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Le crucifix sera remis en place à l'Hôpital du Saint-Sacrement

Le retrait du crucifix à l'Hôpital du Saint-Sacrement ne fait pas l'unanimité.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le CHU de Québec va remettre en place le crucifix dans le hall d'entrée de l'Hôpital du Saint-Sacrement, dont le retrait a provoqué un tollé de protestations.

Le crucifix avait été décroché la semaine dernière à la suite d’une plainte formulée par un patient. Le CHU a évoqué le principe de neutralité religieuse de l’État et le respect des droits des patients pour expliquer sa décision.

Dans un communiqué, la direction dit répondre à une « demande du ministère de la Santé et des Services sociaux », qui fait valoir le « respect de l'histoire de l'hôpital, du caractère patrimonial religieux ».

En entrevue au RDI, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a toutefois pris ses distances face à cette volte-face de l’Hôpital, qualifiant d'« irritant » qu’on l’attribue à son ministère.

« Ils [la direction du CHU de Québec] ont pris eux-mêmes la décision de revenir sur la première, qui pour moi n’était clairement pas la bonne décision », a commenté le ministre.

Gaétan Barrette affirme qu’un fonctionnaire a contacté le CHU de Québec, mais dit ne pas être intervenu personnellement.

« La chose que le ministère leur a rappelée est très simple : on a mis en place la loi 10, qui est une réforme qui vise à rapprocher les administrations de la population et on leur a rappelé que dans cet esprit-là, ils devraient écouter la population. »

Gaétan Barrette s’est dit « étonné » de ne pas avoir été consulté avant qu’on décide de retirer la fameuse croix de l’entrée de l’Hôpital, qui est situé juste en face de son bureau.

« On est en 2017, pas en 1917 », a mentionné le ministre Barrette en évoquant la révolution russe et la disparition des références historiques et patrimoniales à la religion.

Ce n’est pas demain matin au Québec qu’on va commencer à enlever le nom des hôpitaux, parce qu’ils s’appellent Saint-Sacrement, Saint-Joseph ou Saint-Georges

Gaétan Barrette, ministre de la Santé

Le premier ministre Philippe Couillard croit aussi que le retrait du signe religieux « n’était pas justifié ». « Être ouvert et tolérant, ça ne veut pas dire qu’il faut effacer notre patrimoine et notre histoire », a affirmé M. Couillard.

Le Diocèse de Québec se réjouit du retour du crucifix dans le hall de l’Hôpital du Saint-Sacrement. Le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec, salue ce revirement de situation.

« Cette sage décision, qui respecte le caractère patrimonial, historique et religieux de ce crucifix, exprime aussi notre reconnaissance collective envers les fondatrices de l’hôpital, les Soeurs de la Charité de Québec », dit-il dans une déclaration écrite.

Plus de 13 000 personnes ont signé une pétition pour exiger le retour du crucifix dans l’hôpital. Le CHU dit aussi avoir reçu près de 600 appels de citoyens mécontents de la décision. Un plaignant a aussi été arrêté en lien avec des menaces proférées contre un employé du CHU.

Le crucifix sera réinstallé à sa place initiale, soit entre les deux ascenseurs au rez-de-chaussée de l’établissement. Une note explicative sur le caractère historique et patrimonial du signe religieux sera également ajoutée. Une note temporaire sera d'abord installée et elle sera remplacée par une plaque d'interprétation dans les prochains mois.

Le CHU de Québec doit remettre la croix en place en fin de journée, lorsque l'achalandage sera moins important dans l'hôpital.

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