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Jérôme : le choix des armes, de Mireille Beaulieu

L'auteure Mireille Beaulieu

L'auteure Mireille Beaulieu

Photo : Élise Fournier

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Mireille Beaulieu est originaire de Rimouski et vit à Québec. Elle fait partie des 20 auteurs en lice pour le Prix de la nouvelle Radio-Canada 2017.

Mireille Beaulieu a fait ses études à l'Université de Montréal. Diplômée en histoire de l’art, elle travaille comme documentaliste au Département d’histoire de l’art de l’université avant de se réorienter en droit, cumulant vie de famille, études à temps plein et travail à temps partiel. Admise au Barreau, elle devient avocate pour la magistrature au Service de recherche de la Cour supérieure de la division d'appel de Québec. Elle travaille ensuite au privé, mais de fil en aiguille, elle se retire du droit pour se laisser prendre par la vie domestique et la folie des mots.

Les premières lignes de sa nouvelle

« Jérôme parle tout le temps parce qu’il n’a rien à dire. Rien à vous dire. Rien. Ou trop. C’est pareil. En vérité, il ne saurait pas par où commencer ni quand ça se terminerait. Il lui faudrait du temps et beaucoup plus que des mots. Des mots justes. Il lui faudrait tout déballer, tout détailler, tout expliquer. Le contexte et le sous-texte. Le sous-texte surtout.

Pour tout dire, il lui faudrait raconter l’irracontable, confier l’irrecevable… parler de « ça », parler de « ce vécu » mal vécu, subi… corrigé, vengé. Il lui faudrait parler de lui, y aller à fond, disséquer ses mottons plutôt que de les ravaler (ce qui monte et descend là, fiévreusement, voyez, ce n’est pas sa pomme d’Adam), décortiquer ses mottons ou mieux, les émietter, tapioca, et vous les servir dans une sauce onctueuse, une de celles que vous aimez à souhait, voire que vous respectez : pur divertissement. Vous aimez tant voir les clandestins se faire déculotter, que pour tout dire, il lui faudrait parler des autres aussi, de leurs combats à eux dans son histoire, question d’impartialité… ou de mea-culpa. Mais voilà, Jérôme ne se reconnaît plus. Il n’a pas le goût du mea-culpa. Il ne l’a plus. Il ne lui a jamais rien rapporté. Aucun pardon. Jamais. Perdus aussi le goût des efforts sans renfort, des efforts fatigants. Jérôme a dit adieu aux aveux candides. »

Ce qu’en pensent nos lecteurs


Ce texte est une invitation à la recherche du bien, à l'orientation de la vie en ce sens.
Sara Lazzaroni, lectrice 2017

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