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Des clowns thérapeutiques pour stimuler les enfants autistes

Les clowns thérapeutiques en pleine action avec les enfants autistes de l'école Coeur-Vaillant-Campanile
Radio-Canada

Les enfants autistes qui fréquentent l'école Coeur-Vaillant-Campanile de Sainte-Foy, à Québec, reçoivent de la visite bien particulière depuis la mi-janvier : ils côtoient deux clowns thérapeutiques. Il s'agit d'un projet-pilote mené par la Fondation Jovia. Quelques semaines après le début des séances, les bienfaits se font sentir.

Un texte de Stéphanie Tremblay

Les clowns, nommés Dre Pois-Chiche et Dre Kiitch, interagissent avec les enfants autistes qui fréquentent l'école primaire de Québec. Les deux thérapeutes conservent toujours le même rituel pour entrer en contact avec les élèves de 6 à 12 ans, qui sont regroupés dans quatre classes spécialisées, qu'on appelle Les étoiles filantes.

Tout doucement, avec une chanson, le duo entre dans l'univers des enfants. Des histoires rocambolesques et des cabrioles improvisées se succèdent par la suite. Souvent, la magie opère. Les sourires et la bonne humeur sont au rendez-vous.

« C'est amusant! Ils sont drôles! », s'exclame le petit Alexandre du groupe de 1ère-2e année. « Ils me donnent [sic] heureux », s'exclame pour sa part William, émerveillé.

Mais parfois, certains enfants peuvent être réfractaires ou refusent tout simplement de participer aux ateliers avec les clowns. Cela fait partie de la réalité des enfants qui présentent un trouble du spectre de l'autisme (TSA), chez qui les changements de routine peuvent générer beaucoup d'anxiété.

Les clowns thérapeutiques et les enseignantes spécialisées en sont pleinement conscients et s'adaptent à cette réalité. « Il y a des élèves qui ne veulent pas participer parce que ça vient chercher quelque chose qu'ils ne comprennent pas vraiment, les émotions », relate l'enseignante Caroline Côté.

Projet-pilote

La Fondation Jovia mène son projet-pilote à l'école Coeur-Vaillant-Campanile depuis le 19 janvier dernier.

Le programme se déroule dans un seul autre établissement pour l'instant, le Centre Gold de Montréal. Au total, une quarantaine d'enfants reçoivent la visite du duo de clowns, à raison d'une demi-journée par semaine.

Tous les frais sont assumés par la Fondation Jovia. Les clowns ont reçu des formations spécifiques pour intervenir adéquatement auprès des enfants autistes.

La Fondation Jovia étend son expertise

Traditionnellement, les clowns thérapeutiques oeuvrent auprès des malades dans les hôpitaux et des personnes aînées dans les CHSLD. Or, la Fondation Jovia a décidé d'étendre son champ d'expertise aux enfants autistes.

L'idée a germé quand l'un des membres de la Fondation a visionné une vidéo mise en ligne par Catherine Kozminski, la maman d'une enfant autiste.

La mère y relate tous les bienfaits qu'ont eus les clowns thérapeutiques sur sa fille Maëlle, qui est atteinte d'une maladie rare, la Myasthénie grave. Maëlle est aussi autiste. La visite inopinée des clowns thérapeutiques, à maintes reprises à l'hôpital, a eu des effets positifs. Les clowns ont su insuffler un peu de magie et de folie à son quotidien.

C'est l'étincelle qu'il fallait pour mettre en branle le programme adapté aux enfants autistes.

Alexandre, Joaquim et Alexis participent avec beaucoup d'intérêt aux jeux proposés par Dre Pois-Chiche et Dre KiitchAlexandre, Joaquim et Alexis participent avec beaucoup d'intérêt aux jeux proposés par Dre Pois-Chiche et Dre Kiitch Photo : courtoisie Commission scolaire des Découvreurs

La thérapie par le rire

Les clowns thérapeutiques sont là pour faire vivre de bons moments aux enfants, tout en favorisant leurs aptitudes sociales et émotionnelles. Juste capter leur attention, les faire sourire et réagir est une victoire en soi.

« Déjà entre la première fois et la deuxième fois, on a vu une différence au niveau de l'ouverture des enfants à nous laisser entrer dans leur univers, constate Marie-Pier Landry, l'une des clowns thérapeutiques de la Fondation Jovia.

L'enseignante en adaptation scolaire du groupe préscolaire Les étoiles filantes, Marie-Christine Boucher, a embarqué sans hésitation dans le projet-pilote. Elle profite de chacune des séances hebdomadaires pour observer les interactions des enfants TSA avec les thérapeutes du rire. Déjà, elle voit de réels bénéfices.

« C'est sur qu'on voit certaines choses au niveau des bases de la communication. Dire bonjour, au revoir, ce n’est pas des choses que les enfants font d'emblée. C'est des choses qu'on travaille chaque jour. On dirait que pour eux, c'est plus facile de dire bonjour et au revoir aux clowns. »

Cas d'autisme en croissance

Environ 1% de la population présente un trouble du spectre de l'autisme au Canada, et les cas diagnostiqués d'autisme sont en croissance. La Fondation Jovia estime que les clowns thérapeutiques seront de plus en plus sollicités pour des interventions avec cette clientèle.

« On pense qu'on va pouvoir jouer un rôle de plus en plus important dans ce domaine-là . Les besoins sont grandissants. On va voir où l'on peut intervenir, dans les garderies spécialisées, les écoles et différents milieux », projette Martin Goyette, le directeur général de la Fondation Jovia.

Le projet-pilote prendra fin à la fin de l'année scolaire en juin dans les deux établissements ciblés. Un bilan sera établi par la suite pour déterminer si l'initiative se poursuivra.

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