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Internet, les jeunes femmes et leurs corps

une jeune femme regarde la page du magazine Vogue sur Facebook

une jeune femme regarde la page du magazine Vogue sur Facebook

Photo : Radio-Canada / Noémie Moukanda

Radio-Canada

Plus elles passent du temps à naviguer sur Internet, moins les jeunes femmes, âgées de 12 à 29 ans, sont susceptibles d'aimer leur corps, selon une nouvelle étude de l'Université Simon Fraser (SFU) en Colombie-Britannique.

Un texte de Noémie Moukanda

C'est la première fois qu'une recherche établit, à l'échelle nationale, la relation entre le temps que les jeunes femmes passent en ligne et l'insatisfaction corporelle. L'étude a demandé à 2 983 Canadiennes à quel point elles sont satisfaites de l'image de leur corps. Les résultats révèlent que 14,70 % d'entre elles sont insatisfaites de leur physique. La catégorie des 25-29 ans est celle qui ressent le plus cette insatisfaction.

La chercheuse en santé publique à SFU et auteure de l'étude, Allison Carter, conclut que les adolescentes et jeunes femmes qui consacrent plus de 11 à 20 heures en ligne par semaine sont plus à même de moins apprécier leurs corps. Elle encourage la société à soutenir ces jeunes personnes pour qu'elles arrivent à modifier leur image en cette ère du numérique.

L'insatisfaction corporelle est généralement définie par une image subjective et négative du poids et de la forme de son corps.

Allison Carter, auteure de la recherche

Pour Allison Carter, le point positif est que la majorité des répondantes ont rapporté être satisfaites de leur corps.

Le temps joue sur la perception

L'étude a croisé ces données avec celles du temps d'utilisation de l'Internet. Seulement 5 % des participantes disent consacrer une heure ou moins sur le web par semaine. Un cinquième des jeunes femmes sondées avouent passer 20 heures et plus sur la toile hebdomadairement et s'exposent dès lors à un sentiment d'insatisfaction corporelle très élevé. La perception que ces adolescentes et jeunes femmes ont de leur corps varie selon le temps passé sur Internet.

Cela [cette insatisfaction] devient plus courant parmi celles qui consomment Internet plus fréquemment.

Allison Carter, auteure de la recherche

Cependant, l'étude n'explique pas les raisons qui mènent à ce constat. Par contre, la chercheuse explique que d'après des études antérieures, « on sait que les Canadiens sont très connectés, particulièrement aux médias sociaux tels que Facebook, Instagram et autres plateformes où tu peux facilement te comparer aux autres ».

D'autres études passées ont démontré que le genre de sites sur lesquels les jeunes femmes naviguent ou qui les ciblent tend à idéaliser cet aspect de la beauté féminine. Un fait qui a un impact assez important pour la chercheuse qui suggère de mieux soutenir ces femmes pour qu'elles aient « une perception plus positive et saine de leur corps ».

Au-delà de ça, il faut changer les mentalités pour que les femmes soient appréciées pour plus que leur plastique.

Allison Carter, auteure de la recherche

L'étude, qui se base sur des données de Statistiques Canada de 2011-2012, ne fait pas nécessairement de recommandations. Son auteur conseille néanmoins de réduire le temps passé devant son écran pour diminuer les risques d'insatisfaction corporelle. Et même si les chiffres datent d'il y a cinq ans, une tendance se dessine selon Allison Carter : cette insatisfaction demeure constante.

En comparaison, son équipe de recherche et elle ont analysé des données de 2003 et les résultats étaient les mêmes bien que l'usage d'Internet était beaucoup moins élevé. Dès lors, elle ne souhaite pas tirer de « conclusion hâtive » d'une étude des années plus récentes. Cependant, elle recommande de poursuivre l'analyse de cette problématique, car Internet a envahi nos foyers ces cinq dernières années.

Colombie-Britannique et Yukon

Société