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La marijuana médicinale inappropriée pour les troubles mentaux, dit un psychiatre

De la marijuana vendue à des fins médicales.

De la marijuana vendue à des fins médicales.

Photo : Reuters / Mario Anzuoni

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'usage de marijuana médicinale par des personnes souffrant du syndrome de stress post-traumatique est remis en question. Un psychiatre de Moncton croit que la marijuana pourrait déclencher des troubles encore plus graves chez les gens qui souffrent de troubles de santé mentale.

Patrick Marcotte tire la sonnette d'alarme : selon lui, la marijuana n'a pas fait ses preuves en santé mentale. « Malheureusement, il n'y a aucune étude qui a été faite; des études de qualité dont on peut réellement conclure quelque chose. Malheureusement, on ne trouve rien », tranche le psychiatre.

Il s'inquiète de la popularité grandissante du traitement, surtout chez les patients atteints du trouble de stress post-traumatique.

Il y a ce mouvement social-là, où les gens, depuis peut-être un an ou deux, nous arrivent fréquemment avec une demande : "Je souffre de ça, donc je veux du cannabis médicinal".

Dr Patrick Marcotte, psychiatre
Le psychiatre dans son bureauAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le psychiatre Patrick Marcotte refuse de prescrire de la marijuana médicinale à ses patients atteints de troubles de santé mentale.

Photo : Radio-Canada

Les anciens combattants comptent parmi les grands utilisateurs de marijuana médicinale. En 2015-2016, le ministère des Anciens Combattants a dépensé plus de 20 millions de dollars en remboursements pour la marijuana médicinale. Dans ses prévisions pour 2016-2017, le ministère prévoit des rembousements de 31 millions.

Mais le ministère l'admet : les recherches sur la question sont « limitées » et les preuves « anecdotiques ».

Un traitement pas encore éprouvé

Pour le Dr Marcotte, il faudrait faire preuve de plus de prudence. « Pour l'instant, les gens devraient, pour des raisons de sécurité et d'intégrité envers la médecine moderne, se fier aux traitements qui ont déjà été documentés, [qui sont] efficaces et qui ont déjà été étudiés », affirme-t-il.

C'est que chez certaines personnes, la marijuana peut devenir extrêmement dangereuse : le cannabis, par exemple, peut déclencher une pyschose.

« Une psychose c'est sans doute l'une des pires maladies qu'un humain peut avoir », lance le psychiatre. Malheureusement, une fois que c'est déclenché, même si on retire le facteur qu'on juge [responsable] — par exemple le cannabis, qui est l'un des facteurs les mieux connus —, ce n'est pas nécessairement garanti que tout va rentrer dans l'ordre. Souvent, ça prend un traitement antipsychotique, et ça peut à la limite évoluer vers une schizophrénie », indique-t-il.

Le Dr Marcotte ajoute que les doses prescrites varient d'un médecin à l'autre. « Ça passe de 1 gramme jusqu'à certains patients qu'on voit passer avec des ordonnances de 10-12 grammes par jour », s'étonne-t-il.

Pour l'instant, Patrick Marcotte refuse toujours de prescrire de la marijuana médicinale à ses patients. Il favorise plutôt les traitements éprouvés, comme la psychothérapie, ou encore des médicaments reconnus par la profession.

« Je serai le premier à en prescrire si on démontre que c'est efficace et que ça n'occasionne pas d'effets secondaires dans tel ou tel format », avance-t-il.

D'ici là, il préfère faire preuve de prudence, comme la plupart de ses collègues psychiatres.

D'après le reportage de Karine Godin

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