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Toujours un grand vide chez les opposants à Poutine depuis la mort de Nemtsov

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Les manifestants dans la rue avec des pancartes

Des manifestants soulignent le 26 février 2017 à Moscou le deuxième anniversaire de la mort de Boris Nemtsov.

Photo : Radio-Canada / Alex Sergeev

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Il y a exactement deux ans aujourd'hui, Boris Nemtsov, un des chefs de file de l'opposition russe, était assassiné. Cette mort laisse toujours un grand vide chez les opposants au régime Poutine, alors que les élections présidentielles de 2018 approchent à grands pas.

Un texte de Raymond Saint-Pierre

Un nouveau film fait salle comble à chaque représentation, dans une dizaine de villes de Russie. Son titre : L’homme qui était trop libre. Ce documentaire montre combien Boris Nemtsov était important dans la vie politique du pays.

La réalisatrice Vera Kritchevskaya voulait rétablir la vérité sur ce personnage unique. « Pendant 15 ans, les médias gouvernementaux ont incité à la haine contre lui. On l’a abaissé, on l’a systématiquement ridiculisé. »

L'affiche du filmAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'affiche du film sur la vie politique de Boris Nemtsov

Photo : Radio-Canada / Alex Sergeev

« Je pense que le rôle de Nemtsov pour unir l’opposition était crucial », explique Mikhail Fishman, le scénariste du film.

Il n’y a plus de personnage du genre dans les rangs de l’opposition […]. Une opposition qui a plein de problèmes maintenant. L’absence de Nemtsov vient compliquer encore plus la situation.

Mikhail Fishman

C’est un film sur la longue vie politique de Nemtsov, non pas sur sa mort. L’enquête sur son assassinat traîne en longueur. On a bien arrêté cinq Tchétchènes qui auraient organisé et perpétré le meurtre, mais on n’a jamais trouvé les commanditaires de l’attentat.

Une opposition fragmentée

Ilya Yashine et Raymond Saint-Pierre attablés dans un café de MoscouAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ilya Yashine (G), un ancien allié politique de Nemtsov, en compagnie de Raymond Saint-Pierre

Photo : Radio-Canada / Alex Sergeev

Entre-temps, l’opposition demeure divisée face au régime Poutine. « Ce qui est typique des élections en Russie, c’est que Poutine choisit lui-même son adversaire », observe Ilya Yashine. Nous avons rencontré cet ancien allié politique de Nemtsov dans un café de Moscou.

Le candidat qui critique Poutine, qui révèle la corruption, les fraudes, il [Poutine] le rejette, il essaie même de le mettre en prison.

Ilya Yashine

M. Yashine parle en fait d’Alexeï Navalny, qui participait, dimanche, à la manifestation marquant le deuxième anniversaire de la mort de Nemtsov.

Alexeï Navalny est embourbé depuis plusieurs années dans une série de procédures judiciaires. Un tribunal vient de reconnaître ce militant politique coupable de corruption, ce qui devrait l’empêcher de participer aux élections présidentielles de 2018. Cet avocat est un orateur hors pair et continue de se battre et plusieurs croient encore en lui.

Alexei Navalny parmi les manifestantsAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Alexei Navalny, un opposant au régime de Poutine, lors de la manifestation du 26 février 2017

Photo : Radio-Canada / Alex Sergeev

« Il peut être président parce qu’il est intelligent et courageux », nous crie une dame, qui est parvenue à se glisser aux côtés de Navalny, malgré un cordon de sécurité qui le serre de près.

Même si plusieurs partis d’opposition ont marché ensemble, bien des participants à cette manifestation, comme Natalia, croient que l’opposition n’arrivera pas à s’unir.

Depuis la mort de Nemtsov, les partis d’opposition se querellent, il ne se passe rien. On a l’impression que Poutine sera là pour toujours.

Natalia

Galina, une francophone, est un peu plus optimiste. « On commence tous à soutenir Navalny. C’est le signe du début du rassemblement. »

« Une Russie sans Poutine »

Navalny dit toujours être dans la course, malgré ses déboires devant les tribunaux. Samedi, il inaugurait un local de campagne dans la ville d’Ekaterinbourg. Il veut en ouvrir plusieurs dans tout le pays.

Devant autant d’adversité, pour les membres de l’opposition, ce serait facile de tout laisser tomber. Pour Ilya Yashine, comme pour bien d’autres, il n’en est pas question.

Surtout depuis l’assassinat de Nemtsov, je réalise que je n’ai pas le droit de m’en aller. Je veux que la Russie devienne un pays différent, où les citoyens ne sont pas là pour servir l’État, mais où l’État est au service des citoyens.

Ilya Yashine

Dans les rues de Moscou, ils étaient des milliers à honorer la mémoire de Boris Nemtsov et à réclamer à haute voix « une Russie sans Poutine ». Bien peu d’opposants peuvent cependant imaginer quand ce sera possible.

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