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Convoqué par la justice, François Fillon maintient sa candidature

Le candidat du parti Les Républicains, François Fillon

Le candidat du parti Les Républicains, François Fillon

Photo : Reuters / Francois Mori

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

« Je ne céderai pas, je ne me rendrai pas, je ne me retirerai pas, j'irai jusqu'au bout », a déclaré le candidat de la droite à l'élection présidentielle, François Fillon, en annonçant son inculpation par la justice française.

Empêtré dans le « Penelope Gate » – le scandale des emplois fictifs présumés qu’aurait occupés sa femme, Penelope, au sein de l’administration française –, François Fillon refuse de rendre les armes. Il s’en remet désormais aux électeurs. « Seul le suffrage universel, et non pas une procédure menée à charge, peut décider qui sera le prochain président de la République », a-t-il lancé mercredi.

Je serai au rendez-vous que la démocratie nous donne.

Une citation de : François Fillon, candidat de la droite à l'élection présidentielle française

M. Fillon déplore les fuites dans les médias des détails entourant l’enquête qui le vise. Il affirme que le choix du 15 mars pour son inculpation, deux jours avant le dépôt des 500 signatures servant à officialiser les candidats, constitue une tentative d’« assassinat politique ».

« Depuis le début, je n'ai pas été traité comme un justiciable comme les autres », s'est-il plaint.

« L'État de droit a été systématiquement violé » et « la présomption d'innocence a complètement disparu », a-t-il dénoncé.

Ce n'est pas moi seulement qu'on assassine, c'est l'élection présidentielle.

Une citation de : François Fillon, candidat de la droite à l'élection présidentielle française

Le candidat de la droite estime que c’est tout un pan de l’électorat français qui est visé par cette procédure judiciaire. « Ce n’est pas de moi dont il s’agit, mais de vous », a-t-il ajouté.

Le président français, François Hollande, lui a donné la réplique dans un communiqué dans lequel il souligne qu'une candidature à la présidentielle ne l'autorisait pas « à jeter la suspicion sur le travail des policiers et des juges ». Une critique reprise par plusieurs autres candidats.

Les rumeurs du désistement de M. Fillon s’étaient mises à circuler en raison de son absence du Salon de l’agriculture de Paris, un événement habituellement couru par les politiciens. Cette absence a même semblé prendre son équipe de campagne par surprise en matinée, puisqu'elle était présente à l’événement.

Défections en série

Après avoir annoncé le 26 janvier sur TF1 qu'il renoncerait à la présidentielle s'il était mis en examen, le candidat de la droite avait dit le 16 février au quotidien Le Figaro qu'il s'en remettait « désormais au seul jugement du suffrage universel ».

Invoquant « le respect de la parole donnée », le conseiller aux affaires internationales et européennes de M. Fillon, Bruno Le Maire, a remis sa démission après l'annonce de mercredi. Il estime que le candidat de la droite aurait dû renoncer à la présidentielle.

L’Union des démocrates et indépendants (UDI), parti de centre-droit français UDI, a également annoncé qu'il suspend sa participation à la campagne présidentielle de François Fillon, en attendant que son bureau exécutif ne prenne une décision définitive la semaine prochaine.

Deux membres du parti Les républicains associés à l'ex-président Nicolas Sarkozy ont également lâché M. Fillon, pourtant issu des rangs de leur parti. Catherine Vautrin, vice-présidente de l'Assemblée nationale a estimé dans le journal L'Union qu'« il est grand temps que nous puissions avoir un autre candidat », tandis que le député Pierre Lellouche a demandé le retrait de M. Fillon et la saisine du Conseil constitutionnel en vue du report de la présidentielle.

Mise en examen

L'enquête judiciaire visant M. Fillon a été instituée dans la foulée d’un article paru dans le Canard enchaîné faisant état des emplois fictifs qu’aurait occupés la femme de M. Fillion, qui aurait empoché près d’un million d’euros au cours des 15 dernières années à titre de collaboratrice parlementaire. Deux des enfants du couple auraient également occupé des emplois fictifs, selon le journal.

Penelope Fillon sera convoquée par la justice française. La date de sa convocation demeure toutefois inconnue pour le moment. Le site d'informations Mediapart avait rapporté que Mme Fillon avait été placée en garde à vue, avant de rectifier cette information.

L'ex-premier ministre, qui s'est toujours présenté comme le candidat de la probité, soutient depuis le début que ses proches ont effectué le travail pour lequel ils ont été embauchés et que leurs services ont été retenus pour leurs compétences, non pas pour leur lien de parenté.

Je ne reconnais pas les faits. Je n'ai pas détourné d'argent public.

Une citation de : François Fillon, candidat de la droite à l'élection présidentielle française

Il a toute de même reconnu avoir commis une « erreur » morale au début du mois de février.

Malgré la campagne présidentielle, les juges peuvent convoquer le candidat et le mettre en examen même s'il jouit d'une immunité parlementaire, mais seulement sous réserve qu'il se présente à sa convocation. Or, M. Fillon a indiqué qu'il s'y présenterait.

Chute libre dans les sondages

Affaibli par deux mois de scandale, M. Fillon a du mal à relancer sa campagne, lui dont les apparitions publiques sont souvent accompagnées d’un concert de casseroles brandies par des militants de gauche.

Initialement perçu comme grand favori en prévision de l’élection présidentielle, il arrive désormais au troisième rang des intentions de vote, derrière la candidate d’extrême droite, Marine Le Pen, et Emmanuel Macron, candidat d'« En Marche! ».

M. Macron a d'ailleurs indiqué que le suffrage universel ne saurait constituer « une absolution » pour M. Fillon. « Je ne suis pas favorable à une trêve parce que je suis pour la tolérance zéro, mais pour tout le monde », a dit Emmanuel Macron. « On ne peut pas être favorable à la tolérance zéro simplement quand elle concerne les autres. »

L'ancien ministre de l'Économie a également accusé François Fillon de perdre « ses nerfs » lorsque ce dernier a évoqué ce week-end une « quasi-guerre civile » pour parler du climat politique français.

M. Macron est donné favori dans un sondage IFOP paru mercredi, qui lui accorde 62 % des voix dans un éventuel second tour contre la candidate de l'extrême droite Marine Le Pen.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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