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Un premier consortium pour la santé des enfants autochtones

Des enfants dansent des danses autochtones
Le Consortium de santé des Premières Nations a pour mission de s'assurer que les services de santé sont accessibles aux enfants autochtones de l'Alberta. Photo: Radio-Canada

Dix ans après la mise en place du Principe Jordan, visant à assurer que les enfants autochtones aient accès aux mêmes services que les autres Canadiens, l'Alberta devient la première province à agir avec la création d'un consortium de santé des Premières Nations. Celui-ci aura la tâche de veiller au bien-être des enfants autochtones de la province.

Un texte de Camille Feireisen

Il y a une dizaine d'années, Jordan River Anderson, un autochtone de 5 ans, mourait dans un hôpital au Manitoba, faute d'avoir reçu des soins à domicile. En cause : une querelle entre les gouvernements provincial et fédéral pour définir qui devait financer les soins de l'enfant.

De cette tragédie est née la politique Principe Jordan adoptée en 2007 par la Chambre des communes, qui vise à assurer que tous les enfants autochtones aient accès aux mêmes services de santé que les autres petits Canadiens.

Partant du constat que 10 ans après les efforts demeurent timides et que des enfants se voient encore refuser des services, le Consortium de santé des Premières Nations a vu le jour, en collaboration avec le Centre de recherche sur l'enfance et la famille de l'Université McGill. Il rassemble des communautés des traités 6,7 et 8 de l'Alberta, représentant au total 11 Premières Nations.

Parmi ses responsabilités, celles de sensibiliser le public et de faire la lumière sur les éventuels problèmes qu'ont des familles pour faire soigner leurs enfants, explique le président du Consortium, Tyler White.

« Notre mission sera d'éduquer, de soutenir les enfants et leur famille et de nous assurer qu'ils savent vers quels services se diriger », précise-t-il.

C'est important, car le cas du petit Jordan n'est pas isolé, selon lui.

Il y a eu des cas de décès avant Jordan et après Jordan [à cause du manque de services de santé].

Tyler White, président du Consortium de santé des Premières Nations

En juillet 2016, Ottawa a investi 382,5 millions de dollars pour le bien-être des enfants autochtones, mais selon Tyler White, les effets tardent encore à se faire voir.

citation photocitation photo Photo : Radio-Canada

« Les communautés autochtones ont reçu moins de 10 % de l'argent donné par Ottawa pour l'instant », ajoute-t-il.

Tout le travail reste à faire

Il s'agit du premier consortium de la sorte au pays.

Santé Canada lui versera 5 millions de dollars sur trois ans pour mettre en place un plan de coordination des services améliorés pour les enfants.

La province ne participe pas financièrement, puisque c'est le fédéral qui se charge du dossier.

La ministre des Services à l'enfance de l'Alberta, Danielle Larrivee, a toutefois rappelé que le gouvernement soutiendrait les efforts du Consortium. Elle reconnaît que ce genre d'organisation va permettre de veiller à ce que les services soient plus accessibles.

« C'est un problème à l'échelle du Canada », rappelle-t-elle.

Il y a des défis entre les juridictions. Donc, le Principe Jordan, c'est vraiment de rappeler que l'intérêt de l'enfant est placé en premier.

Danielle Larrivee, ministre albertaine des Services à l'enfance
la ministre des Services à l'enfance de l'Alberta, Danielle LarriveeD'après la ministre des Services à l'enfance de l'Alberta, Danielle Larrivee, ce genre d'organisation va permettre de garder un oeil sur les désaccords entre les juridictions. Photo : Radio-Canada

Le plan de coordination des services améliorés sera mis en place d'ici le printemps 2018. Le consortium prévoit rendre un rapport complet sur son travail d'ici le printemps 2019.

D'après Santé Canada, d'autres services de coordination qui s'occupent des soins de santé des enfants autochtones seront mis en place à travers le pays d'ici avril. « Ces coordonnateurs identifieront les enfants qui ont besoin de soutien et seront en contact avec les familles qui demandent de l'aide, afin de les aider à trouver les services adaptés », a fait savoir Santé Canada par courriel. 

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