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Meurtre dans un centre d'hébergement : le conjoint de la victime est accusé

Des voitures de police et une ambulance devant le Centre d'hébergement Émilie-Gamelin, à Montréal

Photo : Radio-Canada / Danny Gosselin

Radio-Canada

Michel Cadotte, 55 ans, a comparu au palais de justice de Montréal pour être accusé du meurtre non prémédité de sa conjointe Jocelyne Lizotte, 60 ans, une résidente du Centre d'hébergement Émilie-Gamelin, dans le quartier Centre-Sud.

Selon des informations obtenues par Radio-Canada, il l'aurait tuée par compassion, pour mettre fin à ses souffrances.

Sans faire de commentaire sur cet aspect de l'histoire, l'avocate de l'aide juridique qui représente M. Cadotte a indiqué qu'il appréciait le soutien que lui donne sa belle-famille, dont certains membres étaient présents au palais de justice. « Ils comprennent ce que vit mon client », a-t-elle dit.

Michel Cadotte, qui souffre de problèmes cardiaques et n'aurait pas pris ses médicaments depuis plusieurs jours, a été envoyé à l'infirmerie.

Il reviendra en cour le 17 mars prochain. Il lui est interdit de communiquer avec quatre personnes, soit le frère de sa défunte épouse et trois hommes qui seraient les enfants de cette dernière.

En CHSLD après un grave accident

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a indiqué qu'aucune trace de violence évidente n'avait été trouvée sur le corps de Jocelyne Lizotte.

Elle aurait subi un grave accident, il y a plusieurs années, et n'était pas autonome, ont indiqué des personnes rencontrées par Radio-Canada au centre Émilie-Gamelin. Mme Lizotte avait certaines difficultés à marcher, à manger et à communiquer.

Le neveu de Michel Cadotte, présent au palais de justice, a affirmé qu'elle en était à un stade avancé de la maladie d'Alzheimer.

La famille aurait demandé l'aide médicale à mourir, mais elle lui aurait été refusée, parce que la résidente n'était pas en mesure de donner un consentement éclairé.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, estime que la femme de 60 ans n’était pas éligible à l’aide médicale à mourir. « Avec les éléments partiels dont je dispose, il est clair que dans la loi actuelle – que ce soit la loi québécoise ou la loi canadienne – cette personne-là ne pouvait pas avoir accès à l’aide médicale à mourir au moment où ce drame-là est survenu », a indiqué M. Barrette à son entrée au caucus du Parti libéral.

Il a ajouté qu’il n’avait « pas d’indication que la personne [Mme Lizotte] ait fait une démarche à cet effet-là [aide médicale à mourir] ». Il estime qu’il faut maintenant laisser l’enquête policière suivre son cours.

Toujours selon le neveu de M. Cadotte, celui-ci aurait été très isolé dans les derniers moments. Il était en couple depuis longtemps et rendait visite tous les jours à sa conjointe. Il aurait même pris des cours pour connaître les meilleurs soins à lui donner.

Les gens rencontrés en matinée au centre Émilie-Gamelin, dont plusieurs connaissaient le conjoint, se sont dits attristés et touchés par ce qui s'est passé.

Il s'agit du quatrième homicide à survenir à Montréal depuis le début de l’année.

Avec les informations de Karine Bastien et Geneviève Garon

Grand Montréal

Justice et faits divers