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Eau potable dans les communautés autochtones : un pas en avant, deux pas en arrière?

Eau s'écoulant d'un robinet.
Eau s'écoulant d'un robinet. Photo: iStock
Radio-Canada

Soixante et onze Premières Nations sont soumises à un avis de faire bouillir l'eau en vigueur depuis un an ou plus à travers le pays. Depuis novembre 2015, 18 avis ont été levés autorisant les communautés à boire à nouveau l'eau du robinet. Mais 12 autres avis ont été rajoutés dans le même temps selon les récents chiffres fournis par le ministère des Affaires autochtones et du Nord Canada.

Cette situation illustre la complexité de la tâche du gouvernement Trudeau, qui a promis de lever tous les avis de faire bouillir l'eau à long terme d'ici cinq ans.

« Je ne pense pas que vous avancez sans vous fixer des objectifs ambitieux et cela est l'objectif pour lequel nous nous sommes engagés », a déclaré la ministre des Affaires autochtones et du Nord Canada, Carolyn Bennett.

Nous devons remédier à cela. Beaucoup de Canadiens se sont impliqués pour apporter de l'eau dans des villages en Afrique et à travers le monde sans savoir qu'au Canada, il existe des endroits où vous ne pouvez simplement pas ouvrir le robinet et boire l'eau qui en sort. Sur ce point, je pense qu'il y a eu une prise de conscience.

Carolyn Bennett, ministre des Affaires autochtones et du Nord Canada

L'année dernière, le gouvernement a annoncé que 1,8 milliard de dollars issus du budget fédéral seraient débloqués sur cinq ans afin de venir en aide aux communautés autochtones pour construire des usines de traitement des eaux sur leur territoire. L'argent doit aussi permettre de s'assurer de la bonne exploitation des installations et de former des techniciens.

Le budget inclut également une enveloppe de 141 millions de dollars pour assurer le contrôle de la qualité de l'eau et mener des tests.

La ministre des Affaires autochtones et du Nord Carolyn Bennett La ministre des Affaires autochtones et du Nord Carolyn Bennett Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

À la Chambre des communes, les libéraux font l'objet de critiques et sont accusés d'être trop optimistes quant aux délais qu'ils se sont fixés pour résoudre un problème qui existe depuis plusieurs décennies.

« De mon point de vue ce n'est pas assez rapide », estime le spécialiste des questions autochtones au sein du NPD, Romeo Saganash.

Ils sont là depuis presque un an et demi. Et dans cette course, à ce rythme-là, je ne pense pas que nous passions la ligne d'arrivée dans les trois ans qu'il reste.

Romeo Saganash, député NPD d'Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou

Les derniers chiffres fournis par le ministère des Affaires autochtones sur les avis de faire bouillir l'eau en vigueur depuis un an ou plus :

Actuel avis de faire bouillir l'eau à long terme : 71
Avis de faire bouillir l'eau levés depuis novembre 2015 : 18
Avis de faire bouillir l'eau ajoutés depuis le mois de février : 12
Avis de faire bouillir l'eau à long terme et à court terme recensés par Santé Canada et l'Autorité sanitaire des Premières nations de la Colombie-Britannique : 150

La spécialiste des affaires autochtones auprès du Parti conservateur Cathy McLeod rejoint l'opinion du NPD sur ce sujet et ajoute que le gouvernement Harper avait dépensé davantage pour améliorer la qualité de l'eau dans les réserves. Il avait à l'époque débloqué trois milliards de dollars sur une période de huit ans pour financer son plan d'action.

Ils ne dépensent pas autant d'argent que nous en avons dépensé pour résoudre ce problème important. Et je ne pense pas qu'ils termineront le travail sans investir davantage.

Cathy McLeod, députée conservatrice de Kamloops—Thompson—Cariboo

De son côté, la ministre Carolyn Bennett a annoncé qu'elle rendrait publiques cette semaine les avancées réalisées par son ministère et son plan pour atteindre les objectifs fixés.

Une femme remplit un verre d'eau.Maggie Sakanee, de la Première Nation Neskantaga; Cette communauté du Nord de l'Ontario est fait l'objet d'un avis de faire bouillir l'eau depuis plus de 20 ans. Photo : Radio-Canada / Martine Laberge

Beaucoup de Premières Nations se plaignent du temps que cela prend — entre 5 et 10 ans — pour résoudre les problèmes d'accès à l'eau potable. Ils accusent les lourdeurs de la bureaucratie fédérale.

Carolyn Bennett admet que l'une de ses tâches est justement de simplifier ce processus.

Elle affirme que, lorsqu'elle était dans l'opposition, elle a entendu de nombreuses communautés dire qu'elles pensaient obtenir un nouveau système de traitement des eaux pour finalement découvrir que le gouvernement avait décidé de commander une autre étude de faisabilité, reportant l'ensemble du projet.

La ministre dit travailler avec les communautés concernées de la manière la plus honnête et directe qui soit. Mais même avec 18 nouvelles communautés qui disposent désormais d'eau potable, Carolyn Bennett doit toujours faire face à 71 situations très compliquées à résoudre.

 

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