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La guérilla des FARC en Colombie entame son désarmement

Des combattants des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).

Des combattants des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).

Photo : Reuters / John Vizcaino

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), principale guérilla du pays, ont commencé mercredi leur désarmement. Il s'agit d'une étape essentielle avant leur retour à la vie civile, dans le cadre de l'accord de paix qui met fin au plus vieux conflit d'Amérique latine.

Le président colombien et prix Nobel de la paix, Juan Manuel Santos, qualifie cette journée d'« historique » pour la paix.

Les FARC disent adieu aux armes pour remplacer la violence par la réconciliation. La paix avance.

Une citation de : Message de Juan Manuel Santos, président de la Colombie, sur Twitter

Le leader des FARC, Rodrigo Londoño a aussi souligné cette étape sur Twitter. C'est « la condition nécessaire pour parvenir à la paix » a-t-il dit. Il ajoute que la guérilla y participe « avec enthousiasme ».

L'accord de paix, signé le 24 novembre après quatre ans de négociations, prévoyait que les combattants des FARC devaient déposer leurs armes progressivement dans un délai de 180 jours, à partir du 1er décembre. Le processus de désarmement, supervisé par les Nations unies, doit être terminé le 29 mai prochain.

La plus ancienne et importante guérilla de Colombie, issue d'une insurrection paysanne datant de 1964, compte encore près de 7000 combattants.

Du retard dans le processus de désarmement

Mercredi, les guérilleros auraient dû remettre 30 % de leur arsenal, d'après le calendrier établi dans l'accord de paix. Néanmoins, des problèmes logistiques pour rassembler les membres des FARC ont retardé le processus. La date-butoir définitive est toutefois maintenue.

Les combattants ont terminé de se rassembler le 18 février, plutôt qu'en décembre comme ce qui était prévu initialement. Ils doivent se démobiliser dans 26 zones du pays, puis préparer leur retour à la vie civile, sous la supervision de l'ONU.

Les FARC et les Nations unies vont s'entendre sur une nouvelle date pour la remise de 30 % des armes et le dépôt progressif de l'armement restant.

Dans l'une de ces zones, à San José de Oriente, dans le nord, Emiro Suarez va devoir se séparer de son AK47 tout neuf, qu'il a depuis seulement quatre mois. L'homme de 40 ans fait partie des FARC depuis 17 ans.

Après tant d'années à porter une arme, l'abandonner donne un peu une sensation d'insécurité. L'arme, c'est comme [...] une assurance vie.

Une citation de : Emiro Suarez, membre des FARC

« Mais en même temps nous pouvons compter sur ce processus de paix, sur cette autre arme qui elle aussi est puissante : la parole. Nous sommes en train de créer une nouvelle force, une force politique », ajoute-t-il.

L'accord de paix prévoit la transformation de la plus importante guérilla du pays en parti politique.

Maritza Gonzalez, indigène wayuu de 54 ans et guérilléra depuis ses 14 ans, se dit pleine d'espoir.

J'abandonne le fusil pour le balai. Pourvu que tout cela se transforme en paix.

Une citation de : Maritza Gonzalez, membre des FARC

Gestion de l'armement

L'ONU explique que le désarmement débutera par l'inventaire de « toutes les armes présentes dans les campements des FARC des 26 zones ».

Par la suite, elle procédera au « stockage graduel » de cet arsenal et à la « destruction de l'armement instable comme les munitions, les mines et les explosifs ».

Au total, 450 observateurs internationaux participent à cette mission.

En Colombie, le processus de paix met fin à un conflit armé qui a duré plus d'un demi-siècle. Il a impliqué une trentaine de guérillas, des paramilitaires et les forces de l'ordre, faisant au moins 260 000 morts, plus de 60 000 disparus et 6,9 millions de déplacés.

Le gouvernement colombien a entamé des pourparlers de paix avec l'Armée de libération nationale (ELN), la dernière rébellion active dans le pays, afin de parvenir à une paix complète.

Le processus de paix est toutefois menacé par de récents attentats revendiqués par ce groupe.

Avec les informations de Agence France-Presse

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