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Mort sur un chantier de construction d'Ottawa : des accusations déposées

Mort d'Olivier Bruneau : des accusations sont déposées

Le ministère du Travail de l'Ontario a déposé des accusations contre deux entreprises et deux superviseurs, en lien avec la mort d'un jeune travailleur québécois de la construction, à Ottawa, l'année dernière. Olivier Bruneau, 24 ans, est mort écrasé après qu'un morceau de glace s'est détaché d'une paroi de l'excavation de neuf étages de profondeur où il travaillait.

Un texte de Brigitte Bureau

Les accusations surviennent près d’un an après cette mort tragique, le 23 mars dernier. L'accident s'est produit sur un chantier de construction situé au 505, rue Preston, à Ottawa.

Le ministère du Travail de l'Ontario a déposé des accusations contre le promoteur immobilier Claridge Homes; le sous-traitant et employeur d'Olivier, Bellai Frères Construction; et contre deux responsables du chantier, soit Michael Lwow, superviseur du site pour Claridge Homes, et Léo Simard, contremaître chez Bellai et patron d’Olivier Bruneau.

Selon des documents déposés en cour, dans tous les cas, les accusés font face aux deux chefs d'accusation similaires.

D’abord, ils sont accusés d'avoir omis de s'assurer que le mur de l'excavation était libre de roche ou de toute autre matière susceptible de glisser, de rouler ou de tomber sur un travailleur, ensuite, de ne pas avoir pris toutes les précautions raisonnables dans les circonstances pour protéger un travailleur des dangers de chute de glace.

Il s'agit d'accusations portées en vertu de la Loi sur la santé et la sécurité au travail.

L'amende maximale pour une entreprise reconnue coupable de telles infractions est de 500 000 $. Les personnes sont quant à elles passibles d'une amende maximale de 25 000 $ et d'une peine d'emprisonnement maximale de 12 mois.

Les accusés comparaîtront à la Cour des infractions provinciales le 30 mars.

La mort d'Olivier Bruneau fait aussi l'objet d'une enquête criminelle que la police d'Ottawa n'a pas terminée.

La police soutient avoir de la difficulté à rencontrer les personnes-clés de Clardige Homes dans cette affaire.

La famille réagit

« La famille est très satisfaite », a affirmé le père d'Olivier, Christian Bruneau, en entrevue avec Radio-Canada. « L'enquête durait depuis plusieurs mois et on commençait à être inquiets à savoir s'il y aurait finalement des accusations. On est donc très contents de ce côté-là », a-t-il ajouté.

Mais une question demeure entière pour M. Bruneau. Le 5 février 2016, un mois et demi avant la mort de son fils, un morceau de glace était tombé sur un autre ouvrier sur le même chantier. M. Bruneau se demande pourquoi l'inspecteur du ministère du Travail n'avait pas ordonné à ce moment-là la fermeture du site.

« Si le chantier avait été fermé ou les correctifs avaient été exigés, Olivier serait encore en vie aujourd'hui. C'est une chose que j'ai toujours dans ma tête », a-t-il lancé.

Nous avons posé la question au ministère du Travail de l'Ontario, qui refuse de commenter par crainte, dit-il, de compromettre l'intégrité des procédures en cours.

Par ailleurs, M. Bruneau trouve décevant que l'enquête criminelle du Service de police d'Ottawa ne soit toujours pas terminée. Il encourage les gens qui auraient de l'information à partager avec la police de le faire.

« Allez-y. Pas pour Olivier. Il y a rien qu'on peut faire pour Olivier. Faites-le pour vous ou pour vos collègues, parce que vous serez peut-être le prochain frappé mortellement », a-t-il dit.

Ottawa-Gatineau

Justice et faits divers