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Jeff Sessions se récuse de toute enquête relative à la campagne électorale

Le ministre de la Justice des États-Unis, Jeff Sessions

Photo : Associated Press / Susan Walsh

Radio-Canada

Le ministre de la Justice des États-Unis Jeff Sessions a annoncé qu'il se récuse de toute enquête présente ou future relative à la campagne électorale. M. Sessions se retrouve dans la tourmente à la suite de révélations qui lui attribuent deux rencontres avec l'ambassadeur russe au cours de la dernière campagne présidentielle américaine, alors qu'il avait prétendu le contraire sous serment.

En conférence de presse, jeudi, Jeff Sessions a répété qu'il n'avait rien à se reprocher sur son audition devant le Sénat. Il a indiqué que s'il n'a pas parlé des rencontres avec l'ambassadeur russe, c'est parce qu'elles ont eu lieu dans le cadre de son mandat de sénateur et non pas d'aide à la campagne présidentielle de Donald Trump.

Le département de la Justice a confirmé les deux entretiens de M. Sessions avec l’ambassadeur russe, alors que M. Sessions a prétendu ne pas avoir « eu de contacts avec les Russes » lors de son audition.

Le département de la Justice a précisé que les deux entretiens avaient eu lieu l’an dernier lorsque M. Sessions était sénateur.

L’une des rencontres a été faite à titre de membre du comité du Sénat sur les forces armées et l'autre avait consisté en une discussion de groupe avec d’autres ambassadeurs, en marge d’un discours du groupe conservateur de réflexion « The Heritage Foundation ».

Avant la conférence de presse de M. Sessions, le président Donald Trump a dit à un journaliste qu'il avait une confiance « totale » en lui, ajoutant qu'il « n'était pas au courant » des contacts entre le ministre de la Justice et le diplomate russe. M. Trump était en visite à bord du porte-avions Gerald R. Ford, stationné en Virginie.

Dans un communiqué, Donald Trump a par la suite estimé que Jeff Sessions aurait pu être plus précis dans ses réponses au Sénat, tout en accusant les démocrates d'exagérer la situation.

Jeff Sessions est un honnête homme. Il n'a rien dit de mal. Il aurait pu formuler sa réponse plus précisément, mais ce n'était clairement pas intentionnel. C'est une vraie chasse aux sorcières!

Donald Trump

Le leader démocrate au Sénat, Chuck Shumer, et la chef démocrate à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, ont tous deux réclamé la démission du procureur général Jeff Sessions.

« Le département de la Justice doit être au-dessus de tout reproche, a indiqué M. Schumer. Pour le bien du pays, le ministre [Jeff] Sessions doit démissionner. »

Le fait que le ministre de la Justice, le chef de la police dans notre pays, a menti sous serment au peuple américain est un motif de démission.

Nancy Pelosi, chef démocrate

« Les révélations dont nous avons eu connaissance [mercredi] soir sont extrêmement troublantes et posent encore plus de questions sur les contacts entre le président et ses associés avec la Russie », a ajouté M. Schumer.

Le sénateur de New York demande également la nomination d'un « procureur spécial impartial » afin de mener une enquête sur les liens controversés entre l’administration Trump et la Russie de Vladimir Poutine.

Du côté républicain, plusieurs voix se sont élevées pour demander à M. Sessions de se récuser de toute enquête traitant des liens allégués entre les Russes et la campagne présidentielle de M. Trump. « Quelqu’un d’autre que Jeff doit s’en charger », a déclaré le sénateur républicain de la Caroline du Sud Lindsey Graham.

De son côté, le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan, a déclaré: « nous n'avons vu aucune preuve impliquant aucun membre de l'équipe Trump » dans les interférences russes.

La Russie plaide l'ignorance

De son côté, le Kremlin prétend ne pas être au courant des contacts de son ambassadeur aux États-Unis avec le ministre de la Justice du pays. « Je ne suis pas au courant d'éventuelles rencontres, je ne sais pas si elles ont eu lieu et, si oui, quel était leur contenu », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

« C'est le travail de l'ambassadeur d'avoir le plus de rencontres possible, y compris avec des représentants du pouvoir exécutif et législatif du pays » où il est affecté, a toutefois précisé M. Peskov.

De son côté, l'ambassade de Russie aux États-Unis a indiqué « ne pas commenter ses contacts nombreux avec des partenaires locaux, effectués quotidiennement selon la pratique diplomatique », dans une déclaration.

L’histoire de M. Sessions n’est pas sans rappeler celle du conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, Michael Flynn, qui a dû démissionner le mois dernier à la suite de révélations sur des conversations avec le même ambassadeur russe à Washington. M. Flynn avait également tenté de dissimuler ses contacts avec l’ambassadeur au vice-président Mike Pence.

Des documents à conserver

Les avocats de la Maison-Blanche ont demandé aux proches du président Donald Trump de préserver les documents qui pourraient être éventuellement reliés à une intervention russe dans l'élection présidentielle.

Les directives ont été envoyées au personnel de la Maison-Blanche mardi.

Le comité sénatorial du renseignement, qui enquête sur le rôle de la Russie dans l'élection présidentielle de 2016, a également demandé à plus d'une douzaine d'organisations, d'agences et de particuliers de conserver des documents pertinents.

Le président Trump a été inondé de questions sur les liens de ses conseillers avec la Russie depuis la campagne présidentielle.

Des enquêteurs fédéraux examinent de possibles contacts établis entre des conseillers du président et la Russie pendant que des comités du Congrès enquêtent sur le rôle de la Russie dans des actes de piratage, notamment contre le Parti démocrate durant la campagne présidentielle.

Le leader démocrate au Sénat Chuck Schumer avait soutenu la semaine dernière qu'il y avait « une véritable crainte » que certaines personnes dans l'administration Trump « cherchent à dissimuler ses liens avec la Russie en éliminant des courriels, des messages textes ou d'autres éléments qui pourraient mettre en lumière ces relations ».

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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