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Le cinéaste Mathieu Denis retrouve le sourire à Berlin

L'équipe du film « Ceux qui font les révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau » prend la pose sur le tapis rouge du Festival international du film de Berlin.

L'équipe du film « Ceux qui font les révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau ».

Photo : SODEC

Radio-Canada

Alors que, au Québec, la polémique a fait rage ces dernières semaines autour de Ceux qui font les révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau, la projection au Festival international du film de Berlin de ce long métrage qui fait référence au printemps érable, dimanche, a réjoui le réalisateur.

Un texte d'Antoine Aubert

Première constatation : les suites du mouvement étudiant québécois en 2012 semblent également passionner les Européens. Les quelque 1000 places de la salle où était projeté le film de Mathieu Denis et Simon Lavoie avaient toutes trouvé preneur. « Il est sélectionné dans la section Génération, il s’agissait donc surtout d’un public jeune, âgé de 16 à 25 ans », a expliqué le coréalisateur en entrevue téléphonique avec Radio-Canada.

Mathieu Denis s’est dit enchanté de l’intérêt des spectateurs pour les thèmes du film : « La séance des questions-réponses a duré longtemps, environ 45 minutes. On a senti chez ce public un engagement politique qui faisait penser à celui des étudiants en 2012. Ils faisaient référence à leur propre histoire, par exemple à la bande à Baader [un mouvement armé d'extrême gauche à l'origine de plusieurs attentats en Allemagne à la fin des années 60 et durant les années 70]. »

Le réalisateur Mathieu DenisAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le scénariste Mathieu Denis

Photo : Radio-Canada / Louis-André Bertrand

Une deuxième projection a eu lieu lundi avec, là encore, une « bonne réponse » du public, selon le cinéaste québécois, qui confirme que cette escapade en Europe lui aura permis de souffler un peu, lui qui a dû affronter les dures critiques de plusieurs anciens leaders du mouvement étudiant québécois. « À Berlin, on s’est retrouvés devant un public détaché des événements de 2012, qui a abordé ça comme une œuvre à part entière, ce qui nous ramène à ce que ce film est avant tout », a-t-il indiqué.

L'équipe du film « Ceux qui font les révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau » lors de la séance des questions-réponses après la projection du film à Berlin.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'équipe du film « Ceux qui font les révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau » lors de la séance des questions-réponses après la projection du film à Berlin.

Photo : SODEC

Pour autant, Mathieu Denis ne regrette pas les débats que son film a engendrés au Québec : « La pire chose qui aurait pu arriver, c’est que le public québécois soit indifférent. Au moins, on reparle des questions qui sont à l’origine du printemps érable et auxquelles on n’est toujours pas parvenus à répondre : Dans quel genre de société voulons-nous vivre? Quelles sont les valeurs qu’on a envie de défendre? Les réactions suscitées par le film montrent qu’on doit continuer à discuter de ces questions-là, collectivement. »

Ceux qui font les révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau sera projeté pour une troisième fois à la Berlinale, samedi. Au cours des prochains mois, Mathieu Denis et Simon Lavoie le présenteront dans différents festivals dans le monde (Espagne, Italie, Mexique, États-Unis). Du côté québécois, le film, sorti le 3 février, est toujours à l'affiche dans certaines salles.

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