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Les salles de cinéma du Québec se vident

Une salle de cinéma
Une salle de cinéma Photo: iStock

Le rapport de l'Observatoire de la culture et des communications du Québec (Nouvelle fenêtre), publié jeudi, fait état de très mauvais résultats pour les cinémas de la province.

Un texte d'Antoine Aubert

Paragraphe après paragraphe, les mauvaises nouvelles récoltées par l’organisme s’accumulent. La fréquentation des salles obscures atteint à peine 18,6 millions d’entrées, du jamais vu depuis 1994, et une baisse de 7 % par rapport à 2015. Le taux d’occupation (9,6 %) est « le plus faible depuis 1975 ». Autre échec significatif : il faut remonter à 2000 pour trouver aussi peu de spectateurs devant des films québécois (1,2 million, 400 000 de moins que l’an passé).

Ces données confirment celles publiées en début d’année par Cinéac.

« Je savais que ça allait mal, mais je suis surprise par l’ampleur [du problème] », explique Helen Faradji, journaliste et critique de cinéma pour Radio-Canada. Tout en évoquant les effets du succès de plateformes comme Netflix et le « désintérêt général de la population pour le cinéma québécois », elle montre également du doigt un problème d’accessibilité aux salles. « À Montréal, et encore plus en région, c’est compliqué d’aller au cinéma, et c’est cher. Quand on prend un pays comme la France, on voit qu’il existe un réseau de salles de quartier où il est facile de se rendre. »

Les chiffres vont en effet en ce sens. La France a connu des résultats historiques en 2016, avec 213 millions d’entrées, soit le deuxième meilleur bilan en 50 ans.

La situation des cinémas reste compliquée au Québec, comme l’ont montré la fermeture puis la faillite, en 2016, d’Excentris, à Montréal. « Avec ces mauvais résultats, on va peut-être avoir de plus en plus de multiplexes et de moins en moins de petites salles », s’inquiète Helen Faradji, malgré « des initiatives et des efforts, comme ceux de la Cinémathèque québécoise ».

À l'intérieur du cinéma Excentris, à MontréalLe cinéma Excentris Photo : Excentris

La qualité des films, québécois comme étrangers, constitue également un problème de taille. « Quand des produits sont faits sans grande imagination, les gens sont déçus et n’y retournent pas », confirme la journaliste de Radio-Canada. En 2016, aucun long métrage n’a enregistré plus de 600 000 entrées, contre 5 en 2015.

L’année 2017 permettra peut-être de remonter la pente, notamment pour les films québécois avec deux suites très attendues : Bon Cop Bad Cop 2 (sortie prévue le 12 mai) et De père en flic 2 (14 juillet).

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