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Taxe carbone et réfugiés au coeur du débat des conservateurs

Les explications de Raphaël Bouvier-Auclair

Treize des quatorze aspirants chefs du Parti conservateur du Canada ont débattu mardi soir à Edmonton, en Alberta, en l'absence de Kevin O'Leary. L'homme d'affaires et vedette de la télévision tenait au même moment un rassemblement partisan.

Deux thèmes étaient à l'ordre du jour : la criminalité et la sécurité d'une part, et la gestion et l'avenir du parti d'autre part. La taxe sur le carbone a aussi alimenté les discussions lors de ce débat bilingue.

Les candidats se sont aussi exprimés sur l'afflux de réfugiés au Canada. Certains croient qu'il faut renforcer la sécurité à la frontière avec les États-Unis, d'autres, comme Kellie Leitch, affirment qu'il faut les renvoyer aux États-Unis.

Maxime Bernier, Steven Blaney, Andrew Saxton et Pierre Lemieux ajoutent que l’entente avec les États-Unis sur les tiers pays sûrs doit être renégociée. Selon cette entente, les personnes ayant déjà demandé l'asile aux États-Unis ne peuvent présenter une autre demande au Canada si elles se présentent à un poste frontalier officiel. C'est pourquoi certains décident de traverser la frontière illégalement pour entrer au Canada.

Par ailleurs, les candidats s’entendent sur le fait que le Canada doit respecter son engagement financier en tant que membre de l’OTAN, et consacrer 2 % de son produit intérieur brut aux dépenses militaires.

Taxe sur le carbone

La question de la sécurité a été éclipsée par des échanges sur la taxe sur le carbone, dans une province où les enjeux énergétiques et environnementaux sont sensibles. Un seul candidat, Michael Chong, s’est montré favorable à l’imposition de cette taxe.

C'est la façon la plus économique de réduire les émissions [de gaz à effet de serre]. Toute autre approche mène à plus de bureaucratie, plus de programmes et de subventions, et de règlements verts.

Michael Chong, candidat à la direction du Parti conservateur du Canada

Steven Blaney et Andrew Scheer ont ridiculisé leur adversaire.

Je n'ai jamais vu une taxe qui ne coûte rien. C'est comme le père Noël et la fée des dents.

Andrew Scheer, candidat à la direction du Parti conservateur du Canada

Une taxe, c'est une taxe.

Steven Blaney, candidat à la direction du Parti conservateur du Canada

Se démarquer de ses adversaires

L'ex-ministre Lisa Raitt a plaidé qu'elle comprenait les défis auxquels sont confrontés tous les Canadiens, tandis que la députée et ex-ministre Kellie Leitch a une fois de plus parlé de sa proposition de filtrer les immigrants selon leur adhésion aux valeurs canadiennes.

L'homme d'affaires Rick Peterson, établi à Vancouver, a montré son appartenance à sa province d'origine en arrivant sur scène avec un chandail des Oilers d'Edmonton, l'une des équipes de hockey de l'Alberta.

Les questions ont été posées en français et en anglais, mais peu de candidats ont répondu dans les deux langues.

Steven Blaney, Rick Peterson, Deepak Obhrai, Erin O’Toole, Andrew Scheer, Chris Alexander et Pierre Lemieux ont adressé quelques mots en français au public lors de leur présentation.

Andrew Scheer et Pierre Lemieux ont souligné l'importance que le chef soit bilingue.

Les 13 aspirants chefs ont aussi mentionné, dans leur discours d'ouverture, l'importance d'aider les familles, de protéger les valeurs des Canadiens et de soutenir la filière pétrolière de l'Alberta qui a été durement éprouvée par la chute des prix du pétrole.

L'étoffe d'un chef

Les candidats ont dû aussi expliquer comment ils comptaient diriger la formation politique et recruter de nouveaux membres.

Ils conviennent de la nécessité d'élargir la base du parti et d'attirer les jeunes. Andrew Saxton propose de miser sur les réseaux sociaux pour y arriver.

Lisa Raitt suggère à ses adversaires de conclure des alliances afin de réduire de moitié le nombre de candidats dans cette course. Elle soutient que cela permettra aux membres de choisir le meilleur représentant en vue de l'élection de 2019.

Les aspirants chefs ont aussi critiqué l'absence de Kevin O’Leary à ce débat, où il était question de l'avenir du parti.

O’Leary fait cavalier seul

Kevin O’Leary n'a pas participé au débat parce qu’il n’aimait pas la formule retenue. Il a plutôt tenu une séance de questions-réponses avec des membres du parti à deux pas du théâtre Maclab, où avait lieu l'échange entre ses adversaires.

Le candidat estime qu’il est inefficace de contraindre chacun des 14 candidats à se parler côte à côte sur une scène pour répondre à tour de rôle aux mêmes questions. Il a d'ailleurs annoncé qu'il sera absent du prochain débat organisé par le parti si la formule ne change pas.

M. O’Leary s'expose à une amende de 10 000 $ pour son refus de se présenter à celui d'Edmonton, considéré comme obligatoire par la direction du Parti conservateur.

Les candidats conservateurs s'étaient déjà affrontés lors d'événements organisés par le parti, notamment à Québec, à Saskatoon et à Moncton, mais aussi à l'occasion de débats informels. Un cinquième et dernier débat doit être tenu à Toronto, mais la date n'est pas encore connue.

Le successeur de Stephen Harper sera élu le 27 mai.

Avec les informations de Raphaël Bouvier-Auclair

Politique