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Un professeur de sciences de l'Ontario réfute l'accusation d’être « antivaccination »

Le professeur ontarien Timothy C. Sullivan est accusé de dire à ses élèves du secondaire qu'ils pourraient mourir des suites d'une vaccination

Le professeur Timothy C. Sullivan

Photo : Radio-Canada / Trevor Dunn/CBC

La Presse canadienne
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un professeur de sciences de l'Ontario accusé de dire à ses élèves du secondaire qu'ils pourraient mourir des suites d'une vaccination n'en était pas à ses premières déclarations antivaccin. C'est ce qui a été mis au jour durant une audience disciplinaire, mardi.

Une infirmière en santé publique qui est allée à l'école à Waterford, en Ontario, pour administrer des vaccins il y a près de deux ans, a confié à l'Ordre des enseignantes et des enseignants de l'Ontario qu'elle se sentait menacée par Timothy C. Sullivan, un enseignant qui a remis son travail en question à plusieurs reprises ce jour-là.

Angela Swick affirme que M. Sullivan l'a accusée de ne pas avoir tout dit aux élèves au sujet des injections. Elle dit aussi que M. Sullivan a tenté d'interférer avec son travail.

Le directeur de l'école, quant à lui, a reconnu que les parents et les étudiants s’étaient plaints des opinions de M. Sullivan par le passé, ajoutant que l'enseignant avait dit à ses élèves qu'il existe un lien entre les vaccins et l'autisme - une opinion dénoncée par la communauté scientifique.

L'école ne peut être nommée en raison d'une interdiction de publication protégeant l‘identité des étudiants.

Inconduite professionnelle

M. Sullivan est accusé d'inconduite professionnelle. Il aurait dit aux étudiants que les vaccins pourraient avoir des effets secondaires mortels. Il aurait été agressif envers l'infirmière lors de sa visite le 9 mars 2015. Il a été suspendu sans salaire pour une journée en avril 2015.

Il a nié les allégations et a déclaré mardi qu’il se demandait si les enfants pouvaient donner un consentement éclairé, mais qu’il ne contestait pas l’administration des vaccins.

« Je suis pour le consentement informé, je suis pro-science et j’encourage les gens à poser des questions », a-t-il dit.

Mme Swick, une infirmière de l'Unité de santé Haldimand-Norfolk, a déclaré que M. Sullivan aurait été agressif envers elle et ses collègues quand ils ont visité l'école. Elle a décrit plusieurs rencontres avec M. Sullivan. Elle a affirmé être « mal à l'aise » en sa présence.

L'enseignant est venu à la cafétéria alors qu'elle et ses collègues administraient quatre types de vaccins. Il a demandé des informations au sujet des médicaments administrés, a-t-elle dit.

« Il s'est retourné, puis est revenu vers moi et a jeté ses mains devant moi [sur le bureau]. Il a dit : "J'espère que vous informez ces étudiants que ces vaccins pourraient les tuer" », a affirmé Mme Swick durant l’examen.

Mme Swick dit qu'elle a immédiatement envoyé un message à son superviseur parce qu'elle craignait que M. Sullivan revienne à la charge plus tard dans la journée. Il est, effectivement, revenu à la charge, et « a demandé aux enfants s'ils savaient ce qui était dans le vaccin et a crié qu’ils ne devaient pas l’accepter. »

Mme Swick a dit qu'elle a alerté le directeur, et que celui-ci qui s’est rendu à la cafétéria en compagnie d’un autre professeur. Ceux-ci ont guetté la porte latérale pour s’assurer que M. Sullivan ne revienne plus.

La troisième rencontre était similaire, dit-elle.

« Nous nous sommes sentis vraiment intimidés et effrayés », a déclaré Mme Swick. « Nous allons à l'école pour rendre service, et nous sommes chanceux de pouvoir aller dans les écoles. Nous n’avions jamais eu une telle interaction par le passé. »

M. Sullivan, qui se représente lui-même, a questionné Mme Swick au sujet du consentement lors de son contre-interrogatoire. Il a demandé à l'infirmière si elle avait discuté des effets secondaires rares, mais potentiellement graves avec les enfants, ce à quoi Mme Swick a répondu qu'elle ne prévient pas les élèves des effets secondaires graves des vaccins dans le cadre de sa routine. Mais elle informera les élèves de certains effets secondaires si cela semble pertinent. Elle affirme qu’elle pose des questions de dépistage et que ce sont les réponses des élèves qui la guident.

« S'ils prennent des médicaments pour le coeur, alors nous discutons d'hypertension », a déclaré Mme Swick.

L'infirmière a dit qu'elle était inquiète à l’idée de retourner à la même école dans le cadre d’une autre séance de vaccination qui se tiendra la semaine prochaine, mais a souligné que d'autres membres du personnel y participeraient.

Brian Quistberg, le directeur de l'école au moment de l'incident, a déclaré que le comportement de M. Sullivan envers l'infirmière et ses collègues avait « clairement outrepassé les bornes ».

M. Quistberg a demandé à M. Sullivan de ne plus revenir après le premier incident. Malgré tout, M. Sullivan est revenu à la cafétéria, où se tenait la clinique de vaccination, à deux reprises.

M. Quistberg a ajouté que les infirmières avaient peur. « Elles ont été bouleversées, à tel point qu'elles s’inquiétaient qu'il en rajouterait », a déclaré le directeur.

M. Quistberg a également lu des notes d'étudiants et d'enseignants qui se plaignaient des enseignements de Sullivan au sujet des vaccins, qui, selon lui, étaient dangereux en raison de la quantité d'aluminium contenu dans les injections.

Après l’audience, M. Sullivan a déclaré aux journalistes qu'il continuerait de discuter de vaccins avec ses étudiants.

« Il serait irresponsable de parler seulement des avantages sans mentionner les effets secondaires », a-t-il dit.

L'audience devrait reprendre mercredi.

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