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Mais qui était Crémazie?

Photo : J.E. Livernois

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La circonscription de Crémazie, à Montréal, est rebaptisée Maurice-Richard pour souligner la mémoire du légendaire joueur du Canadien. Cette décision aura-t-elle pour conséquence de reléguer aux oubliettes un pionnier de la littérature?

Un texte d’Alain Labelle

Certains avaient réclamé ce changement de nom au cours des derniers mois, puisque le « Rocket » a habité le quartier Ahuntsic, qui se trouve dans la circonscription. Même le maire Denis Coderre, grand amateur de sport, avait intercédé auprès du directeur général des élections pour ce nouveau nom, également défendu par la députée libérale de Crémazie, Marie Montpetit.

C'est d'ailleurs la première fois qu'une personnalité sportive donne son nom à une circonscription électorale au Québec.

Le poète Crémazie

Né à Québec le 16 avril 1827, Octave Crémazie fut d’abord poète, puis chef de file du romantisme au Québec et écrivain.

L’historien Jean-Charles Panneton explique qu’à partir du milieu du 19e siècle, on le présente comme le premier « poète national » du Québec avec la publication du poème « Le drapeau de Carillon » (1858) qui révèle une vision nostalgique de la Nouvelle-France, une nation française et catholique.

Sa participation au développement des lettres ne s’arrête pas à ses écrits, rappelle M. Panneton.

« La librairie de Québec qu’il tenait avec son frère fut très populaire durant les années 1840 à 1860, où de nombreux intellectuels qui venaient discuter dans l’arrière-boutique allaient créer un mouvement littéraire formalisé sous le nom d’École de Québec. »

— Une citation de  Jean-Charles Panneton, historien

En 1862, la librairie déclare faillite et Octave Crémazie préfère s’exiler en France pour éviter la justice. « Il s’était lourdement endetté et pour s’en sortir, il a forgé de faux documents financiers pour la survie de son commerce », explique M. Panneton.

Des malversations de sa part ont été mises au jour, et il a refusé d'affronter ses créanciers. Il est mort en France le 16 janvier 1879.

Ses ennuis judiciaires n’ont cependant pas entamé sa renommée. Plusieurs personnalités, dont l’abbé Henri-Raymond Casgrain, vont tout mettre en œuvre pour défendre son héritage et en faire un modèle pour la poésie romantique québécoise.

Un devoir de souvenir

L’historien Jean-Charles Panneton estime que la toponymie québécoise fait une juste place à ce pionnier de la littérature québécoise.

« Si on regarde la place qu’occupe Octave Crémazie dans l’ensemble du territoire, il y a d’abord une station de métro, il y a une place et un boulevard à Montréal, dit-il, et quand on regarde dans l’ensemble des villes à la grandeur du Québec, on trouve pas moins d’une quinzaine de rues, avenues ou boulevards qui portent le nom d’Octave Crémazie. »

« Ce n’est pas comme si on effaçait complètement son nom du Québec. »

— Une citation de  Jean-Charles Panneton, historien

« Maurice Richard est aussi un personnage important d’histoire au Québec et les hommages toponymiques restent peu nombreux », conclut l’historien.

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