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Colombie-Britannique : la crise du fentanyl en chiffres

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Aujourd'hui, 11 octobre 1963

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'épidémie de surdoses a pris une proportion endémique ces derniers mois en Colombie-Britannique, province la plus touchée au pays par le phénomène. En cause, l'arrivée sur le marché du fentanyl, un analgésique opioïde 100 fois plus fort que la morphine.

Un texte d'Amaury Paul

En 2016, le nombre de surdoses a atteint des sommets dans la province. Les services ambulanciers de la ville de Vancouver ont reçu 19 275 appels à ce sujet. Ce qui fait, en moyenne, un peu plus de 2 appels par heure.

Le nombre de décès a lui aussi atteint des records. En 2016, 914 personnes ont perdu la vie en raison d’une surdose en Colombie-Britannique. Avec 128 et 142 décès chacun, les mois de novembre et de décembre ont été particulièrement meurtriers. Et la tendance, inquiétante, se maintient en ce début d'année : 116 personnes sont mortes d’une surdose au mois de janvier 2017.

Dans près de 60 % des cas, des traces de fentanyl ont été détectées. C’est le double de l’année 2015 ou 30 % des victimes de surdoses avaient consommé du fentanyl.

Tableau sur les décès par surdose en 2016 : la présence de fentanylAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Décès par surdose en 2016 : présence de fentanyl

Photo : Radio-Canada

Un rapport du coroner de la province présente une analyse toxicologique menée sur 325 victimes de surdose ayant consommé du fentanyl. Ces victimes avaient également consommé autre chose que des opiacés. La moitié d’entre eux avaient pris de la cocaïne, 38 % avaient bu de l’alcool et 34 % avaient consommé des amphétamines. De l’héroïne a également été ingérée dans 32 % des cas.

Tableau sur la toxicologie de 325 personnes décédées de surdoses en 2016Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Toxicologie de 325 personnes décédées de surdoses en 2016

Photo : Radio-Canada

Par ailleurs, un rapport du centre pour le contrôle des maladies de la Colombie-Britannique explique que dans la plupart des cas, les victimes de surdoses n’avaient pas l’intention de prendre du fentanyl. Le faible coût du fentanyl semble inciter les vendeurs de drogues à l’utiliser pour couper leur marchandise. De fait, ceux qui ne sont pas accoutumés aux opiacés sont beaucoup plus enclins à être victimes d’une surdose, quand bien même leur intention initiale n’était pas de consommer du fentanyl.

En cas de surdoses, il est recommandé d'utiliser du naloxone. Ce médicament administré par injection intraveineuse permet d'arrêter l'action des opioïdes.

Le gouvernement provincial dit avoir déjà distribué plus de 30 000 trousses gratuites disponibles dans 458 centres de service de la province, dont 58 établissements hospitaliers. Ces chiffres sont toutefois à nuancer. La puissance du fentanyl oblige parfois les services d’urgence à administrer plusieurs doses à un même patient.

Pour endiguer le fléau, les autorités ont multiplié les annonces budgétaires. En 2015, la Ville de Vancouver a dépensé près de 1,7 million de dollars pour cette question. Sur les six premières semaines de 2017, la facture a déjà quasiment doublé, passant à 3 millions de dollars.

Ottawa a également annoncé vendredi 17 février un plan de 65 millions sur 5 ans, dont 10 millions exclusivement pour la Colombie-Britannique.

Le gros de la facture a toutefois été réglé par la province. Depuis que l’état d’urgence sanitaire a été mis en place en avril 2016, Victoria a déjà dépensé près de 100 millions de dollars dans cette lutte.

Conséquence des moyens mis sur la table, des centres d’injection supervisée ont fleuri depuis les derniers mois de l’année 2016. Il en existe désormais 20 dans l’ensemble de la province. Plus de 8000 patients y ont été admis depuis décembre, et aucun d'entre eux n'y a trouvé la mort.

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