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Marcel Aubut au coeur du litige avec la famille d'Eric Lindros

Radio-Canada

Près de 26 ans se sont écoulés depuis la sélection d'Eric Lindros par les Nordiques. L'ancien joueur de la LNH a confirmé, dimanche sur le plateau de Tout le monde en parle, qu'il aurait enfilé le gilet aux fleurs de lys si le propriétaire de l'organisation québécoise n'avait pas été Marcel Aubut.

Le joueur de centre a puisé dans ses souvenirs pour expliquer une partie de la raison de son refus de se produire à Québec.

« Nous avions pris une décision quant à l'organisation des Nordiques et en particulier à son propriétaire. Nous n'en avions pas parlé publiquement sinon pour dire que ça ne nous convenait pas », a-t-il déclaré.

Lindros n'a jamais voulu prononcer le nom de Marcel Aubut au moment où les Nordiques ont fait de lui le premier choix du repêchage 1991. Même son de cloche 26 ans plus tard. Il a justifié le tout en affirmant que c'est « un choix personnel » et qu'il « préfère avancer plutôt que de cultiver de mauvais sentiments ».

Celui qui a fait partie d'une formidable transaction comprenant six autres joueurs, dont Peter Forsberg et Ron Hextall, deux choix de premier tour, un montant d'argent et des considérations futures a avoué que son paternel avait enquêté sur Aubut à l'époque.

Les résultats de l'investigation n'avaient pas plu au clan Lindros.

« Ce n'était pas à cause de quelque chose qu'il m'a fait. Mon père travaillait pour une société indépendante d'experts-comptables, et il a fait ses recherches. Nous avons toujours enquêté sur les organisations, les équipes et les entraîneurs avec qui nous travaillions, a-t-il indiqué.

« Notre bilan sur cette personne n'était pas reluisant et, pour cette raison, nous avons choisi une autre voie. »

N'eût été la présence d'Aubut dans l'entourage des Nordiques, Lindros aurait accepté de défendre les couleurs de la formation québécoise. Questionné à ce sujet, le principal concerné a répondu du tac au tac par l'affirmative.

Il s'est d'ailleurs prêté au jeu et a revêtu un chandail de l'équipe qui a depuis déménagé au Colorado.

Eric Lindros enfile le chandail des Nordiques de Québec

L'Ontarien, qui célébrera son 44e anniversaire à la fin du mois de février, est bien conscient que la décision de décliner plusieurs offres de contrat des Nordiques a été lourde de conséquences pour ses proches.

« Ça n'a pas été facile. Ma famille a été perçue comme méprisante envers les francophones, leur culture et leur langue, ce qui n'était pas le cas. Mon frère était en immersion française et mon épouse, Kina, est Montréalaise », a-t-il assuré.

« Cette décision a été prise par rapport à un dirigeant d'organisation, sans plus. Mais quand l'autre côté s'évertue à faire croire le contraire, les gens finissent par adhérer aux mensonges et aux sous-entendus. C'est malheureux, mais c'est du passé. Ces suppositions étaient fausses, il faut maintenant regarder vers l'avant », a enchaîné Lindros.

Sensibilisation aux commotions cérébrales

La carrière de Lindros a été amputée de quelques saisons et de nombre de matchs à cause de plusieurs commotions cérébrales, principalement.

Il a tiré sa révérence en 2007, à 34 ans, après 13 campagnes et 760 rencontres avec les Flyers de Philadelphie, les Rangers de New York, les Maple Leafs de Toronto et les Stars de Dallas.

Statistiques d'Eric Lindros dans la LNH :

  • Matchs : 760
  • Buts : 372
  • Passes : 493
  • Points : 865
  • Minutes de punition : 1398
  • Honneurs : trophées Hart et Lester-B.-Pearson (1994-1995)

Depuis qu'il a accroché ses patins, le membre du Temple de la renommée du hockey est devenu un ardent défenseur pour la sensibilisation aux commotions cérébrales, une cause qui lui tient profondément à coeur. Un pavillon d'un centre de recherche sur le sujet porte son nom (Lindros Legacy Research) dans la ville de London, en Ontario.

Lindros a admis que les commotions cérébrales ont modifié sa manière de pratiquer son sport, si bien qu'à un certain stade de sa carrière, il redoutait certains endroits précis sur la patinoire.

« À mi-chemin dans ma carrière, j'avais développé une peur de traverser au centre et de me faire encore frapper. Après que [Darius] Kasparaitis m'a frappé à Pittsburgh [en 1998], j'étais sonné. On m'a transporté au vestiaire. »

« Je me souviens d'une seule chose à la suite de ce coup. J'étais dans la douche avec des logos des Penguins partout, puisque nous étions les visiteurs, et je croyais que j'avais été échangé à Pittsburgh [...] Il se passe des choses comme ça, on est vraiment ailleurs », a-t-il dit.

Lindros ne se cache pas la tête dans le sable : il est impossible d'éliminer les commotions cérébrales au hockey. Plusieurs raisons lui laissent croire qu'elles font malheureusement partie intégrante du jeu.

Cela ne veut cependant pas dire qu'il n'existe pas de solutions pour minimiser et contrer ses conséquences néfastes.

« Non, ce n'est pas bon, mais ça fait partie du jeu. Quand on pratique un sport aussi rapide avec des gars aussi forts et qu'il n'y a plus de ligne rouge, ces incidents vont se produire. L'important, c'est de diagnostiquer rapidement les commotions cérébrales et de s'assurer que le joueur se rétablit complètement avant de revenir au jeu. »

« Mieux vaut prévenir que guérir. Le but de notre recherche à London est d'accélérer ce processus. Est-ce qu'on peut manipuler les globules blancs afin d'éviter leur expansion dans le cerveau et la sensation de pression qui l'accompagne? On pourrait se rétablir de cette façon », a-t-il ajouté.

Le pavillon Lindros Legacy Research expérimente actuellement un test sanguin permettant de mesurer le taux de sucre afin de diagnostiquer une commotion cérébrale sur le banc des joueurs. Il est jusqu'ici développé à 94 %.

« La science avance, mais la recherche a besoin de financement », a conclu le célèbre numéro 88.

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