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De jeunes Autochtones du Labrador envoyés à des centaines de kilomètres de chez eux

Vue aérienne de la ville de Nain au Labrador

La communauté inuite de Nain, au Labrador, compte environ 1400 résidents. Une trentaine d'enfants de cette petite communauté ont été confiés à des familles d'accueil à Terre-Neuve.

Photo : Radio-Canada / Terry Roberts

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Chaque année, des enfants du Labrador, la majorité de jeunes Autochtones, sont retirés de leur entourage par la province et sont confiés à une famille d'accueil à des centaines de kilomètres de chez eux, à Terre-Neuve.

Plus de 30% des enfants pris en charge par une famille d'accueil dans la province viennent du Labrador. Selon les plus récentes données disponibles, soit celles de 2016, cela représente 310 enfants, même si le Labrador compte seulement 6 % de la population de la province.

Ces chiffres ne sont qu'un exemple d'un problème qui s'étend à l'échelle du pays. Les enfants autochtones sont surreprésentés dans le système de protection de l'enfance.

Environ un tiers des enfants retirés de la garde de leurs parents au Labrador sont placés dans des familles d'accueil à Terre-Neuve, dans des communautés blanches.

Dans la plupart des cas, ces enfants sont envoyés dans les communautés voisines de Roddickton et d'Englee à Terre-Neuve. Ce sont des villages d'environ 2000 personnes.

Selon les plus récents chiffres du gouvernement compilés en décembre, 45 familles d'accueil s'occupent de 55 enfants dans ces deux communautés. L'âge moyen des enfants est de 8 ans.

« Nous observons des résultats encourageants », affirme la ministre des Services à l'enfance, des Aînés et du Développement social de Terre-Neuve-et-Labrador, Sherry Gambin-Walsh.

Selon elle, il y a de nombreux bénéfices à regrouper ces enfants dans la même région afin qu'ils puissent grandir ensemble.

Une maison en piteux état à NainAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Plusieurs maisons de Nain, au Labrador, nécessitent des réparations majeures, comme celle-ci.

Photo : Radio-Canada / Bruce Tilley

Taux de chômage élevé et crise du logement

Plusieurs parents du Labrador perdent la garde de leurs enfants en raison de problèmes de consommation d'alcool. La majorité d'entre eux font des efforts pour régler leur problème de consommation afin de s'occuper de leurs enfants de nouveau. Il s'agit d'un combat souvent long et difficile.

La ministre explique que les enfants sont retirés des familles en raison des problèmes sociaux et démographiques avec lesquels plusieurs communautés du Labrador sont aux prises.

Un taux de chômage estimé à environ 30 % par les leaders des communautés contribue au cycle de la pauvreté et aux problèmes sociaux, comme l'abus d'alcool, la négligence des parents face à leurs enfants et à la violence.

La ministre Sherry Gambin-Walsh pointe par ailleurs la crise du logement comme raison pour laquelle les jeunes sont envoyés aussi loin.

Sherry Gambin-WalshAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La ministre des Services à l'enfance, des Aînés et du Développement social de Terre-Neuve-et-Labrador, Sherry Gambin-Walsh, croit qu'il y a des bénéfices à regrouper les enfants autochtones confiés à des familles d'accueil dans la même région.

Photo : Radio-Canada / Sherry Vivian

Par exemple, environ 40 % des résidences de la communauté inuite de Nain sont occupées par plus d'une famille à la fois, indique un de ses résidents et membre du gouvernement du Nunatsiavut, Richard Pamak.

Sans compter que plusieurs maisons nécessitent des réparations majeures.

Selon lui, environ 30 enfants de la communauté sont actuellement placés dans une famille d'accueil à l'extérieur du Labrador. Dans une communauté de 1400 personnes, ça représente plusieurs familles dont les vies ont été bousculées, dit-il.

Danger pour la culture et la langue

Des efforts sont faits pour tenter de garder les enfants dans leur communauté, mais il s'agit d'un gros défi, selon Richard Pamak.

Le leader jette une partie du blâme sur la province. Elle devrait, selon lui, aider davantage les familles à risque puisque la protection de l'enfance est sa responsabilité.

Richard Pamak dans une rue à NainAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le résident de Nain et membre du gouvernement du Nunatsiavut, Richard Pamak, voudrait que sa communauté ait plus de pouvoir à l'endroit des services de protection à l'enfance.

Photo : Radio-Canada / Bruce Tilley

Il croit qu'un jour le gouvernement du Nunatsiavut prendra les services de protection à l'enfance en charge.

Certains comparent cette situation à celle des pensionnats autochtones. Ils craignent que les jeunes autochtones perdent leur culture et leur langue.

Les points de vue diffèrent toutefois à l'intérieur même de la communauté. Un leader de la communauté inuit qui préfère garder l'anonymat est d'avis que la protection de la culture ne doit pas être une priorité s'il y a un problème d'alcool, d'abus de drogue ou de violence.

Avec les informations de CBC

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