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Le festival des films LGBT afro-caribéens de Montréal se réjouit du succès de Moonlight

Le film « Moonlight », de Barry Jenkins

Le film « Moonlight », de Barry Jenkins

Photo : AP / David Bornfriend/A24

Radio-Canada

Hasard du calendrier, le festival Massimadi se déroule à Montréal au moment où le film de Barry Jenkins triomphe aux Oscars. Moonlight raconte l'histoire d'un jeune Noir confronté à l'homophobie de sa propre communauté, à Miami. Pour Laurent Lafontant, coordonnateur général d'Arc-en-ciel d'Afrique, l'organisme derrière l'événement québécois, l'exemple de Moonlight pourrait encourager d'autres artistes à aller dans cette voie.

Un texte d'Antoine Aubert

« S’ils voient qu’il existe désormais des salles de cinéma où sont montrées de telles œuvres, et qu'il n'y a plus seulement des festivals pour les projeter, alors oui, les gens vont tourner davantage de films comme celui-ci », explique-t-il en entrevue téléphonique à Radio-Canada.

Il se montre toutefois prudent :

Moonlight est le premier film LGBT noir à avoir été programmé dans les salles québécoises. C’est un cas exceptionnel, et en plus, le film est fait avec un petit budget.

Laurent Lafontant

Lauréat de trois Oscars dimanche (meilleur acteur de soutien, meilleur scénario adapté et, surtout, meilleur film), le long métrage avait depuis longtemps tapé dans l’œil de l’équipe de Massimadi, qui aurait bien voulu l'inclure dans sa programmation. Le grand succès du long métrage en a décidé autrement. « Les producteurs n'avaient pas d'intérêt à ce que le film soit chez nous », explique Laurent Lafontant.

Ce dernier rappelle que d’autres œuvres du même genre ont déjà existé, mais n’ont pas eu, elles, la chance d’être programmées dans de nombreuses salles de cinéma. L'organisateur québécois cite Blackbird, réalisé par l’Américain Patrik-Ian Polk, ou Stories of Our Lives, du Kenyan Jim Chuchu, qui faisait partie de la sélection du TIFF de Toronto en 2014. Les deux longs métrages avaient été programmés au cours des années précédentes au Massimadi.

 

Mission impossible au Québec?

Le destin doré de Moonlight pourrait toutefois ne pas suffire pour multiplier les vocations au sein de la communauté noire LGBT québécoise, à l’image de ce qu'on peut observer dans les programmations de Massimadi, où « les productions locales sont très rares ». Parmi les raisons expliquant ce processus créatif endormi, Laurent Lafontant cite « le militantisme moins fort au Québec que dans la communauté anglophone », qui s'inspire pour sa part de ce qu'elle voit aux États-Unis.

Autre cause : « L’homosexualité reste très taboue dans la communauté noire québécoise. » Le festival a vu le jour en 2009 pour lutter contre ce problème en montrant les réalités des LGBT noirs, créant par la même occasion des modèles auxquels s'identifier. Alors qu’il se résumait au début à des projections dans quelques salles universitaires, Massimadi (dont le nom vient de la contraction de deux insultes homophobes en créole) a pris de l’ampleur. Il fait désormais partie des événements du Mois de l'histoire des Noirs.

Pour ce neuvième festival, les organisateurs ont voulu mettre la lumière sur le voguing, danse urbaine popularisée dans les années 60 par des New-Yorkais et qui a participé à la constitution d’une communauté gaie noire dans la ville américaine.

C'est encore la danse qui sera à l'honneur pour le film de clôture avec le documentaire Strike a Pose, l'histoire des sept danseurs qui ont accompagné, dans les années 90, Madonna lors de sa tournée mondiale Blond Ambition, et dont la chanteuse s'est servie pour combattre l'homophobie et la discrimination envers les malades du sida. La projection se déroulera samedi, à 18 h 30, à BAnQ Vieux-Montréal, en présence de l’un des danseurs, Jose Xtravaganza.

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