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Rien ne va plus entre les juristes de l'État et Québec

Les juristes accusent le gouvernement Couillard de négocier de mauvaise foi, nous dit Pascal Poinlane.
Radio-Canada

Les avocats et notaires de l'État québécois (LANEQ) réclament 36,75 millions de dollars en dommages et intérêts dans le cadre d'un recours juridique contre le gouvernement. Devant le Tribunal administratif du travail, ils dénonceront la « mauvaise foi » de leur employeur pendant les négociations du renouvellement de leur convention collective.

Un texte de Mathieu Dion, correspondant parlementaire à Québec

« Ce n'est pas une menace, ce n'est pas une hypothèse, c'est une certitude », a tonné le président de LANEQ au moment d'annoncer ce recours en conférence de presse. Me Jean Denis a par la suite renchéri en faisant valoir que le gouvernement a agi dans « l'intention de nuire et d'humilier » ses membres.

En plus de cette procédure judiciaire lancée lundi, des dizaines de juristes ont tenu un sit-in en matinée dans les bureaux du président du Conseil du Trésor à Québec et à Montréal.

Une centaine de juristes en grève ont bloqué pendant une quarantaine de minutes lundi matin l'entrée du Conseil du Trésor à Québec sur la Grande Allée.Une centaine de juristes en grève ont bloqué pendant une quarantaine de minutes lundi matin l'entrée du Conseil du Trésor à Québec sur la Grande Allée. Photo : Radio-Canada / Pascal Poilane

À l'heure actuelle, les négociations sont à leur plus mal. Vendredi, les représentants syndicaux ont rencontré le président du Conseil du Trésor. Pierre Moreau s'est engagé à réaliser une analyse comparative de la rémunération globale des juristes de l’État et des procureurs de la Couronne.

Or, pendant une rencontre dimanche, les négociateurs du gouvernement ont refusé de faire cette analyse, ce qui a amené les juristes à accuser le gouvernement de tenir un double discours.

Pierre Moreau a déjà indiqué que l’offre globale du gouvernement était équivalente à celle des procureurs. LANEQ estime plutôt qu'elle équivaut à 5000 dollars de moins annuellement en raison de différents paramètres dont le régime de retraite.

Deux enjeux au cœur de cette négociation

À l’impasse au sujet de la rémunération globale s'ajoute la question du statut particulier que souhaitent obtenir les juristes de l’État par rapport aux autres employés de la fonction publique.

Ils veulent obtenir cette indépendance par la création d’un comité qui ferait des recommandations à l’Assemblée nationale quant à leur rémunération, comme c’est le cas avec les procureurs de la Couronne et les juges.

Deux juristes du Québec manifestent devant l'immeuble de la Cour suprême du Canada mercredi, le 1er février 2017, au 101e jour de grève observée par leur syndicat, LANEQ.Deux juristes du Québec manifestent devant l'immeuble de la Cour suprême du Canada mercredi, le 1er février 2017, au 101e jour de grève observée par leur syndicat, LANEQ. Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

17e semaine de grève

Les 1100 avocats et notaires de l’État sont en grève générale illimitée depuis le 24 octobre, ce qui en fait la plus longue grève de l'histoire de la fonction publique québécoise.

Leur absence pèse lourd sur le gouvernement québécois. Une vingtaine de projets de loi et une centaine de projets de règlement sont notamment freinés par la grève.

En vue d’en finir avec ce débrayage, le gouvernement semble compter sur l’épuisement des membres de LANEQ. Leur fonds de grève est à sec depuis deux semaines. Au total, ils auront liquidé leur réserve de 4 millions de dollars et des emprunts de 8 millions de dollars.

Les membres sont à bout de souffle. Cependant, ils sont enragés après ce gouvernement. Je ne voudrais pas être à la place des cadres juridiques qui vont les accueillir.

Me Jean Denis, président de LANEQ
Le président de LANEQ, Me Jean Denis, en conférence de presseLe président de LANEQ, Me Jean Denis, en conférence de presse Photo : Radio-Canada / Mathieu Dion

Assemblée générale mardi

Une assemblée générale extraordinaire des membres se tiendra mardi. Ils seront appelés à voter sur la suite des choses.

À la dernière assemblée, le bulletin de vote comptait trois propositions : la poursuite de la grève générale illimitée, la tenue d'une grève à temps partiel ou la fin de la grève.

S'il devait y avoir une grève à temps partiel, avec les nombreux dossiers qui se sont accumulés au cours des derniers mois, le retard deviendrait très difficile à rattraper.

Québec

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