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Ça sent la coupe, un film sensible et tendre

Une scène du film « Ça sent la coupe »

Une scène du film « Ça sent la coupe »

Photo : Véro Boncompagni

Franco Nuovo
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Il faut, je crois, aimer un tant soit peu le hockey. Aimer le hockey comme un fou même, plus que tout peut-être. Pas forcément plus que sa blonde, mais pas loin, y tenir plus qu'à son couple. Faire souvent passer ce dernier après le Canadien, les matchs, les amis. Jouer au hockey bottine dans la ruelle avec ses « chums ». Rêver à une coupe Stanley dont on n'a pas vu, à part à la télévision, la couleur depuis 1993. À ce stade, on peut parler d'obsession.

Personnellement, disons que notre sport national me laisse plutôt froid depuis des années sauf, peut-être, les saisons où le Tricolore participe aux séries. Les saisons régulières, elles, m’ennuient.

Or, j’ai des amis, un ami particulièrement qui, lui, même s’il n’a plus la trentaine, ressemble aux personnages du film de Patrice Sauvé inspiré de Ça sent la coupe, le roman de Matthieu Simard. Ce copain dont je vous parle va au Centre Bell régulièrement, le plus souvent possible, crie, s’enthousiasme, s’emporte même à l’occasion et peut même planter sa blonde là et disparaître, furieux, quand le jeu ne fait pas son affaire. Un peu maniaque!

Ça sent la coupe, qui ouvrait mercredi les Rendez-vous du cinéma québécois et qui prenait l’affiche vendredi, est un peu un mélange de tout ça, soit l’histoire de quatre amis, partisans et admirateurs du Canadien, dont la vie, la vraie, celle avec l’engagement, les responsabilités et les exigences se déroule en arrière-plan. Le hockey devenant ainsi un personnage, voire le personnage central de ce joli récit.

 

Max (Louis-José Houde) a repris la boutique de colifichets et de cartes de hockey de son père depuis la mort accidentelle de ses parents. Il vit avec Julie (Émilie Bibeau), sa blonde depuis sept ans, et beaucoup avec ses amis de toujours qui viennent regarder toutes les parties chez lui, dans son salon. Sa sœur, qui s’est fait la malle après la disparition de leurs parents, refait surface sans crier gare. Un soir, en pleine remontée, devant tout le monde, Julie quitte Max subitement; un coup dur pour ce dernier.

Émilie Bibeau (Julie) dans « Ça sent la coupe »Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Émilie Bibeau (Julie) dans « Ça sent la coupe »

Photo : Véro Boncompagni

Ah, oui, j’allais oublier le Canadien! Personnage fort important, il dispute avec ardeur les matchs de la saison 2009-2010, saison où il s’est rendu en finale de l'Association de l’Est contre les Flyers de Philadelphie.

Bref, il y a le hockey, il y a l’amour perdu, il y a l’amitié, et un passage ardu à l’âge adulte. Le tout à peu près dans cet ordre.

On présente Ça sent la coupe comme une comédie dramatique. Peut-être. Une comédie où l'on ne rit pas à gorge déployée, presque romantique. Un petit film, dirais-je, modeste, sans grands effets cinématographiques, ponctué d’images d’archives tirées de cette fameuse saison 2009-2010. Des scènes de matchs qui quelquefois étirent la sauce, mais pas jusqu’à nous faire décrocher. Je dirais que c'est un film sensible et tendre qui s’appuie sur une histoire simple, presque intime. Un film où se croise assez habilement une action qui n’existe que sur la glace diffusée à la télévision et un quotidien qui pourrait être extrait d’un épisode de La vie, la vie. Il y a un parallèle. Outre la réalisation de Sauvé, on y aborde, comme dans la série, les jeunes adultes unis par les liens sacrés de l’amitié qui tentent de se dépatouiller dans une vie amoureuse pas toujours simple.

Bref, le ton est à peu près le même.

Bon, j’y arrive. Louis-José Houde? Comment se débrouille Louis-José Houde? Parce que l’air de rien, Ça sent la coupe, c’est lui. D’abord, il incarne le personnage de Max, cet introverti à la langue presque liée incapable de livrer ses émotions. Eh bien! Dirigé intelligemment, il se sort merveilleusement bien d’affaire. Même si l’humoriste refait surface à l’occasion, on oublie vite le Louis-José verbomoteur de la scène pour découvrir un acteur dont la seule présence à l’écran ne laisse aucun doute.

Julianne Côté (Nathalie) et Louis-José Houde (Max) dans « Ça sent la coupe »Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Julianne Côté (Nathalie) et Louis-José Houde (Max) dans « Ça sent la coupe »

Photo : Véro Boncompagni

Ce personnage parlant peu, ne s’aventurant jamais dans l’exubérance, joue de retenue. Cette directive venant probablement du réalisateur les a merveilleusement bien servis, lui et le film qu’il porte sur ses épaules.

Il ne s’agit pas de la première apparition de l’humoriste au grand écran. D’abord, on l’a vu dans Bon cop, bad cop et dans De père en flic où il tenait un des premiers rôles. Dans ce film, il partageait l'écran avec Michel Côté, mais restait, dans cette comédie pure et dure, un comique. Cette fois, c’est différent. Le comique provient davantage des situations. Quant au personnage de Max, il porte ses angoisses, ses déchirements, ses choix et le poids de ses maladresses, et l'on y croit.

Franco Nuovo anime l'émission Dessine-moi un dimanche à ICI Première les dimanches dès 6 h.

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