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Trump et Trudeau à l'aise en terrain économique

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et le président des États-Unis, Donald Trump, se serrent la main lors d'une conférence de presse conjointe à la suite de leur première rencontre officielle.

Photo : La Presse canadienne / Associated Press/Pablo Martinez Monsivais

Radio-Canada

L'économie et les enjeux de sécurité ont été au cœur des discussions, lundi, lors de la première visite de Justin Trudeau à Washington depuis l'élection de Donald Trump. En conférence de presse conjointe, le président des États-Unis a notamment affirmé qu'il privilégie des ajustements mineurs au volet canado-américain de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

« Nous apporterons des ajustements qui seront bénéfiques aux deux pays. La situation est beaucoup moins grave que ce qu'on a avec le Mexique. Nous voulons rendre le commerce plus équitable avec le Mexique. La relation que nous avons avec le Canada est remarquable et nous allons continuer de l'améliorer », a dit Donald Trump.

La déclaration du président des États-Unis s'inscrit dans le ton de la déclaration commune diffusée avant la conférence de presse. Les deux dirigeants se sont entendus pour stimuler la croissance économique des deux côtés de la frontière, avec le but commun d'améliorer le sort de la classe moyenne.

« Le Canada est le plus important marché étranger de 35 États des États-Unis et plus de deux milliards d’échanges commerciaux transitent quotidiennement des deux côtés de la frontière », peut-on lire dans le communiqué.

Les déclarations des deux dirigeants n'ont pas rassuré la chef intérimaire du Parti conservateur du Canada, Rona Ambrose.

« Je pense que les Canadiens sont inquiets, parce qu'en ce moment, M. Trudeau n'a pas de plan pour protéger les emplois qui dépendent de l'ALENA », a-t-elle indiqué lors d'un point de presse à la Chambre des communes.

Justin Trudeau refuse de critiquer le décret anti-immigration

La question de la sécurité à la frontière a été abordée lors de la conférence de presse. Les deux dirigeants n'ont pas caché que leurs points de vue différaient à ce sujet.

Justin Trudeau a rappelé que les Canadiens et les Américains ont longtemps collaboré et travaillé ensemble, en plus de lutter côte à côte dans certains conflits mondiaux, mais qu'il y a également eu des moments où ils ont adopté des approches différentes, toujours « de façon ferme et respectueuse ».

La dernière chose à laquelle s'attendent les Canadiens est de voir leur premier ministre se rendre dans un autre pays pour lui faire la leçon, a-t-il ajouté, refusant ainsi de critiquer le décret anti-immigration signé par Donald Trump à la fin janvier, qui a depuis été suspendu par les tribunaux.

Cette absence de critique a été soulignée par le Nouveau Parti démocratique, qui a reproché à Justin Trudeau d’avoir passé sous silence la question du décret présidentiel lors sa rencontre avec M. Trump.

Le premier ministre avait le devoir le soulever l’enjeu, car « qui ne dit mot consent », a tranché la députée néo-démocrate Hélène Laverdière en point de presse dans le foyer des Communes.

L'élue de Laurier–Sainte-Marie a soutenu que « ne rien dire ne fait qu'encourager », et qu'il n'aurait par ailleurs « pas été très compliqué », pour Justin Trudeau, de faire état des préoccupations du Canada à ce chapitre.

L'intégrale de la conférence de presse de Justin Trudeau et Donald Trump

Projets d'infrastructures dans le secteur de l'énergie

Lors de la conférence de presse, le premier ministre Justin Trudeau a réitéré que le Canada allait continuer de collaborer avec les États-Unis dans des projets d'infrastructures énergétiques, « qui créeront des emplois tout en respectant l'environnement », a dit M. Trudeau.

Fin janvier, le premier ministre du Canada avait salué la relance du projet Keystone XL par le président Trump.

À ce moment, M. Trudeau avait indiqué qu’il appartenait à TransCanada et au gouvernement américain de discuter des modalités de mise en œuvre du projet de 8 milliards de dollars, qui vise à transporter le pétrole des sables bitumineux albertains jusqu'au Nebraska.

L'investissement dans les infrastructures est une bonne manière de créer la croissance économique dont nos deux pays ont besoin.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Remplacement des appareils CF-18

Donald Trump et Justin Trudeau souhaitent moderniser le partenariat du Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (NORAD), notamment en ce qui concerne la défense de l'espace aérien et maritime.

Les États-Unis ont également bien accueilli la décision récente du gouvernement fédéral d'ouvrir un processus transparent de concurrence afin de remplacer ses appareils CF-18.

Dans la déclaration commune, les États-Unis se réjouissent de la décision canadienne d'étudier la possibilité d'acquérir immédiatement 18 appareils Super Hornet afin de suppléer aux CF-18, dans l'attente que les nouveaux appareils soient livrés et fonctionnels. « Le Canada apprécie la coopération des États-Unis afin de faciliter ce processus », indique-t-on.

Collaboration pour aider les femmes sur le marché du travail

Le premier ministre Justin Trudeau et le président Donald Trump ont annoncé la création du Conseil canado-américain sur l’avancement des femmes d’affaires et entrepreneures, alors qu’ils rencontraient plusieurs femmes d’influence à Washington lundi.

Cette initiative vise à favoriser la croissance des entreprises appartenant à des femmes de manière à ce qu’elles contribuent à la croissance économique, à la concurrence et à l’intégration des deux économies.

Le bureau du premier ministre précise que le conseil recommandera des façons de stimuler la participation des femmes au marché du travail, incluant celles qui occupent des postes de direction.

« Nous avons besoin de politiques qui aident à garder les femmes dans le marché du travail et de remédier aux obstacles uniques auxquelles font face les entrepreneures – et ils sont uniques », a indiqué Donald Trump.

Nous devons aider les femmes à gérer les exigences d'avoir un emploi et une famille et nous devons aussi faciliter l'accès au capital pour les entrepreneures.

Donald Trump, président des États-Unis

M. Trudeau a dit qu'il avait entendu des plaintes similaires sur de tels obstacles – et des solutions pour y remédier – de la part de femmes d'affaires qu'il a rencontrées lors de ses voyages.

Une source haut placée au gouvernement a révélé que l'idée venait de la chef de cabinet du premier ministre, Katie Telford, qui aurait discuté du sujet avec la Maison-Blanche.

La fille du président, Ivanka Trump, qui a fait la promotion de la garde d'enfants et des congés de maternité pendant la campagne électorale, a elle aussi assisté à la rencontre.

Katie Telford et la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, étaient présentes à cette rencontre. La présidente du conseil d'administration d'Investissement Québec, Monique Leroux, la présidente et chef de la direction de GE Canada, Elyse Allan, et Dawn Farrell, de TransAlta, ont notamment participé à la rencontre.

Comme l'indique Andrée-Anne St-Arnaud, même si les États-Unis veulent renégocier l'ALENA, ils ne peuvent se passer du Canada comme partenaire commercial.

À l'occasion de sa première visite à Washington depuis l'élection de Donald Trump, Justin Trudeau est accompagné de plusieurs membres de son cabinet, notamment la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland, de la Défense, Harjit Sajjan, de la Sécurité publique, Ralph Goodale et des Finances, Bill Morneau.

Avec les informations de La Presse canadienne

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