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Agression mortelle dans un bus : le suspect fait face à des accusations

Une autobus de la Winnipeg Transit et une tache de sang au sol

Selon la police, un chauffeur de la Winnipeg Transit a été attaqué avec une arme peu avant 2 h mardi.

Photo : Radio-Canada / Jeff Stapleton

Radio-Canada

Des accusations ont été déposées contre l'auteur présumé de l'agression qui s'est soldée par la mort d'un chauffeur de bus mardi à Winnipeg. Brian Kyle Thomas, 22 ans, a été arrêté mardi à proximité de l'endroit où Irvine Fraser, 58 ans, un employé de la Winnipeg Transit, a succombé après avoir été poignardé.

Selon la police, le chauffeur, était arrivé à son dernier arrêt à l'Université du Manitoba peu avant 2 h mardi matin et s'est dirigé vers l'arrière de l'autobus pour réveiller l'unique passager assoupi.

« Une altercation physique s'en est suivie et elle s'est terminée à l'extérieur du bus », a indiqué John Callahan, le président du syndicat des chauffeurs d'autobus de Winnipeg.

C'est à ce moment-là qu'Irvine Fraser, a été mortellement poignardé.

« Les passages s'assoupissent assez souvent et en général, ils se réveillent et poursuivent leur route, souligne John Callahan. Mais qui sait, ils pourraient se réveiller et être menaçants, vous ne pouvez jamais savoir ».

John Callahan dit avoir parlé avec la femme d'Irvine Fraser qui est encore sous le choc et porte déjà le deuil d'une fille. Elle et Irvine Fraser élevaient leur petite-fille tous les deux.

Une page GoFundMe a été créée par les collègues d'Irvine Fraser afin de venir en aide à sa veuve et sa famille.

John Callahan dit refuser qu'Irvine Fraser soit mort en vain et espère que ce drame permettra de provoquer des changements afin de rendre le métier plus sécuritaire pour les chauffeurs.

Depuis le drame, certains conducteurs d'autobus de la Winnipeg Transit disent qu'ils ne se sentent plus en sécurité derrière le volant.

Les conducteurs d'autobus de Winnipeg veulent un environnement plus sécuritaire

« J'en suis rendu au point où je veux être dans une cage. Je ne veux pas voir d'argent, je ne veux rien voir, rien savoir. Laissez-moi conduire mon autobus », affirme le conducteur d’expérience, Nelson Giesbrecht.

Un conducteur d'autobus de 58 ans, Irvine Fraser, est décédé mardi après avoir été attaqué sur le campus de l'Université du Manitoba. Une unité canine de la police a aidé à traquer et à arrêter un homme de 22 ans sur la rivière Rouge à proximité de l'attaque. L'homme reste en détention, mais la police n'a pas dévoilé de détails sur les accusations portées contre lui.

Nelson Giesbrecht, qui est chauffeur pour la Winnipeg Transit depuis 19 ans, dit que la mort de son collègue le fait craindre pour sa propre sécurité.

« Il n'y a aucune raison pour que cela se produise », affirme-t-il « Il était toujours heureux et de bonne humeur », ajoute-t-il.

Une autre conductrice d’autobus, Jody Prokipchuk, a dit qu'elle voulait également voir des changements dans les autobus pour rendre son travail plus sécuritaire.

La police a indiqué qu’Irvine Fraser a été poignardé, mais n'ont pas confirmé le type d'arme ni si l'incident s'est produit dans l’autobus ou à l’extérieur.

Le directeur des transports de la Ville, Dave Wardrop, pense que c'est le premier cas où un conducteur d’autobus de Winnipeg Transit est décédé en raison d'une attaque.

Le syndicat ATU international déclare par contre que les agressions se produisent souvent sur les autobus de transport en commun.

« La majorité du temps, c’est à cause d'un différend tarifaire, mais un grand nombre surviennent simplement parce que quelqu'un veut être violent », a déclaré le président de l’ATU international, Larry Hanley, dans un communiqué.

Le temps de se protéger

Jody Prokipchuk, qui avait l'habitude de monter à bord de l'autobus à la fin de la nuit avec la victime à la fin de son quart de travail, a dit qu'elle aime l'idée de protéger les conducteurs d'autobus avec des abris ou des cages.

Elle ajoute aussi qu'elle « aimerait que la fenêtre du chauffeur soit une sortie d'urgence ».

Le conseiller municipal Brian Mayes a dit qu'il est temps de revoir la possibilité d'installer une meilleure protection pour les conducteurs d’autobus de la Winnipeg Transit.

Brian Mayes avait soulevé la question de la sécurité des conducteurs en 2011, quand il a demandé à la Ville de mettre des agents spéciaux dans les autobus.

En 2015 seulement, il y a eu 60 incidents sur les autobus de la Winnipeg Transit, une augmentation de 54 % par rapport à 2014, selon les chiffres publiés l'année dernière par l'ATU. Il y a eu 46 agressions sur les autobus en 2016, dont 11 cas où quelqu'un a utilisé une arme ou menacé de le faire, a déclaré un porte-parole de la Ville.

Dave Wardrop affirme que la sécurité des conducteurs d’autobus est une préoccupation à l'échelle du pays et il envisage de travailler avec le syndicat du transport en commun, la police et le maire de Winnipeg afin de prévenir des tragédies semblables.

La loi de Bregg, une loi fédérale adoptée il y a deux ans, permet des peines plus sévères dans les cas d’attaques contre les conducteurs d'autobus. La loi tire son nom de Tom Bregg, un conducteur d'autobus d'Edmonton qui a été sévèrement battu au travail en 2009.

Manitoba

Justice et faits divers