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Tembec, un exemple de démocratie industrielle

L'usine Kipawa de la compagnie CIP à Témiscaming, devenue l'usine Tembec

L'usine Kipawa de la compagnie CIP à Témiscaming, devenue l'usine Tembec

Photo : Office nationale du film du Canada (ONF)

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le 31 mai 1972, la Canadian International Paper (CIP) de Montréal annonce la fermeture de l'usine Kipawa, son usine du Témiscamingue. Le pain et le beurre de près de 540 hommes deviennent soudainement incertains. Un groupe de citoyens et de directeurs se sont mobilisés dans le but de créer une nouvelle usine au Témiscamingue, que l'on connaît de nos jours sous le nom de Tembec.

La série « L'Abitibi-Témiscamingue en mouvement » est une initiative lancée par l'émission Région zéro 8 afin de retracer les histoires de mobilisation régionale, de se rappeler quand et comment les gens de la région se sont battus pour conserver le contrôle des ressources naturelles et des emplois ici.

Un texte de Angie LandryTwitterCourriel d’après une entrevue de Karine MateuTwitterCourriel 

Charles Gagnon, originaire du Témiscamingue, revenait de l’Ontario quand la CIP a fermé ses portes. Il a investi dans la nouvelle usine Tembec au moment où il a été engagé comme journalier. Il a passé 34 années à travailler pour cette entreprise qu’il considère comme une des pionnières de la démocratie industrielle.

Des coûts élevés

Selon ses dirigeants, l'usine Kipawa, bâtie en 1919 et achetée en 1925 par la CIP, ferme en 1972 puisque les coûts d’opération et de maintenance deviennent trop élevés.

Le vice-président de l'usine à l’époque, M.C.S. Flenniken, soutient alors qu'il peut « assurer que l'avenir des employés de l'usine Kipawa et que celui des villes de Témiscaming et de Thorne ont fait l'objet de nos préoccupations lors des discussions qui portaient sur cette situation désagréable », avait-il laissé entendre dans une entrevue accordée dans le quotidien Le Devoir.

Archives tirées du documentaire « Témiscamingue, Québec »Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Archives tirées du documentaire « Témiscamingue, Québec »

Photo : Office nationale du film du Canada (ONF)

Québec a accepté rapidement d’appuyer les mobilisations articulées par les citoyens, dans le but de les appuyer dans la réalisation de l’ouverture d’une nouvelle usine. Le gouvernement provincial finance dès lors des études de rentabilité, mais à fort prix.

Investir pour le futur

Pour en arriver à la création d’une nouvelle usine, les employés de l’ancienne CIP se sont vu demander de transformer leurs indemnités de cessation d’emploi en actions pour la nouvelle compagnie, en plus de se voir imposer une baisse de leur salaire et de leurs avantages sociaux.

« De mon côté, j’étais sans emploi, explique Charles Gagnon. Je suis natif du Témiscamingue, et j’avais un désir de revenir alors qu’une crise de l’emploi sévissait déjà dans le sud de l’Ontario, où j’étais. On m’a parlé de Tembec et on demandait d’investir pour le futur de la compagnie, donc j’ai appliqué », explique Charles Gagnon, qui a eu un rôle important dans la pérennité de l’entreprise.

Archives tirées du documentaire « Témiscamingue, Québec »Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Archives tirées du documentaire « Témiscamingue, Québec »

Photo : Office nationale du film du Canada (ONF)

Après trois mois de travail à la nouvelle usine de Tembec, Charles Gagnon a dû emprunter 1000 $ pour investir dans la compagnie.

Quand le salaire de l’époque était à environ 3 $ de l’heure, vous pouvez vous dire que 1000 $, c’est beaucoup d’argent.

Charles Gagnon

Le vent dans les voiles

Malgré le coup apporté par la fermeture de la CIP en 1972, un climat d’effervescence régnait à la nouvelle usine Tembec. « Il fallait vraiment s’assurer de réussir. Les gens travaillaient de longues heures et mettaient tout en œuvre pour s’assurer que l’usine fonctionne », estime M. Gagnon.

Selon Charles Gagnon, opérer une vieille usine impliquait une part de défis.

« Il n’y avait pas de nouveaux investissements dans ce temps-là. Il y avaient beaucoup de choses à réparer », soutient-il.

Une démocratie industrielle

La philosophie de la nouvelle entreprise valorisait dès sa création le partage des bénéfices. Selon Charles Gagnon, Tembec fut l’une des premières entreprises à prioriser une démocratie industrielle.

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Archives tirées du documentaire « Témiscamingue, Québec »

Photo : Office nationale du film du Canada (ONF)

Il y avait environ onze comités paritaires, soit au niveau de l’embauche, de la discipline, des changements technologiques et de l’apprentissage, etc., dans le fond, tout ce qui touchait la qualité de vie des travailleurs dans l’entreprise.

Charles Gagnon

La crise économique et la crise du bois d’œuvre qui a secoué les années 2000 sont, selon Charles Gagnon, des facteurs qui ont fragilisé l’usine de Tembec à Témiscaming.

Pour écouter l'entrevue complète diffusée à l'émission Région zéro 8 :

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

La création de Tembec

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