•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Mathieu Denis surpris par la polémique autour de son film inspiré du printemps érable

Une scène du film « Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau »
Une scène du film « Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau » Photo: Art & Essai productions

Lettres d'opinion, critiques virulentes et propos durs; la sortie du film Ceux qui font les révolutions à moitié n'ont fait que creuser leur tombe, de Mathieu Denis et Simon Lavoie, suscite de vives réactions.

Très bien accueilli par la critique, le film, qui sera présenté dans les prochains jours à la Berlinale, a fait bondir d'anciens leaders et acteurs du mouvement étudiant du printemps 2012 au Québec.

Le long métrage imagine le destin et la vie de quatre jeunes dans la mi-vingtaine, cinq ans après le printemps érable. Charlotte Aubin, Laurent Bélanger, Emmanuelle Lussier-Martinez et Gabrielle Tremblay font partie de la distribution.

Les quatre personnages du film « Ceux qui font les révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau »Les quatre personnages du film « Ceux qui font les révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau » Photo : Art & Essai productions

Dans une lettre ouverte publiée cette semaine dans Le Devoir (Nouvelle fenêtre), d'anciens leaders étudiants de 2012 tirent à boulets rouges sur le film : « Pour nous, ce film dessine grossièrement certains des aspects les plus fondamentaux de notre mouvement, tout en passant complètement sous silence notre volonté de construire un mouvement populaire, inclusif et démocratique. [...] Cette " claque de cinéma " encensée par certaines critiques n’a pas le potentiel de " rallumer le feu ", mais est plutôt un éteignoir. Avec leur proposition, c’est Denis et Lavoie qui creusent le tombeau de la lutte. »

De passage vendredi à l'émission Médium large, à ICI Radio-Canada Première, le cinéaste Mathieu Denis a défendu le film, rappelant que Simon Lavoie et lui n'ont jamais eu la prétention de livrer un portrait du mouvement étudiant de 2012.

« On nous reproche d'avoir un point de vue sur ces événements-là. [...] Le film n'est pas la représentation parfaite de l'expérience que certaines personnes ont vécue. C'est surprenant parce qu'on n'a jamais eu la prétention de faire un compte-rendu des événements. »

Le cinéaste Mathieu DenisLe cinéaste Mathieu Denis Photo : Radio-Canada / Louis-André Bertrand

Un échec?

De son côté, Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole en 2012 de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante, en a contre la campagne de promotion du film, qui laisse entendre que la grève étudiante s'est avérée « un échec ».

« Demander à une lutte étudiante de renverser une direction que prend la société québécoise depuis 30 ans, soit le néolibéralisme, de virer le paquebot de bord, ça me semble disproportionné », soutient-il.

Le troisième film de Mathieu Denis, qui a signé auparavant Laurentie et Corbo, n'est également pas consacré uniquement au printemps érable, souligne le cinéaste.

« Notre film n'a pas envie de parler strictement du printemps érable. Il a envie de parler du Québec en tant que société : qu'est-ce qui fait que nous en sommes où nous en sommes aujourd'hui. »

Ceux qui font les révolutions à moitié n'ont fait que creuser leur tombe est en salle depuis la semaine dernière.

Cinéma

Arts