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La Plateforme agricole, un tremplin pour les jeunes agriculteurs de l'Outaouais

Innovation capitale : la Plate-forme agricole de L'Ange-Gardien

Pas facile de se lancer en agriculture quand sa famille n'est pas dans le métier. Pour pallier au problème, la Plateforme agricole de L'Ange-Gardien offre depuis huit ans aux jeunes fermiers de louer des terres certifiées biologiques.

L'organisme donne également accès à de la machinerie et de l'équipement, à un système d'irrigation et à des serres chauffées, entre autres.

« On a aussi des installations pour le rangement, la réfrigération, une salle de lavage », ajoute le coordonnateur Rudi Markgraf. « C'est vraiment un lieu où les jeunes peuvent lancer leur entreprise agricole. »

Sur la quarantaine d'acres de terre de qualité disponibles, environ 25 sont déjà loués.

François Biron fait partie de ceux qui ont fait le saut en culture maraîchère. Il a démarré en 2012 son entreprise, la Ferme Chapeau Melon, grâce à la Plateforme, sans avoir à verser une mise de fonds importante.

Tout est là. Sans la Plateforme, je ne pourrais pas être ici présentement. Dans ma tête, l'un ne va pas sans l'autre.

François Biron, copropriétaire, Ferme Chapeau Melon

« Ça m'a permis surtout de développer mon marché », ajoute-t-il, « mais avant toute chose, d'avoir des chiffres pour présenter aux banquiers pour qu'ils puissent me prêter l'argent pour acheter ma terre. »

L'argent, un enjeu pour les agriculteurs en herbe

En plus d'apprendre le métier, les jeunes agriculteurs doivent assurer la rentabilité de leur entreprise et maîtriser la mise en marché de leurs produits.

La Plate-forme agricole loue des parcelles de terre aux jeunes agriculteurs.Rudi Markgraf, coordonnateur de la Plate-forme agricole de L'Ange-Gardien Photo : Radio-Canada

Le Centre de recherche et de développement technologique agricole de l'Outaouais (CRÉDÉTAO), où travaille M. Markgraf, a d'ailleurs développé un projet d'incubateur d'entreprises.

« Les jeunes sont invités à faire leur plan d'affaires. C'est incroyablement important », souligne M. Markgraf. « . Ça prend un logo, un nom de ferme. Il faut savoir qui sont les intervenants qui peuvent les aider, au MAPAQ, à la Financière agricole. »

C'est bien de faire un acre de carottes, mais il faut les vendre les carottes

Rudi Markgraf, coordonnateur, Plate-forme agricole de L'Ange-Gardien

« L'agriculture, ça ne se passe pas dans les livres. Ça se passe sur le terrain », soutient François Biron. « Il y a plein d'expérience à acquérir et les rendements, c'est un aspect crucial de la rentabilité en agriculture. C'est une belle place pour faire ses classes. »

Montage photo : un gros plan de François Biron, un employé recouvre d'une bâche le kale dans une serre et des melons viennent à maturité dans la serre.François Biron, copropriétaire de la Ferme Chapeau Melon Photo : Radio-Canada

Dans cette perspective, la Ferme Chapeau Melon a misé sur quatre produits hors-saison pour se démarquer, soit les melons, l'ail, la patate douce et la « verdurette de serre » (dont du kale, des épinards, de la roquette et des bettes à carde).

« C'est comme ça qu'on va développer l'entreprise dans les prochaines années », soutient M. Biron.

Une formule qui trouve preneurs

En huit ans, la Plateforme agricole a accueilli au moins une trentaine d'entreprises. Sept d'entre elles détiennent maintenant leur propre ferme.

« C'est ça le but de la Plateforme », précise M. Markgraf, « accueillir la relève et lui donner cinq ans pour bâtir le chiffre d'affaires, les connaissances en agriculture, sans trop s'endetter. Et ensuite, que les jeunes s'achètent une ferme »

Porté par la demande, l'organisme a d'autres projets d'expansion. « Dans cinq ans, je vois plus d'investissement en infrastructures pour mieux servir les agriculteurs », illustre Rudi Markgraf.

Ottawa-Gatineau

Économie