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Contamination au mercure à Grassy Narrows: l'Ontario s'engage alors que le fédéral reste muet

Un panneau d'avertissement indique que l'eau de la rivière est contaminée.
Grassy Narrows Photo: Radio-Canada / Jody Porter
Radio-Canada

Plus de 50 ans après la contamination au mercure à Grassy Narrows, une communauté autochtone du nord-ouest de l'Ontario, le gouvernement provincial vient de promettre un plan d'action pour le nettoyage de la rivière Wabigoon-English.

Un texte de Natacha Lavigne

L’annonce survient à la suite d'une rencontre entre le gouvernement ontarien et l'environnementaliste David Suzuki, qui s'est tenue vendredi dernier.

Le chef de la Première Nation de Grassy Narrows, Simon Fobister, a pu discuter avec la première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, et le ministre de l’Environnement et de l’Action en matière de changement climatique, Glen Murray, sous l'oeil attentif de l'environnementaliste réputé.

Tout ne sera pas réglé en une nuit, le nettoyage sera long et cela prendra des décennies à s’en remettre, mais au moins c’est un commencement.

Simon Fobister, chef de la Première Nation de Grassy Narrows

L’Ontario s’engage donc à identifier tous les lieux qui pourraient être contaminés et ensuite à fournir un plan d’action concret pour corriger le problème. D’ici deux ans, le chercheur John Rudd et son équipe détermineront les solutions d’assainissement les mieux adaptées à chaque endroit.

La province mène également une « évaluation approfondie » de la potentielle contamination au mercure sur le site industriel de Domtar, à Dryden.

En juin dernier, un ex-employé de la compagnie a relaté qu'une cinquantaine de barils de mercure avaient été enfouis dans une fosse près de l’usine de pâtes et papiers, en amont de la Première Nation de Grassy Narrows.

« Trop peu trop tard »

Le réseau hydrographique du nord-ouest de la province a été contaminé lorsque la papetière Dryden Chemical a déversé du mercure, de 1962 à 1970, dans la rivière Wabigoon-English. C’est ainsi que le poisson, principale source de nourriture de la réserve de Grassy Narrows et des Nations indépendantes de Wabaseemoong, a été infecté.

Depuis, la plupart des membres de ces communautés présentent des symptômes d’empoisonnement au mercure, aussi appelés la maladie de Minamata, et disent avoir perdu la sensation du toucher au bout de leurs doigts et de leurs orteils.

Des bénévoles prélèvent des échantillons de sol près de Dryden.Les bénévoles ont prélevé des échantillons de sol près de Dryden. Photo : Earthroots

« C’est ce pour quoi nous nous battons depuis de longues longues années, nous sommes très contents », a dit le chef Fobister. Il déplore toutefois la lenteur du système et ajoute que le nettoyage complet aurait dû avoir lieu « au début des années 80 ».

Toujours pas d’aide du fédéral

Dans le communiqué publié par la province lundi, l’Ontario indique que le gouvernement fédéral est également « déterminé à collaborer ». Toutefois, aucune aide n’a pour le moment été offerte à la Première Nation de Grassy Narrows.

C’est un scandale national. La contamination au mercure a empoisonné les communautés et il y a une responsabilité du gouvernement fédéral de répondre à ce problème

Charlie Angus, député néo-démocrate de Timmins-Baie James

Le député Charlie Angus a écrit une lettre au premier ministre Justin Trudeau, plus tôt en janvier, lui demandant de s’engager à résoudre le problème rapidement.

Il est prévu que le chef Simon Fobister rencontre Carolyn Bennett, ministre fédérale des Affaires autochtones, le 27 février prochain. C'est donc à ce moment qu'il lui demandera quel rôle compte jouer le gouvernement fédéral dans cette affaire.

Minamata au Japon

En attendant, le Dr Masanori Hanada, qui étudie les séquelles de ce type de contamination chez les Autochtones du pays de même que dans la communauté de Minamata, au Japon, a invité le chef et sa femme à se rendre dans son pays cette semaine. C’est qu’il s'agit de la commémoration du 60e anniversaire de la catastrophe écologique de Minamata. De 1932 à 1966, une usine pétrochimique a rejeté des métaux lourds, en particulier des composés mercuriels. Des dizaines de milliers de personnes ont été malades et plus de 2000 autres sont mortes.

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