswick. Selon lui, le mode de scrutin préférentiel proposé par la Commission avantagerait les deux partis libéral et progressiste-conservateur.

Quant au vote à 16 ans, Brian Gallant veut réfléchir

La Commission recommande aussi de permettre aux jeunes de voter dès l’âge de 16 ans. L’âge minimal pour voter à l’heure actuelle est de 18 ans.

Selon les commissaires, plus les gens participent à la démocratie à un jeune âge, plus il y a de chances qu’ils s’y intéressent toute leur vie. Ils rejettent l’idée qu’à 16 ans on puisse être trop jeune pour voter. Ils expliquent qu’ils ont été impressionnés par la maturité et l’intelligence des jeunes qu’ils ont rencontrés durant leurs travaux.

Brian Gallant en conférence de presseAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le premier ministre Brian Gallant veut étudier la recommandation du droit de vote à 16 ans avant de se prononcer.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Le premier ministre Brian Gallant affirme qu'il veut étudier la recommandation du droit de vote à 16 ans avant de se prononcer.

La recommandation réjouit la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick, qui milite pour le droit de vote à 16 ans. La présidente de l’organisme, Sue Duguay, avait présenté cette prise de position aux commissaires durant les consultations.

« Nous sommes très contents que les membres de la commission aient pris au sérieux notre recommandation. Les jeunes veulent faire partie du processus décisionnel et leur donner la chance de voter à 16ans leur permettra de se faire entendre par les décideurs », estime Sue Duguay.

Autres recommandations

Les commissaires écartent l’idée du vote électronique par crainte que l’anonymat des électeurs ne puisse être protégé dans un tel système.

Ils proposent plusieurs autres changements, dont les suivants :

  • réduire la limite des dons d’argent aux partis politiques par les personnes, les syndicats et les entreprises (la limite actuelle est de 6000 $);
  • l'élimination progressive des dons des syndicats et des entreprises après les élections de 2018;
  • offrir des mesures incitatives financières temporaires aux partis politiques qui présentent plus de femmes parmi leurs candidats;
  • permettre aux résidents permanents (qui n’ont pas le statut de citoyen canadien) de voter malgré tout aux élections provinciales et municipales;
  • augmenter l’enseignement des divers aspects de la démocratie dans les écoles de la province;
  • imposer par la loi aux partis politiques de produire des estimations des coûts de leurs promesses électorales;
  • déplacer la date des élections du quatrième lundi de septembre au troisième lundi d’octobre, ce qui éviterait aux nouveaux étudiants d’être exclus en raison de la règle qui stipule que les gens doivent habiter dans la province pendant au moins 40 jours avant de pouvoir voter.

Les recommandations du droit de vote à 16 ans et de l'élimination des dons des syndicats et des entreprises réjouissent David Coon. Son parti avait présenté deux projets de loi sur ces points, qui n'ont pas été adoptés à l'Assemblée législative.

Avec les informations de CBC

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